TCHETCHIOTKINA Olga ; plusieurs orthographes voisines, Чечёткина, Tchetchetkina, Tchetchotkina, Tchechetkina, Tchitchotkina…

Par Marc Giovaninetti

Né en 1909 ; soviétique ; cadre de l’ICJ.

Tard venue parmi les cadres de l’ICJ, Olga Tchetchiotkina, comme Naoum Sloutsker, fut de ces jeunes Soviétiques qui remplacèrent la génération exterminée dans la Grande Terreur. Si elle ne se maintint que deux ou trois ans dans ces fonctions, elle resta par la suite une proche de Georges Dimitrov, même après la dissolution du Komintern.

Gaël Moullec date de 1937-1941 son appartenance au comité exécutif de l’ICJ. Mais Dimitrov, dans son Journal, ne la mentionne pour la première fois qu’à une réunion du 9 décembre 1938, où ils discutèrent avec Manouilski, Kuusinen, Wolf et Sloutsker des « tâches à venir » de l’ICJ. Elle serait donc une des trois secrétaires de l’organisation de jeunesse, en l’absence de Raymond Guyot alors fixé en France.

En mars 1940, elle était la responsable de l’ICJ qui s’occupait des orphelinats d’enfants espagnols, ceux de familles républicaines recueillis en l’URSS, et discutait de leurs conditions de vie chez Dimitrov avec José Diaz et Dolorès Ibarruri, les deux secrétaires du PCE. A partir du milieu de l’année 1940, elle collabora régulièrement avec Guyot, de retour en URSS, Wolf et Slousker, toujours sur la question des enfants espagnols, et plus généralement la scolarisation de tous les enfants d’immigrés en URSS. On la voit encore élaborer avec Dolorès Ibarruri un manifeste adressé aux « mères du monde » sur les effets de la « guerre impérialiste » (8 octobre), ou communiquer « une information » au secrétariat de l’ICJ sur les Jeunesses socialistes (travaillistes en fait) d’Angleterre (le 22 novembre).

En décembre 1940, cependant, un document fait allusion à un « incident entre Michal [Wolf] et la camarade Tchetchiotkina » lors d’une réunion chez Manouilski. L’accrochage aurait-il été assez sérieux pour motiver la décision prise le 16 janvier 1941, de « remplacer Tchetchiotkina par Antipov (fonctionnaire du CC) à la délégation soviétique à l’ICJ », alors que Sloutsker, et Wolf, étaient au contraire maintenus ? Le départ de la jeune Soviétique est en effet confirmé en mars 1941, et elle ne semble plus avoir participé aux travaux de l’organisation internationale par la suite.

En revanche, elle continua d’entretenir des relations avec Dimitrov, par des visites dont le motif n’est pas toujours précisé. Elle venait apparemment demander conseil à son ancien tuteur (un rôle qu’il affectionnait, et mentionnait tel quel à l’occasion) pour les missions qui lui furent confiées dans la suite de sa carrière. En décembre 1941, elle « prend [son] conseil », en tant que membre du CC du Komsomol, « sur ses activités à Inoradio pour la jeunesse, et au sein du Comité antifasciste féminin » ; autre visite en avril 1943, puis en mai, où elle fut envoyée par la Komsomolskaïa Pravda pour un reportage dans « les districts partisans » (sans doute non dépourvu de risques) ; et encore une visite en août de la même année.

Les relations se maintinrent après la guerre. En juin 1945, Dimitrov la reçut avec Joukov et Bourkov en vue de la « conférence internationale de la jeunesse », celle de novembre à Londres, activement préparée par les communistes, où fut fondée la Fédération mondiale de la Jeunesse démocratique (FMJD). Elle y participa en tant que déléguée soviétique, et se rendit chez Dimitrov, seule cette fois, la veille de son départ, le 19 septembre. En juin et juillet, encore, elle lui fit une visite collective avant et après le « Congrès des femmes bulgares », en tant que responsable, avec Gagarina, de la délégation de douze femmes soviétiques. Et toujours en juillet, elle discuta avec lui de « l’envoi du correspondant de la Komsomolskaïa Pravda en Yougoslavie avec le groupe des correspondants soviétiques et étrangers ».

Ces différentes tâches confirment qu’elle aurait continué à s’occuper de la Jeunesse soviétique, principalement comme journaliste, tout en exerçant des responsabilités au Comité des Femmes soviétiques, une fonction que Gaël Moullec prolonge jusqu’en 1980.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88656, notice TCHETCHIOTKINA Olga ; plusieurs orthographes voisines, Чечёткина, Tchetchetkina, Tchetchotkina, Tchechetkina, Tchitchotkina… par Marc Giovaninetti , version mise en ligne le 8 août 2010, dernière modification le 8 août 2010.

Par Marc Giovaninetti

SOURCES : RGASPI, 533-9-2, 60, 62, 76. — Georgi Dimitrov (présentation Gaël Moullec), Journal, 1933-1949, Belin, Paris, 2005.

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