GRAND Raymond

Par Julian Mischi

Né le 18 novembre 1906 à Varennes-sur-Allier (Allier), mort le 31 octobre 1989 à Moulins (Allier) ; ouvrier ajusteur, inventoriste, ouvrier dans l’industrie alimentaire puis journaliste ; militant communiste et syndicaliste CGTU puis CGT de l’Allier ; secrétaire du syndicat unitaire des métaux de Moulins, membre du comité régional du PCF (1937-1939) puis du comité fédéral de l’Allier (1945-1950), responsable du journal communisteLa Voix du Peuple (1936-1939) puis de Valmy (1945-1955).

Raymond Grand est le fils de Jean Grand, tailleur d’habits qui était membre de la SFIO à Varennes-sur-Allier jusqu’en 1921 date à laquelle il quitta le Parti socialiste sans rejoindre l’organisation communiste, et de Françoise Jarroux, couturière qui fut militante communiste. C’est en lisant L’Humanité que son père achetait régulièrement que le jeune Raymond Grand épousa l’idéal communiste. Muni du certificat d’études primaires et après avoir suivi deux années de cours supplémentaires, il fut embauché comme ouvrier ajusteur à la Société Marcquol de Moulins où il rejoignit la CGTU en 1929, à la suite d’une grève qu’il organisa. Il devint secrétaire du syndicat unitaire des métaux de Moulins. Il demanda à rejoindre le PCF mais fut licencié lors d’une grève en 1931 et dut partir à Vauzelles (Nièvre) où il fut secrétaire adjoint durant trois mois de l’UL-CGTU de Nevers (Nièvre). Il assista à des réunions de cellule du PCF mais n’avait pas encore de carte. Il quitta Vauzelles à la fin de l’année et rentra à Vichy (Allier) où il fut embauché comme inventoriste aux Etables du Tamilisterie, une maison d’alimentation aux multiples succursales. Il demanda à adhérer au PCF et assista à une réunion de cellule mais son employeur l’envoya à Reims (Marne) pour trois mois.

Raymond Grand adhéra véritablement au PCF en 1935. L’année suivante, suite aux événements sociaux accompagnant l’installation du gouvernement de Front populaire, il fut délégué d’entreprise. Il dut revenir à Moulins pour travailler dans une succursale de l’entreprise d’alimentation. Il suivit en 1937 une école régionale du PCF à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) puis entra au bureau de la section de Moulins et au comité régional de l’organisation communiste. Suite à la grève du 30 novembre 1938, il fut licencié et travailla à nouveau à Vichy, toujours dans l’alimentation. Au bureau régional de l’Allier du PCF, il était responsable du journal La Voix du Peuple et secrétaire de la commission municipale de l’Allier qui avait été créée à la fin de l’année 1938. À cette date, pour la région Allier du PCF, on comptait six municipalités à direction communiste, douze groupes communistes minoritaires, deux conseillers généraux et deux conseillers d’arrondissement appartenant au PCF.

Mobilisé en septembre 1939, comme deuxième classe au 402 D.C.A. près de Saint-Quentin (Aisne), Raymond Grand fut démobilisé en juillet 1940. De retour à Moulins, il reprit contact avec le PCF et devint responsable de triangle de la section de Moulins sous le pseudonyme de Michel. Il participa à la libération de Moulins en tant que responsable des milices patriotiques. La direction du PCF lui demanda de partir dans le département de la Loire en juillet 1944, comme ce fut le cas pour d’autres résistants communistes du Bourbonnais, tel Emile Parnière*, mais Raymond Grand ne put y aller en raison de sa situation familiale.

Membre du comité local de Libération, Raymond Grand fut élu conseiller municipal adjoint de Moulins en 1945, et réélu en 1947. Il milita à la cellule Coste et fut membre du bureau de la section de Moulins dès sa reconstitution. Il entra également au comité fédéral du PCF de l’Allier et fut secrétaire fédéral à la propagande. Permanent politique à Montluçon (Allier) depuis avril 1945, il fut désigné le 5 août 1945 pour prendre la responsabilité du journal Valmy, organe du comité départemental de Libération basé à Moulins, qui remplaça à la Libération Le Progrès de l’Allier. Valmy fut attribué au PCF le 13 août 1945 alors que le Centre Républicain de Montluçon était attribué à la SFIO. Il succéda alors comme directeur du journal au socialiste Lucien Thibier, et fut épaulé dans cette fonction par Hubert Joannin*. La manchette du journal qui était "Organe du Comité Départemental de Libération" fut remplacé par "Quotidien de la Renaissance française". Afin d’assurer cette responsabilité à laquelle il n’était pas préparé, il suivit un stage de journaliste à Paris du 15 juin 1948 à la fin du mois de septembre 1948. Au terme de cette école, il fut mal jugé : "un des éléments les plus faibles du stage". Sa responsabilité à la tête du journal communiste lui valut plusieurs condamnations pour diffamation, notamment à l’occasion de la manifestation de Montluçon contre la venue du général américain Ridway, le 28 mai 1952.

Raymond Grand quitta le comité fédéral en 1950. Candidat aux élections cantonales en 1951 pour le canton de Chevagnes, il fut battu par le candidat de la SFIO qui rassembla 1 785 voix au premier tour contre 731 à Grand pour un total de 2 506 suffrages exprimés et 4 958 inscrits. Raymond Grand fut exclu du PCF en 1955 par le comité fédéral de l’organisation communiste et fut démis de ses responsabilités à la tête de Valmy pour avoir collaboré au journal La Montagne. Le communiste bourbonnais Roger Tuélais* a été exclu pour la même raison dans les années 1930. Raymond Grand, qui s’était marié avec une employée de bureau, Émilienne Boucaud, également militante communiste, devint alors rédacteur au journal La Montagne jusqu’à sa retraite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88861, notice GRAND Raymond par Julian Mischi, version mise en ligne le 23 août 2010, dernière modification le 23 août 2010.

Par Julian Mischi

SOURCES : Archives de la fédération du PCF de l’Allier. — André Sérézat, De Vichy... à Valmy ou de la défaite à la Libération de l’Allier, Moulins, Éditions des Foyers Ruraux, 1995, 243 p. — État civil de la mairie de Moulins.

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