FRANÇOIS Jean [alias Petit-Jules]

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 4 mars 1927 à Fontenay-le-Fleury (Seine-et-Oise), fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; manœuvre ; résistant FTPF.

Jean François
Jean François
Cliché de la Préfecture de police de Paris, communiqué par Pascal Convert (Droits réservés).

Jean François demeurait chez ses parents 9 rue de l’Avenir à Saint-Cyr-l’École (Seine-et-Oise, Yvelines). Il était manœuvre.
Jean François milita dans l’illégalité à partir de mars 1943 sur la sollicitation de Jean Chopin, d’abord sur le plan de la propagande puis à partir de juillet dans les rangs des FTP où il reçut le pseudonyme de « Petit Jules ». Il fut bientôt placé à la tête de l’un des deux « groupes spéciaux » (GS) des FTP de la région parisienne.
Arrêté le 21 novembre 1943 par des policiers de la BS2 des Renseignements généraux parisiens, parmi lesquels l’inspecteur Georges Amigou, il fut trouvé porteur de carnets contenant des notes relatives à son action. Un pistolet automatique et deux chargeurs ainsi qu’un lot de tracts communistes et de circulaires destinées aux FTP furent saisis à son domicile.
Selon le rapport de synthèse des Renseignements généraux parisiens consacré à « l’affaire Estain » (Joseph Epstein), le jeune militant avait « pris part à de nombreux attentats en compagnie des éléments du détachement dont il était le chef et notamment plusieurs grenadages de trains, déraillements et tentatives de déraillements par déboulonnage de voies ».
Livré aux Allemands, il fut condamné à mort pour « actes de francs-tireurs » par un tribunal de guerre le 23 mars 1944 avec 20 autres FTP, parmi lesquels Joseph Epstein. Le président du tribunal justifia le verdict en ces termes : « Nous menons un dur combat défensif et nous ne pouvons admettre que nos ennemis nous tirent dans le dos. »
Jean François a été fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien aux côtés de 21 de ses camarades. Il venait d’avoir dix-sept ans, ce qui lui vaut d’être présenté parfois comme « le plus jeune fusillé du Mont-Valérien » (mais André Engros était encore plus jeune). D’abord inhumé au cimetière parisien d’Ivry, il fut réinhumé après-guerre au cimetière de Saint-Cyr-l’École où il repose dans le carré des corps restitués. Il fut homologué au grade d’adjudant-chef FFI à titre posthume.

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Dernière lettre
 
Mes chers parents adorés,
Nous venons d’apprendre que notre recours en grâce a été rejeté, nous allons être fusillés cet après-midi à trois heures ; Maurice et André écrivent leur dernière lettre avec moi.
Soyez très courageux, moi, je le suis beaucoup. Ne regrettez pas le sort cruel, qui m’arrache à vous, vivez en ma mémoire. Mes chers parents adorés, pensez à mes deux soeurs qui restent et vivez pour elles.
Je voudrais vous dire combien je vous ai aimés, mais j’espère que vous vous en êtes aperçus ; je voudrais que vous disiez à grand-père combien j’ai pensé’ à lui ces derniers temps, ainsi qu’à, toute l’a famille.
J’espère que toi, maman.qui m’as beaucoup aimé, et toi aussi, papa, vous vous pencherez sur mes deux petites soeurs afin d’apaiser votre douleur, et que vous pourrez vous réunir avec la famille de mes deux frères de souffrances, Maurice et André. Ainsi réunis, vous serez plus courageux.
Mes chers parents adorés et chères soeurs, je vous
demande aussi de ne jamais oublier celle que j’ai  :
aimée.
Je vous demande aussi, mes deux petites sœurs chéries, de Consoler papa et maman quand ils auront, de la peine. Mes chers parents adorés, soyez très unis et toujours amis avec M. et Mme de B... qui ont été bons pour moi.
Vous direz aussi adieu pour moi à tous les voisins et amis, surtout à M et Mie M... , et mon petit Jeannot N’oubliez jamais ma petite Jacqueline chérie.
Mes chers parents adorés et sœurs chéries, je vous embrasse une dernière fois bien longuement et tendrement en vous demandant de vivre le plus heureusement possible le restant de vos jours.
Votre fils et frère qui vous a toujours aimés et qui vous aime jusqu’à la dernière minute
Jean
P S - Mes chers parents, écrivez à Pierrot et à sa famille que j’ai souvent pensé à eux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88638, notice FRANÇOIS Jean [alias Petit-Jules] par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 6 août 2010, dernière modification le 17 septembre 2018.

Par Jean-Pierre Ravery

Jean François
Jean François
Cliché de la Préfecture de police de Paris, communiqué par Pascal Convert (Droits réservés).

SOURCES : Arch. PPo. – Arch. CCCP du PCF (Notes Jean-Pierre Ravery). – Mémorial GenWeb. — Lettres de fusillés, Éditions France d’abord, 1946.

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