HÉON Gustave, Maurice

Par Gilles Morin

Né le 30 mai 1910 à Asnières (Hauts-de-Seine), mort le 29 septembre 1981 à Bernay (Eure) ; professeur de Mathématiques au collège de Bernay ; militant et élu socialiste puis indépendant de l’Eure ; maire de Bernay (1944-1981) ; conseiller général de Bernay (1945-1979) ; président du conseil général de l’Eure (1957-1979) ; conseiller régional de Haute-Normandie (1977-1980) ; sénateur (1962-1981).

Fils d’Eugène Héon, facteur puis receveur des PTT, et de son épouse, Maria Gervais, Gustave Héon suivit des études au collège de Valognes (Manche), puis à la Faculté de sciences de Caen. Bachelier (série scientifique) en 1929, maître d’internat aux collèges de Domfront (Orne) puis de Valognes de novembre 1929 à novembre 1931, il devint répétiteur dans cet établissement, étant titulaire du certificat de mathématiques générales. Il effectua son service militaire en 1934-1935. Reçu au certificat de physique générale (1939), mobilisé (septembre 1939-août 1940, ayant réussi au certificat de mécanique rationnelle (1941), à partir de 1942, il fit office de surveillant général. Délégué rectorale comme professeur adjoint, chargé de l’enseignement des mathématiques, il devint adjoint d’enseignement à partir de l’année 1953-1954, déchargé d’une partie de son service pour exercer son mandat électif. Admis aux épreuves pratiques du CAPES de mathématiques en 1960, il obtint sa retraite en 1967.
Il habitait à Carsix dans la région de Bernay où son épouse enseignait et où il était secrétaire de mairie. Il fut candidat à l’Inspection du travail en 1937. Le ménage s’installa à Bernay à la Libération.
Membre du Front national, désigné comme maire provisoire de Bernay par le Comité départemental de Libération en septembre 1944, il fut élu maire de la ville de 1945 à son décès. Il était breveté du centre des Hautes études administratives après avoir suivi un stage entre mars et juillet 1953. Pendant ses années de mandat, fut réalisé un programme de modernisation et d’équipement (stade, piscine, groupe scolaire, hôpital notamment). Il donna sa démission, provisoire, après sa défaite aux élections législatives de novembre 1958. Il était membre du bureau de l’Association départementale des maires et élus de l’Eure en avril 1950.
Gustave Héon fut élu conseiller général socialiste indépendant en 1945 et siégea à l’assemblée départementale jusqu’en 1979. Président de la 4e commission du Conseil général (Instruction publique) pendant cinq ans, premier vice-président en 1951-1958, il fut élu président du Conseil général (divers gauche) le 15 décembre 1958, succédant à Pierre Mendès France. Il conserva cette fonction jusqu’en 1979. Il fut battu aux élections cantonales par le socialiste Mabile au renouvellement de 1979. Il était vice-président en 1971, puis président de l’Association des présidents de conseils généraux en 1976-1979.
Candidat aux élections législatives de 1945 sur la liste socialiste indépendante, conduite Albert Forcinal, il figura ensuite en troisième position sur la liste RGR conduite par Mendès France et Forcinal en juin et novembre 1946. Très opposé à Pierre Mendès France, politiquement il se montra très instable. Il rejoignit le RPF et en fut quelques temps président départemental, mais fut réélu en 1955 comme UDSR et fut candidat aux élections sénatoriales de 1955, 2e sur la liste RGR derrière Gilbert Martin, et de nouveau le 17 novembre 1957 à une élection partielle et aux élections législatives de 1958.
En 1962, Héon fut élu sénateur, sous l’étiquette centre gauche et réélu en 1971. Il siégea au groupe de la Gauche démocratique. En 1967, la FGDS avait tenté en vain de le faire adhérer.
En 1964, Héon, président de la société d’économie mixte d’aménagement de l’Eure, en 1971, était vice-président de la commission de développement économique régionale de Haute-Normandie et vice-président de l’établissement public de Basse-Seine. Il fut encore président de la Commission départementale d’adductions d’eau.
Conseiller régional en 1977-1980, il fut désigné comme vice-président.
Chevalier de la Légion d’Honneur, il était officier de l’instruction publique.
Il avait épousé le 23 juillet 1935 une institutrice, Marguerite Rouxel. Ils eurent deux fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88822, notice HÉON Gustave, Maurice par Gilles Morin, version mise en ligne le 23 août 2010, dernière modification le 15 avril 2019.

Par Gilles Morin

SOURCES : F/1a/3228 ; F/1cII/111/B, 146, 237, 270, 276, 561 ; F/1cIII/1341 ; F/1cIV/152, 157, F17/ 28933 ; CAC, 19770359/19 et 24, 19780654/75, 19890523/10. — Profession de foi, élections législatives 1958. — Françoise Chapron, La réorganisation des partis et la vie politique dans l’Eure, de la libération aux premières élections générale, septembre 1944-octobre 1945, DEA d’histoire, Université de Rouen, 1982, 64 p. — Nouveau dictionnaire national des contemporains, Paris, J. Robin, 1964. — —Notes de Jacques Girault.

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