LALOU André

Par Julien Cahon

Né le 23 novembre 1918 à Bourges (Cher), mort le 11 décembre 2006 à Salouël (Somme) ; comptable puis employé au MRU ; militant communiste de la Somme ; résistant, responsable des JC clandestines puis des FUJP dans la Somme ; membre du comité fédéral (1950-1951), secrétaire de cellule à Amiens dans les années 1950, secrétaire fédéral de la FNDIRP (1945-1956), président national (à partir de 1995) puis membre du comité directeur de l’Amicale d’Eysses ; conseiller municipal d’Amiens (1948-1950).

André Lalou était fils d’Irène, Marguerite Lalou, culotière et giletière. Marié à Renée Richer à Amiens (il divorça en 1954 et se remaria en 1956 avec Huguette Lefèvre), exerçant la profession de comptable à Amiens, il adhéra au PCF sous l’influence de Maurice Lemaire, en juillet 1939, à la cellule Vorochilov du faubourg de Beauvais à Amiens avec Jean Petit. « Écœuré » par les accords de Munich, « dérouté » par la drôle de guerre, il assista au bombardement d’Amiens en mai 1940. Resté à Amiens, il reprit contact avec les militants amiénois du PCF clandestin. Sa première réunion clandestine eut lieu avec Jean Pitit et Charles Lemaire (fils) chez la mère de ce dernier. Il milita avec Abel Abbegg, Paul Baroux, Honeste Lagny, puis passa à son tour dans la clandestinité en août ou septembre 1940. Pour André Lalou, ce fut la suite logique de son engagement de 1939, d’autant que le PCF à cette période renvoyait « les impérialismes anglais et allemand dos et dos et réclamait la paix ». Nommé responsable départemental des Jeunesses Communistes de la Somme en avril 1940 ou 1941 selon les sources, puis du Front patriotique de la jeunesse, André Lalou recevait et répartissait le matériel clandestin en provenance de Paris, et se chargeait du recrutement. Il participait à l’impression des tracts du du journal clandestin L’Assaut, organe picard du FPJ. En août 1941, il intégra l’OS puis au printemps 1942 les FTP. Le 25 août 1941, il participa avec Charles Lemaire et à la destruction de la vitrine de la libraire allemande située place René Goble. En septembre 1941, en compagnie d’Émile Baheu, il coupa les lignes téléphoniques reliant le terrain d’aviation de Glisy à l’État major allemand situé route de Paris à Amiens. Lors du réveillon du Noël 1942, il participa à l’attentat du Royal, brasserie chic amiénoise reconvertie en foyer des soldats allemands. Arrêté par la 21e brigade de Saint-Quentin le 15 janvier 1943, il fut d’abord interrogé à Amiens pendant plusieurs semaines, puis condamné par la section spéciale d’Amiens le 3 avril 1943 à quinze ans de travaux forcés pour diffusion de propagande communiste. Incarcéré à la prison d’Amiens, il fut ensuite transféré à Eysses le 18 décembre 1943, et à Compiègne avant d’être déporté à Dachau en juin 1944, et il fut affecté au kommando d’Allach. André Lalou fut libéré par la progression alliée en avril 1945. Compte tenu de son état de santé, il fut envoyé dans une maison de repos près du lac de Constance où il reçut des soins intensifs. Il regagna Amiens en juin 1945. Il reprit son activité militante et participa activement aux initiatives des associations de résistants et de déportés.
Dès 1945 puis dans les années cinquante, il rédigea plusieurs articles, dans Le travailleur de la Somme, dans une chronique où il témoignait de son expérience résistante et de déporté. Son devoir de mémoire le conduisit aussi à sillonner les établissements scolaires de la région pour témoigner auprès des jeunes. Employé au MRU, il devint, en 1945, secrétaire de la fédération de la Somme de la FNDIRP. Le 24 novembre 1945, il fut élu grand électeur au conseil de la république sur la liste PCF. Membre de l’ARAC, il fit partie du nouveau bureau amiénois de l’ARAC élu en janvier 1946 : il était secrétaire adjoint.
Candidat aux municipales d’Amiens en 1947 sur la liste communiste, il totalisa 13360 voix et n’était pas élu, mais il fut nommé conseiller municipal en janvier 1948 en remplacement de Émilien Sellier, démissionnaire. A nouveau candidat, en 1950, suite à la dissolution du conseil municipal (9537 voix), puis en 1953 (13030 voix sur 41958 votants) et en 1959 (18487 voix sur 43947 exprimés au premier tour et 20825 voix sur 46443 exprimés au second tour), il ne fut pas réélu.
Secrétaire départemental de l’Amicale de Dachau de 1949 à 1953 puis de 1962 à 1966, il était responsable départemental de l’amicale des anciens détenus patriotes de la centrale d’Eysses de 1949 à 1953 puis en 1963 et membre de son comité directeur (1957), et archiviste départemental de l’UFAC de 1957 à 1963. Hostile au réarmement de la RFA, il présida également l’Amitié France-RDA.
Membre du comité fédéral du PCF en 1950-1951, il fut secrétaire de la cellule « Kerivel » d’Amiens dans les années cinquante. En 1957, il était secrétaire de la cellule « Lemaire ».
Lors du congrès départemental de la « résurrection » de la FNDIRP de la Somme, en mars 1956, (le dernier congrès remontait à 1951), André Lalou fut « limogé » du secrétariat mais restait secrétaire-adjoint, évincé par Jean Boën, le président de la FNDIRP depuis 1947, sous prétexte de l’état de santé d’André Lalou. Jean Boën cumulait dès lors les fonctions de secrétaire et de président. En 1963, André Lalou démissionna de cette fonction car il était muté par son administration (DDE) à Clermont-Ferrand. C’est à ce moment qu’il mena avec l’Amicale d’Eysses la bataille pour la reconnaissance de ses faits de résistance. En 1983, il était membre du conseil départemental du Mouvement de la paix dans la Somme. En 1995, après le décès de Fabien Lacombe, il fut porté à la présidence de l’Amicale d’Eysses. Pendant sa présidence, fut décidée l’inscription des cérémonies du souvenir de l’association au calendrier des manifestations de Villeneuve-sur-Lot afin de pérenniser l’Amicale après la disparition des résistants, et rédigé et édité le livre Douze fusillés pour la république en coopération avec le musée de Champigny. Membre du comité d’honneur de l’Amicale d’Eysses, il en était président d’honneur en 2006.
André Lalou mourut à l’âge de 88 ans. Il fut inhumé au cimetière de Saint-Acheul à Amiens.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88467, notice LALOU André par Julien Cahon, version mise en ligne le 1er août 2010, dernière modification le 3 novembre 2016.

Par Julien Cahon

SOURCES : Service historique de la Défense, Vincennes, 16P332675, dossier d’André Lalou. — Arch. Dép. Somme, 21W371, 23W49, 26W108, 1471W16. — Le travailleur de la Somme, 1944-1987. — Le Courrier picard, 1945-1963. — Annuaire général du département de la Somme, 1945-1980. — Entretien d’André Lalou avec l’auteur (19 avril 2006). — Bulletin d’information et de liaison de l’Association nationale pour la mémoire des résistants et des patriotes emprisonnés à Eysses, mars 2007. — L’Humanité, 20 décembre 2006. — État civil.— Notes de Philippe Pauchet.

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