LECONTE Maurice

Né le 27 novembre 1894 à Montdidier (Somme), mort le 9 juillet 1974 à Montdidier ; ouvrier du livre (linotypiste) ; militant communiste dans la Somme ; secrétaire de la section de Montdidier ; adjoint au maire (1945-1947), puis maire (1947-1953), puis conseiller municipal (1953-1956) de Montdidier.

Né dans une famille d’horticulteurs, Maurice Leconte, après l’obtention de son certificat d’études, fut apprenti typographe à l’imprimerie Bellin. Mobilisé durant la Grande Guerre, il participa aux combats et sa brillante conduite lui valut la croix de guerre. A la fin du conflit, exerçant la profession de linotypiste à l’imprimerie Carpentier, il fonda la section FNCR des anciens combattants, et adhéra au PCF.
Secrétaire de la section PCF de Montdidier après la Seconde Guerre mondiale, il fut élu conseiller municipal et maire-adjoint de Montdidier en 1945, puis maire de 1947 à 1953. Candidat aux élections cantonales de 1945 et 1949 dans le canton de Montdidier, il recueillit 1129 voix (sur 4647 exprimés) au premier tour de 1945 et se retira au second tour qui vit l’élection de Georges Marcel (SFIO) avec 2718 voix sur 4761 exprimés. En 1949, il totalisa 1491 voix (sur 4277 exprimés) au premier tour et 1975 voix (sur 4491 exprimés) au second tour face au candidat du RPF Jean Doublet, élu avec 2515 voix.

En 1952, Maurice Leconte fut condamné par le PCF car il s’était rendu, d’après la direction du parti, coupable de « complot contre le parti » pour avoir rencontré le ministre du travail Pierre Garet « membre du gouvernement réactionnaire de Pinay », et pour s’en justifier dans le Journal du Santerre en des termes « anti-parti ». Elu maire en 1947 avec un conseil dont quatre membres seulement sur vingt-trois étaient communistes, Maurice Leconte se voulait le représentant du plus grand nombre et comptait recevoir à la mairie le ministre Pierre Garet (MRP puis RI) – originaire de Montdidier, député, 1946-1958 ; conseiller municipal d’Amiens, 1947-1971 – qui avait, selon Maurice Leconte, rendu de grands services à la ville. Mis en cause et invité par la direction fédérale à faire son autocritique en janvier 1953, Maurice Leconte s’y refusa. « L’affaire [Jean] Martin*-Leconte se déroulait avant le congrès départemental du parti (21-22 février 1953) et en pleine crise interne à la fédération communiste de la Somme, qui avait conduit André Stil, dans France Nouvelle, à dénoncer la carence de la direction et débouché sur la mise à l’écart de plusieurs dirigeants, notamment Jean Roguet*, Henri Lenglet* et Louis Prot*.

Exclu du PCF pour avoir invité l’évêque d’Amiens dans sa ville, il fut néanmoins réélu en tête d’une liste de gauche en 1953. Il dut pourtant céder son siège de maire à Georges Marcel (SFIO). Refusant de siéger au conseil municipal, il démissionna en septembre 1956 et abandonna la vie publique.

Il s’était marié le 6 novembre 1920 à Contoire-Hamel (Somme) avec Suzanne Lamy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88473, notice LECONTE Maurice, version mise en ligne le 25 juillet 2010, dernière modification le 27 août 2010.

SOURCES : Arch. Dép. Somme, 1471W16, 23W74, 21W426. — Le travailleur de la Somme. — Francine Delaunay, René Lamps. Itinéraire d’un élu communiste, Amiens, éditions Encrage, collection figures politiques de Picardie, 1995, 157 pages. — Notice DBMOF par Yves Le Maner. — État civil.

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