JOUAULT Roland, Paul, René

Par Julien Cahon

Né le 4 janvier 1928 à Thimert (Eure-et-Loir), mort le 5 septembre 2016 Saint-Amand-les-Eaux (Nord) ; employé SNCF ; militant communiste dans le Loiret puis la Somme ; syndicaliste CGT dans le Loiret, la Seine-Maritime puis la Somme ; secrétaire de la section communiste d’Orléans (Loiret) puis de Mers-les-Bains (Somme), membre du comité fédéral et du bureau fédéral de la Somme (1957-1989) ; secrétaire de la cellule CGT des cheminots de Mers-les-Bains – Le Tréport ; président de l’ANACR de Mers-les-Bains ; conseiller municipal (1971-1977), maire (1977-1989) puis conseiller municipal (1989-1993) et adjoint au maire (1993-2001) de Mers-les-Bains.

Fils d’un ouvrier du bâtiment (ouvrier agricole sur l’acte de naissance) et d’une femme de ménage résidant à côté de Chateauneuf-en-Thimerais, Roland Jouault alla à l’école jusqu’à 12 ans, « [s]es parents n’ayant pas les moyens de financer le cours complémentaire » et la maison familiale avait été pillée pendant l’exode de 1940. Il passa le certificat d’études en octobre 1940, après l’évacuation. Il fut employé, peu de temps, chez un huissier comme petit clerc, puis comme ouvrier agricole à Taches et enfin comme maçon.

À partir de 1943, il aida sa mère, résistante, qui fournissait des faux papiers, notamment à de jeunes hommes du Tréport (Seine-Maritime) réfractaires au STO, qu’il était chargé de conduire à leur planque. De nombreux habitants de cette commune bombardée, avait été évacué dans son village d’Eure-et-Loir. Il fit alors la connaissance d’une Tréportaise, Yvette Audebert, qu’il épousa à Orléans après la guerre, le 7 février 1948.Divorcé, il se remaria le 24 octobre 1966 avec Jacqueline Malbranche.

À la Libération, il s’engagea dans le 1er bataillon FFI d’Eure-et-Loir, mais dut attendre janvier 1945 et ses 17 ans pour rejoindre ses camarades à Bourges et participer aux combats des poches de l’Atlantique. Ce fut aussi le moment où il adhéra au PCF : lecteur du journal Ce soir, « par idée de gauche mais sans grande conviction », il fut influencé par un sous-officier qui lui prêtait l’Humanité et le fit adhérer au parti, pendant une permission, lors d’une réunion à Chartres en novembre ou décembre 1945 (témoignage de Roland Jouault). Les archives de la SMC donnait aussi 1945 comme année d’adhésion au parti en 1957, mais 1943 en 1956.

En juillet 1946, il résilia son engagement FFI et fut employé chez un huissier en Seine-et-Oise, puis dans une compagnie d’assurances et un cabinet de courtages à Paris. Le dimanche, il vendait l’Humanité.

Il fit ensuite sa demande pour entrer aux chemins de fer. Il commença sa carrière au Havre, où il se syndiqua à la CGT. Il demanda ensuite sa mutation dans le Loiret à Orléans pour aide familiale à sa mère, où il connut la grève de novembre 1947. Secrétaire durant quelques mois du syndicat CGT des cheminots d’Orléans, il fut également secrétaire de la section communiste d’Orléans.

En 1954, il déménagea au Tréport (Seine-Maritime) pour s’installer dans la maison de ses beaux-parents, morts dans le bombardement de la ville. Le couple avait hérité pour moitié du logement et acheta l’autre part. Contacté par Marcel Dolique*, Roland Jouault fut chargé de reconstituer la section CGT des cheminots de Mers-lès-Bains, dont il devint secrétaire. A partir du milieu des années cinquante, il fut également secrétaire de la section de Mers-lès-Bains, qui compta jusqu’à neuf cellules, dont sept à Mers-les-Bains (quatre cellules de quartier et trois cellules d’entreprises notamment à la verrerie Saint-Gobain). Cette section, qui éditait un journal mensuel tapé à la machine et ronéoté, Le travailleur mersois, était « considérée comme étant l’organisation la plus active du département » (rapport des RG, 20 avril 1921). Roland Jouault suivit un stage national du PCF à Bobigny à la fin des années cinquante ou au début des années 1960 (1960 ou 1961).

Membre du comité fédéral à partir de 1956, puis de 1976 à 1989, il fut promu au bureau fédéral en 1965 où il figurait jusqu’en 1972 (au moins). Il était, durant cette période, responsable fédéral de l’Humanité. Entre 1965 et 1970, il fut délégué à un congrès national du PCF avec Michel Couillet, qui fit une intervention à la tribune pour présenter un rapport sur les résultats des élections municipales de mars 1965 et les relations entre socialistes et communistes dans son département.

Divorcé en 1963 puis remarié, il déménagea à Saint-Quentin-Lamotte (Somme), commune située à quelques kilomètres de Mers où il fut candidat aux municipales de 1965. Il représenta aussi son parti en 1967, aux élections cantonales, dans le canton d’Ault. Au premier tour, Roland Jouault recueillit 3559 voix (sur 9239 suffrages exprimés) contre 3736 au conseiller général sortant, Gilbert Defacque (radical), adjoint au maire de Friville-Escarbotin, et 1938 voix à l’adjoint au maire socialiste de Woincourt, Charles Saint-Germain (SFIO), représentant la FGDS, qui se retira au second tour. Roland Jouault fut battu par Gilbert Defacque par 4958 voix contre 5163 (sur 10121 exprimés).

De retour à Mers-lès-Bains, il fut élu conseiller municipal en 1971 mais siégea dans l’opposition. En 1977, le PCF regagna cette municipalité, qu’il avait conquise à la libération avec Maurice Eloy*, mais perdue en 1950, lors d’élections partielles, qui étaient l’aboutissement d’un désaccord entre socialistes et communistes remontant à 1947. En 1977, Roland Jouault devint maire de Mers-lès-Bains, puis fut réélu en 1983. Au cours de ce mandat, il chercha à développer Mers par le tourisme, notamment avec la signature d’un contrat de station, et le classement du quartier balnéaire (villas de la belle époque) en secteur sauvegardé. Cette politique lui valut, selon lui, l’« incompréhension » de ses électeurs, qui lui aurait reproché de « s’occuper plus des villas des riches que des quartiers populaires » (témoignage de Roland Jouault). Membre du conseil départemental de l’Association départementale des élus communistes et républicains en 1983, il faisait partie de la délégation de la Somme au congrès national de l’ANECR, avec Serge François, Claude Landas*, Albert Bécart*, Guy Roussel*, Jean Goubet*, Paul Hédé*, Edouard Guilbeau*, Liliane Brunet*, Claude Lemoine, Jean-Claude Laniel, Michel Couillet*, Chantal Leblanc*, Jacky Mullesch, Jacques Pecquery* et René Lamps*. Battu en 1989, il conduisit la liste communiste aux élections municipales de 1993, organisées suite à la dissolution du conseil, et reprit la mairie. Cependant, il laissa le fauteuil de maire à Guy Champion et assura les fonctions de premier adjoint avec en charge les finances. La défaite de la liste communiste en 2001 mit les deux hommes en désaccord.

Vétéran du PCF, il adhéra provisoirement à la fédération de Seine-Maritime (section du Tréport) car il avait été « neuf mois sans timbres » dans la Somme (témoignage de Roland Jouault), puis il rejoignit le mouvement Colère et espoir de Maxime Gremetz en 2009, mais vendait toujours l’Humanité et était membre de la section CGT retraités. En retraite depuis 1987, il résidait toujours à Mers-lès-Bains en 2010, et était le président local de l’ANACR.

Le 5 septembre 2016, Roland Jouault est mort chez sa fille à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), après de gros soucis de santé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88464, notice JOUAULT Roland, Paul, René par Julien Cahon, version mise en ligne le 22 juillet 2010, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Julien Cahon

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Saint-Denis, 261J21/77 (Arch. SMC). — Arch. Dép. Somme, 21W3. — Le travailleur de la Somme, 1954-1987. — Entretien de l’intéressé avec Julien Cahon, 15 avril 2010. — État civil.

ICONOGRAPHIE : Photographie de Roland Jouault dans Le travailleur de la Somme du 19 mars 1983.

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