VERNAILLEN Gaston

Par José Gotovitch

Né le 6 novembre 1900 à Bruxelles (Belgique) , décédé à Forest (Bruxelles) le 9 novembre 1986 ; responsable politique du Théâtre Prolétarien de Bruxelles, membre du plenum de l’Union internationale du théâtre révolutionnaire ; rédacteur de sa revue ; participant à l’Olympiade de l’UITR à Moscou en 1934.

Théâtre Prolétarien de Bruxelles
Théâtre Prolétarien de Bruxelles
Nous sommes les maîtres du monde spectacle présenté à l’Olympiade du théâtre révolutionnaires, Moscou 1933.
Texte de Gaston Vernaillen au départ de Misère (ou grève) au Borinage, films de Storck-Ivens

Gaston Vernaillen acheva ses humanités et acquit une formation d’expert comptable. Il fut très précocement proche des communistes et participa aux débuts du Théâtre Prolétarien de Bruxelles en 1926. Cette troupe fut créée à l‘initiative du Parti communiste avec comme animateur principal et metteur en scène le comédien communiste Fernand Piette. Il s’agissait alors de comédiens amateurs. En 1928, Gaston Vernaillen adhéra officiellement au PC et devint membre de son Comité d’Agit Prop central. C’est en cette qualité qu’il exerça dès lors le contrôle politique du parti sur le Théâtre Prolétarien, rattaché formellement à la section belge du Secours Rouge International. Vernaillen était l’auteur principal des textes interprétés par le TP sous la forme de sketches et bientôt, sous l’impulsion de Fernand Piette, de chœurs parlés, le tout dans la forme agit-prop.

En juillet 1931, il participa au Plenum de l’Union internationale des Théâtres ouvriers à Moscou (UITO) et devient membre (seul Belge) du Conseil de rédaction de son organe Théâtre International. A son retour il tenta de mettre sur pied une Fédération des Théâtres ouvriers en Belgique (FTOB) dont le congrès constitutif se tint le 19 juin1932 . Il en fut désigné secrétaire. Cette fédération rassemblait des troupes qui auraient existé à Verviers, Liège, Anvers Gand, Bruges, Charleroi…Entretemps, il assuma l’intérim de la direction nationale du SOI et, pendant les grèves violentes de l’été 1932, il fut perquisitionné et incarcéré pendant deux mois et demi, si bien qu’on ignore s’il put mener la délégation belge du FTOB au congrès de l’UITO le 15 août 1932. Il figura en tout état de cause sur la liste communiste aux élections communales de Bruxelles en 1932.

En mai juin 1933, il emmena la troupe du Théâtre Prolétarien (douze comédiens amateurs) à Moscou à la Première Olympiade Internationale du Théâtre ouvrier révolutionnaire. Le TP y présenta un chœur parlé, Nous sommes les maîtres du monde, théâtralisation de la plume de Vernaillen du film fameux de Ivens et Storck, Misère au Borinage. C’est d’ailleurs comme responsable du SOI qu’il avait été l’éditeur de la brochure Comment on crève de faim au Levant de Mons du Dr Hennebert, à l’origine du film.

C’est à la suite de cette Olympiade que la direction de la Fédération internationale, devenue Union internationale du théâtre révolutionnaire, prit ses distances avec le théâtre d’agit prop exercé par des amateurs. C’était la condamnation du Proletkult. Le TP se reconstitua sous le nom de Théâtre de l’Equipe sous la direction de F. Piette avec des comédiens professionnels et un répertoire plus classique, après avoir monté et montré à Paris sous forme de chœur parlé Hourra l’Oural d’Aragon. Vernaillen s’éloigna, ses mentors au PC ayant disparu et son intervention d’auteur de combat n’étant plus requise. Cependant, en avril 1934, à l’initiative d’Aragon s’était constituée en Belgique l’Association Révolutionnaire Culturelle, qui œuvrait comme section belge de l’Union Internationale des Ecrivains Révolutionnaires. Vernaillen fut parmi les fondateurs et fit vraisemblablement partie de la fraction communiste qu’Aragon, d’ordre de l’IC, s’en vint constituer en son sein à Bruxelles.

Peu à peu Vernaillen s’engagea dans une nouvelle carrière de producteur de films documentaires, certains commandés par le Ministère de l’Instruction publique. Mais il ne dut pas trop s ‘éloigner puisque à la libération, quand le PC de Bruxelles tenta de remettre sur pied des brigades d’interventions d’agit-prop, le responsable d’alors « séquestra » Vernaillen aux fins d’obtenir en urgence le texte d’un chœur parlé censé déclencher une grève dans une grande surface.
Il termina son parcours professionnel comme producteur culturel à la Radio Télévision belge, toujours socialement engagé mais hors parti.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88750, notice VERNAILLEN Gaston par José Gotovitch, version mise en ligne le 3 octobre 2010, dernière modification le 4 octobre 2010.

Par José Gotovitch

Théâtre Prolétarien de Bruxelles
Théâtre Prolétarien de Bruxelles
Nous sommes les maîtres du monde spectacle présenté à l’Olympiade du théâtre révolutionnaires, Moscou 1933.
Texte de Gaston Vernaillen au départ de Misère (ou grève) au Borinage, films de Storck-Ivens

SOURCES : RGASPI 540 1 58 – Fédération des Théâtres ouvriers en Belgique, bulletin mensuel de la FTOB, affiliée à l‘UITO, n° 1, février 1932 – Le Théâtre International, Bulletin 2-3 de l’Olympiade du théâtre d’action révolutionnaire , Moscou 1933. - José Gotovitch, Au service de la Révolution. Le chœur parlé communiste in Rue des Usines, n° 34-35, printemps 1997. - Interview de Gaston Vernaillen, Rue des Usines, n° 6/7/8/9, automne 1981. – José Gotovitch, Le Grand Frère in Rigueur et passion. Hommage à Annie Kriegel, Paris, L’Age d’Homme, 1994, pp. 233-247. - Archives et Musée de la Littérature, Bruxelles.

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