LANDRIEUX René [LANDRIEUX Pierre, dit René]

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Alain Prigent

Né le 27 octobre 1913 à Paris (XIVe arr.), mort le 14 juillet 2008 à Machecoul (Loire-Atlantique) ; machiniste aux studios des Buttes-Chaumont ; militant communiste de Paris puis de Vendée ; volontaire en Espagne républicaine.

Pierre Thiébaut, fils d’une blanchisseuse de vingt et un ans domiciliée à Levallois-Perret, fut légitimé par le mariage de ses parents en janvier 1922 à Levallois-Perret.
Après des études primaires, il commença à travailler à l’âge de seize ans. Domicilié 19 bis Rue du Docteur-Potain, XIXe arr. de Paris, il exerça divers métiers jusqu’à son embauche, en 1936, comme machiniste aux studios des Buttes-Chaumont. Sa mère militait au Parti communiste. Lui-même adhéra aux Jeunesses communistes à la fin de l’année 1935 et au Parti communiste au début de l’année suivante. Il était, en 1937, responsable CGT aux studios Gaumont et membre de la commission exécutive du syndicat des travailleurs du film de la région parisienne.

Créateur du comité d’aide à l’Espagne républicaine dans le XIXe arr., il fut sensible à l’appel du secrétaire de sa section communiste qui, lors de l’offensive d’Aragon, invita les militants à assurer la relève des combattants volontaires. Lorsque dans les années 1990, Auguste Brunet recueillit son témoignage, il expliqua ainsi son départ « Avec ma compagne Angèle et ma mère, nous connaissions le bonheur d’être ensemble, alors que le malheur s’abattait sur nos frères et sœurs d’Espagne. » Il partit le 28 avril 1938, appartint au 4e bataillon de la 14e Brigade internationale puis au bataillon « Henri-Barbusse », fut blessé par des éclats d’obus à la cheville et fut rapatrié le 28 décembre 1938. En février 1939, le Parti communiste lui confia, ainsi qu’à sa compagne, le poste de gardien de la Maison des Blessés. Il le conserva jusqu’en septembre 1939.
Selon son témoignage recueilli par Paloma Fernandez, mobilisé et affecté à Mützig, il créa, fin 1939, quatre cellules clandestines de trois membres dans la forteresse et une cellule dans la ville. Mais, le commandant ayant appris son passé d’ancien combattant de la guerre d’Espagne, des mesures d’isolement furent prises. Il fut prisonnier de guerre de juin 1940 à 1945 en Prusse orientale et contribua à l’organisation d’actions de résistance.

Avant guerre, il vivait maritalement avec Angèle Mercier, résistante, agent de liaison de Raoul Vallet et du Colonel Dumont, arrêtée le 21 décembre 1942, déportée, morte à Auschwitz.

Après la guerre, il se maria le 30 avril 1949 à Montreuil-sous-Bois (Seine) avec Adrienne Repussard. Il était membre de l’AVER et en 2003 participa encore au voyage sur les lieux du paso del Ebro et y chanta Ay Carmela.

Avec sa deuxième épouse, Adrienne, rescapée de Bergen-Belsen, il géra le centre de vacances de Blanc-Mesnil à La Barre-de-Monts. Il s’installa par la suite en Vendée. Employé communal à Saint-Jean-de-Monts (Vendée), il fut membre du comité de la fédération du PCF de Vendée de 1961 à 1968.

A la fin des années 1990, il était responsable départemental des vétérans du PC en Vendée.

Il fit don de son corps à la science.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88958, notice LANDRIEUX René [LANDRIEUX Pierre, dit René] par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Alain Prigent, version mise en ligne le 28 août 2010, dernière modification le 14 octobre 2012.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Alain Prigent

SOURCES : Arch. AVER. — Arch. comité national du PCF. — Paloma Fernandez, Le retour et l’action des anciens volontaires français des Brigades internationales en région parisienne de 1937 à 1945, Mémoire de Maîtrise, 1984, Paris I. — Arch. RGASPI 545.6.45. — Auguste Brunet, La Vendée dans la Résistance. Le rôle des communistes, des FTP, du Front national, manuscrit 1999. — site de l’ACER (Amis des combattants de l’Espagne républicaine). — État civil de Paris XIVe arr.

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