VAN AERSCHOT Henri, dit Rik . Pseudonyme à Moscou : MARIN, Henri ; dans la résistance : François.

Par José Gotovitch

Né le 10 mai 1906 et décédé à Anvers le 20 janvier 1987 ; électrotechnicien, dirigeant fédéral du PCB ; élève de l’Ecole léniniste internationale (ELI) 1935-1937 ; cadre clandestin ; déporté ; membre du comité central, du bureau politique ; conseiller communal.

Né de père ouvrier (devenu brigadier dans une entreprise téléphonique ) et d’une mère ménagère, Rik Van Aerschot suivit trois années de cours techniques après les primaires et fut diplômé électricien après trois années supplémentaires au cours du soir. Il avait commencé à travailler à 15 ans dans diverses entreprises comme électrotechnicien. A souligner que ce jeune flamand affichait en 1935 une connaissance approfondie du français, des notions d’anglais et d’allemand. Il signalait également ses lectures entamées dès l’adolescence de romans sociaux. Après avoir adhéré au POB en 1932, il le quitta pour entrer au PCB le 9 mai 1934, en désaccord avec la politique « de soumission à la bourgeoisie » des socialistes. Secrétaire de cellule, il entra rapidement au comité fédéral d’Anvers comme trésorier et suivit un cours fédéral de 6 semaines. Il participa à la Conférence nationale de Charleroi en mars 1935 qui infléchit le cours sectaire du PCB. Il avait également adhéré très jeune à la Centrale des Métallurgistes ( social démocrate).

En novembre 1935, quand il fut admis aux cours en français de l’École léniniste internationale sous le nom de Henri Marin, il était chômeur depuis trois ans. Il y demeura seize mois. A son retour il réintégra le secrétariat fédéral et développa l’action contre les nationalistes fascisants du VNV (Vlaamsch Nationaal Verbond) et participa à l’élaboration du manifeste du Bloc Démocratique flamand. Militant clandestin sous l’occupation, il mena d’abord l’opposition au syndicat unique créé par l’occupant et tenta de mettre sur pied des Comités populaires. En septembre 1941, il plongea dans l’illégalité et fut transféré d’abord à Liège (pseudonyme François) pour mener l’action parmi les ouvriers flamands puis assuma la responsabilité successive des fédérations du Limbourg et de Gand où il fut arrêté le 30 septembre 1942. Il connut les camps de Breendonk, Sachsenhausen et Dachau et fut rapatrié en mai 1945. Il fut aussitôt porté à la direction de la fédération d’Anvers et le Congrès de 1946 l’élut au comité central et au bureau politique. La même année il entra au conseil communal d’Anvers. Il devint adjoint au secrétariat national d’organisation puis, de 1949 à 1951, occupa la charge essentielle de Responsable national des cadres. En 1951 il ne fut pas réélu au Bureau Politique mais demeura au comité central et fut désigné à la commission centrale de contrôle dont il fut secrétaire pendant quelques mois. Il avait réintégré un moment la direction de la fédération anversoise dont il fut écarté en décembre 1952. Il fut affecté au service de documentation qu’il quitta à l’approche du XIe congrès pour reprendre du travail dans le privé, en refusant de participer désormais aux réunions de la CCP dont il était demeuré membre. Il était décrit comme « fort découragé » par la direction qui tenta cependant de le conserver dans ses rangs.

Itinéraire interpelant d’un militant ayant conquis diverses marques de légitimation communiste, dans un secteur - la Flandre- fort en demande et qui s’éloigna alors même que le parti opérait un tournant sensé briser le cadre autoritaire et sectaire. Était-ce la marque de l’inadéquation du « kominternien » à ce nouveau cours ?

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88539, notice VAN AERSCHOT Henri, dit Rik . Pseudonyme à Moscou : MARIN, Henri ; dans la résistance : François. par José Gotovitch, version mise en ligne le 1er août 2010, dernière modification le 15 août 2010.

Par José Gotovitch

SOURCES : RGASPI, 495 193 36. — CARCOB, dossier CCP.

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