CLUET Armand, Prosper

Par Jean-Pierre Besse

Né le 19 octobre 1905 à Laffaux (Aisne), mort le 7 janvier 1984 à Paris (XIVe arr.) ; ouvrier ; militant communiste de l’Aisne ; membre du secrétariat fédéral (1945-1946) ; conseiller général de l’Aisne (1945-1949).

Fils de Paul Albert Cluet, maréchal ferrant âgé de vingt-huit ans, et de son épouse Marie Anna Moreau, vingt-huit ans, sans profession, Armand Cluet naquit au domicile de ses parents, à Laffaux. Il travailla dès l’âge de onze ans. Il dut partir pendant la Première Guerre mondiale et revint dans la région dévastée en 1920.
Il se maria à Vailly-sur-Aisne (Aisne), le 1er août 1931, avec Marie Marguerite Pellen.

Son service militaire accompli, Armand Cluet rejoignit les « organisations de classe » et ce jeune ouvrier charcutier assura pendant trois ans le secrétariat de l’Union sportive ouvrière de Soissons. À partir de 1931, il se consacra au militantisme communiste et devint rapidement secrétaire du rayon. Il était alors à la tête de toutes les batailles sociales et politiques du Soissonnais. Le 12 février 1934, il organisa les piquets de grève aux portes des usines. Le Parti communiste le présenta au conseil d’arrondissement dans le canton de Soissons en octobre 1934 puis en tête de liste aux élections municipales de mai 1935. La même année, Cluet fut condamné à un mois de prison et cinquante francs d’amende pour provocation de militaires à la désobéissance. L’hostilité du patronat local l’empêcha de trouver du travail et le contraignit à quitter la ville. Candidat aux élections législatives d’avril 1936 dans la circonscription de Soissons, il recueillit 3,3 % des voix des électeurs inscrits (637 voix sur 18 740 inscrits) tandis que le député socialiste sortant Georges Monnet était réélu au premier tour.

Armand Cluet fut arrêté le 24 septembre 1942, comme responsable d’une organisation syndicale. Il vivait alors à Saint-Quentin (49, rue Bourget). Emprisonné dans la prison de la ville, il fut transféré dans d’autres lieux, avant d’arriver à Châlons-sur-Marne (Marne). C’est là qu’il fut libéré par les Alliés.

Armand Cluet fut nommé conseiller municipal de Saint-Quentin (Aisne) et devint adjoint. Il fut réélu lors des élections municipales du printemps 1945, il figurait en troisième position sur la liste d’union patriotique antifasciste derrière Emile Pierret*, maire et le radical socialiste Serge Deal. Il était alors présenté comme « membre du CDL, otage en 1942 ». Il fut candidat lors des élections cantonales de l’automne 1945 dans le canton de Vermand et élu dès le premier tour avec 1 679 voix sur 3 302 inscrits et 3 250 suffrages exprimés. Il ne se représenta pas en 1949 dans ce canton mais dans celui de Vailly-sur-Aisne où il fut battu.

Armand Cluet siégeait aussi au secrétariat fédéral communiste de l’Aisne, un communiqué de presse de la fin février 1946 annonça « qu’il n’était plus membre du secrétariat, du bureau et du comité fédéral ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88896, notice CLUET Armand, Prosper par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 25 août 2010, dernière modification le 5 août 2017.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : L’Exploité, 1934-1936. — Presse locale, 1944-1947. — Alain Trogneux, Dictionnaire des élus de Picardie, tome 3, L’Aisne, Éditions Encrage, 2010. — État civil (Arch. dép. Aisne, 5 Mi 1623). — RGASPI 495 270 3704. dossier du Komintern à son nom, pas encore consulté. — Arch. dép. Aisne, fonds Berthiauld (J. 1448) ; notes Frédéric Stévenot

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