HECKLI Georges, Charles, Joseph

Par Paul Boulland

Né le 8 mars 1928 à Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine) ; employé du Ministère des anciens combattants ; syndicaliste CGT et militant communiste de Paris ; membre du secrétariat de la fédération PCF de Paris (1962-1967 et 1972-1979) ; membre de Rencontres communistes hebdo, « hors du parti » en 1982.

Le père de Georges Heckli, également prénommé Georges, exerçait le métier de chauffeur poids-lourds (polisseur sur l’acte de naissance) et sa mère, Paulette, était souffleuse de verre. Tous deux étaient décrits en 1954 comme sympathisants communistes. Georges Heckli poursuivit ses études jusqu’à l’obtention du Brevet élémentaire. Il adhéra au Parti communiste en 1945 à Courbevoie où il se syndiqua à la CGT dès son entrée dans la vie professionnelle, en novembre de cette même année. Appelé sous les drapeaux, il servit comme deuxième classe dans l’Armée de l’air. Cycliste amateur, il participa à cette époque à de nombreuses course, y compris à l’étranger, en Belgique et au Luxembourg.

Employé de bureau au Ministère des anciens combattants et victimes de guerre à Paris, dans le XVIe puis le XIIe arrondissement il y fut secrétaire de cellule en 1951-1952. Il milita également activement au syndicat CGT, comme responsable de section syndicale à partir de 1950 puis comme membre du bureau du syndicat de l’administration centrale du ministère. Membre du bureau de la section communiste du XIIe arrondissement, il en devint secrétaire à la fin des années 1950. À ce titre, il fut élu au comité fédéral de Paris en mai 1959. Ratifié quelques mois plus tard pour l’école centrale d’un mois du PCF, il ne put s’y rendre.

Considéré par la direction parisienne comme un « camarade capable et plein d’initiative », Georges Heckli fut recruté comme permanent de la section fédérale d’organisation. En mai 1961, il intégra le bureau fédéral comme responsable aux cadres. Dans les mois suivants, en l’absence de René Thoirain*, mis à disposition du comité central, Georges Heckli fut invité aux réunions du secrétariat fédéral. La conférence de 1962 entérina son élection comme secrétaire fédéral, toujours en charge des cadres, aux côtés de Paul Laurent*, premier secrétaire, et d’Henri Fiszbin, secrétaire à l’organisation. Georges Heckli suivit en 1963 les cours de l’école centrale de quatre mois du PCF. Fin 1967, il quitta ses fonctions à la fédération de Paris pour devenir responsable des ventes à l’Humanité.

Candidat du PCF aux élections législatives de 1967 et 1968 dans le XIIe arrondissement, Georges Heckli fut les deux fois battu au second tour par l’UNR Pierre-Louis Bourgoin. En 1967, il avait toutefois amélioré les résultats du PCF dans cette circonscription en récoltant 45,4% des suffrages exprimés grâce au report des voix de Marie-Thérèse Eyquem.

En 1972, Georges Heckli réintégra la direction de la fédération de Paris lorsqu’Henri Fiszbin en devint premier secrétaire. Lors du XXe congrès du PCF (Saint-Ouen, décembre 1972), sa candidature au comité central, soumise par la fédération, ne fut pas retenue. En tant que responsable des cadres et de l’administration, Georges Heckli participa directement aux réflexions et aux initiatives de la fédération de Paris au cours des années 1970. Face à un corps militant de plus en plus dominé par les adhérents de l’après-68, issus de catégories sociales moyennes ou supérieures et acquis à l’Union de la Gauche, les dirigeants parisiens exploitèrent toutes les perspectives d’ouvertures initiées par la direction du PCF. Selon Henri Fiszbin, Georges Heckli contribua notamment au rajeunissement et à la féminisation des directions locales et fédérales. La fédération de Paris afficha également ses velléités d’abandonner le contrôle biographique des militants. Or si la direction du parti avait très largement amendé ce principe avec l’entrée en vigueur du « Résumé d’activités militantes » en 1974, elle maintenait toutefois sa nécessité.

L’autre configuration partisane proposée par les dirigeants parisiens s’attira progressivement la méfiance puis l’hostilité de la direction du parti, alors tiraillée entre l’identité historique du « parti de la classe ouvrière » et sa politique d’ouverture. Convoquée devant le bureau politique, la direction fédérale de Paris, fut soumise, le 11 janvier 1979, place du Colonel Fabien, à la critique systématique de son activité. Selon les témoins, les échanges entre Georges Marchais et Georges Heckli furent particulièrement violents. A l’issue de cette rencontre, Henri Fiszbin fut démis de ses fonctions, officiellement pour raisons de santé. Selon ce dernier, Georges Heckli, très affecté, voulut démissionner sur le champ, avant d’accepter de conserver ses fonctions jusqu’à la conférence fédérale du printemps. A l’issue de celle-ci, il fut ramené au comité fédéral.

Georges Heckli accompagna Henri Fiszbin* dans la création de la revue Rencontres communistes hebdo (RCH) en 1981. Avec une dizaine d’autres militants, il fut alors exclu du comité fédéral de Paris et la direction du PCF considéra que lui et ses camarades s’étaient « placés d’eux-mêmes en dehors du parti », euphémisme qui signifiait leur exclusion. En novembre 1985, il signa l’appel aux « Français de sensibilité communiste » en faveur de l’unité derrière le parti socialiste.

En 1991, Georges Heckli intervint dans la polémique sur le passé de Georges Marchais. Affirmant sa volonté « de ne pas emporter dans la tombe un secret ignoble », il déclara au réalisateur Mosco Boucault qu’en 1956, alors qu’il était adjoint administratif aux archives du Ministère des anciens combattants, Gaston Auguet lui avait demandé de retrouver le dossier de Georges Marchais puis de détruire les documents prouvant son engagement volontaire pour travailler en Allemagne. Il confirma ses déclarations en 2001 au journaliste Thomas Hofnung, auteur d’une biographie de l’ancien secrétaire général du PCF.

Marié à Colette Avignon le 5 juin 1948 à Boulogne-Billancourt, dactylo et militante communiste, Georges Heckli était père de deux enfants en 1954.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88550, notice HECKLI Georges, Charles, Joseph par Paul Boulland, version mise en ligne le 30 juillet 2010, dernière modification le 5 octobre 2010.

Par Paul Boulland

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. — Henri Fiszbin (avec Maurice Goldring et Jean-Jacques Rosat), Les bouches s’ouvrent, Paris, Grasset, 1980. — Mosco Boucault et Agnès Gaudu, Mémoires d’ex, Paris, Ramsay, 1991. — T. Hofnung, Georges Marchais, l’inconnu du Parti communiste français, Paris, L’Archipel, 2001. — Philippe Robrieux, Histoire intérieure du PCF, op. cit. — Amélie Brun, « Rupture et reconversion des dirigeants de la fédération de Paris du PCF des années 1970-1980 », mémoire de maîtrise (Paris 1), 1999. — État civil.

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