ROECKEL Franz, René. Dit ROECKET René. Pseudonyme : « Rajac ou Rageac »

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 28 septembre 1909 à Zellenberg (Haut-Rhin) , fusillé le 24 mars 1944 au Mont-Valérien (Suresnes, Seine)  ; tourneur  ; militant communiste, résistant FTP.

D’origine alsacienne, Franz Roeckel habitait 6, rue Henriette à Antony (Seine) avec son épouse Armande née Nede. Il était, depuis octobre 1943, chef du groupe spécial (GS) des FTP de la région parisienne, chargé des actions militaires les plus audacieuses et des exécutions de collaborateurs. Ainsi, sur ordre du colonel Gilles [Epstein] il tua avec Louis Ravinel et deux autre résistants, le 15 juillet 1943, le commissaire Franck Martineau, en poste à Gonesse.

Franz Roeckel fut arrêté le 11 décembre 1943 par des policiers de la BS 2 des renseignements généraux parisiens, parmi lesquels les inspecteurs Emile André et Paul Asselin. Il fut remplacé à la tête du GS par Albert Autereau. Livré aux Allemands, il fut condamné à mort et fusillé le 24 mars 1944 au Mont-Valérien.

Son nom figure sur la cloche commémorative du Mont-Valérien et sur le monument aux morts d’Antony (Hauts-de-Seine).

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Dernière lettre
 
Prison de Fresnes, le 23 mars 1944
A mes chers parents,
A Pépère, Elodie, Raymond,
A mes frères et tous mes chers amis,
On vient de nous informer à onze heures que le jugement rendu le 16 a été confirmé par le général et sera exécuté tout à l’heure à quinze heures. En ce qui me concerne, je ne puis rien, regretter, je suis resté droit et honnête jusqu’au bout ; mais j’ai infiniment de remords en pensant à tous les soucis, les ennuis et la misère pie je laisse derrière moi.
Je pars sans savoir ce qu’est devenue Armande, ni Raymond, et je voudrais demander à tous de bien vouloir vous occuper de l’avenir de notre petite
Eliane...
...Nous sommes tous courageux et nous vous quittons pleins d’espoir en un avenir meilleur et radieux pour vous, et c’est la certitude d’y avoir contribué qui nous réconforte par cette belle journée de printemps. Ne nous regrettez pas, ne nous pleurez pas et ne perdez pas de temps sur ma tombe, oubliez-nous et soyez heureux. Nous avons une belle mort.
Mille fois merci à tous toutes les belles et bonnes choses que vous m’avez apportées au cours des deux visites que j’ai eues. J’ai retrouvé à travers tout cela une multitude de sympathies.
Je fais retourner mes affaires à Andrée, comme c’est elle qui doit venir en visite cet après-midi, vous serez informés de suite. Encore une fois, ne vous désolez pas et soyez, vous, aussi courageux ; il vous faut beaucoup plus de courage à vous, pour continuer à vivre, qu’à moi pour quitter la vie, et : c’est pour cela que je supplie tous mes amis de vous accorder leur sollicitude en récompense de notre sacrifice.
Adieu à tous,
René

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88753, notice ROECKEL Franz, René. Dit ROECKET René. Pseudonyme : « Rajac ou Rageac » par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 18 août 2010, dernière modification le 9 octobre 2018.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : Archives de la CCCP : notes Ravery. &#8212. — Michel Martineau, Les inconnus de l’affiche rouge, Libre label, 2014. — Lettres de fusillés, Éditions France d’abord, 1946, p. 174-175.

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