ISAAC François, Marie

Par Claude Pennetier

Né le 21 mai 1899 à Erquy (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 22 juillet 1990 à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) ; manœuvre puis receveur à la STCRP ; militant communiste et syndicaliste CGTU puis CGT ; conseiller municipal de Montreuil-sous-Bois (Seine) puis militant de Bagnolet.

François Isaac était fils d’un carrier que son fils décrivit plutôt comme un « cheminot trimardeur. Il travaillait tantôt ici, tantôt là, ou ailleurs, au gré de ses fantaisies ». Il quittera sa mère pour reprendre la route. Celle-ci vécut avec un autre carrier qui éleva l’enfant.

François Isaac fréquenta l’école publique mais le curé exigea de sa mère qu’il renonce à aller en classe pendant l’année de la communion. Cette année de retard lui fit abandonner l’école avant d’avoir passé le Certificat d’études primaires.

Domestique et ouvrier agricole jusqu’à son engagement pendant le Première Guerre mondiale, il fut « patriote » mais fraternel avec la population allemande occupée.

Revenu dans l’Ouest, il travailla en usine, particulièrement dans une usine de gaz sulfurique produit par l’engrais, l’usine Dior à Donville-lesBains (Manche). Il commença à lire l’Humanité en 1924 et vota communiste aux élections de mai. Suite à un première expérience de conflit du travail dans une entreprise sans syndicat, il refusa une poste d’employé à la coopérative patronale « mon instruction élémentaire ne le permettait pas », « je sentis un piège ») et peu après il travailla sur un « chantier du gaz ».

Marié depuis 1922 (à Granville avec Blanche, sans profession puis ouvrière), père d’un fils (Henri) depuis 1925, il décida, poussé par son épouse, de partir à Paris pour travailler à la STCRP en 1926. Il fut en effet reçu comme receveur et affecté au dépôt de Saint-Ouen, s’installa à Asnières puis à Romainville et enfin dans un pavillon à Montreuil. Aussitôt, il adhéra au syndical CGTU puis au Parti communiste après avoir fréquenté les conférences anarchistes aux Lilas (il garda un souvenir précis de l’une d’elle consacrée à la « Création de Dieu »). La réunion de la cellule de Romainville se tenait dans l’atelier d’un « vieux camarade ébéniste ». Il se sentit à l’aise parmi cette douzaine d’ouvriers dont il vanta la « fraternité ». C’est sa cellule qui l’orienta vers des responsabilités au Comité intersyndical de Romainville. Il fut ensuite affecté à la cellule de l’atelier de grand levage puis chargé du secrétariat d’une cellule des roulants. Le syndicat CGTU du dépôt des Lilas était dirigé par des « minoritaires » non communistes comme Auguste Bonvallet*.

Révoqué à la suite d’une grève en juin 1928, Isaac travailla comme manœuvre à la ville de Bagnolet tout en poursuivant l’action syndicale contre les « minoritaires » jusqu’à sa réintégration en mai 1931. Ceux-ci finiront par faire scission et partiront avec presque tous les syndiqués à la CGT. Il est devenu secrétaire du sous rayon communiste de Montreuil.

Il fut candidat communiste, sans succès, en 1929 à Montreuil-sous-Bois et entra au conseil municipal le 12 mai 1935 (33e/36) sur la liste conduite par Fernand Soupé* et fut désigné pour être délégué aux élections sénatoriales en 1935 et 1938. Il n’assista pas à la dernière séance du conseil municipal, le 12 septembre 1939, et se fit excuser. Il habitait alors dans un pavillon à Bagnolet.

Le conseil de préfecture suspendit la municipalité le 4 octobre 1939 et le début de son mandat le 31 mai 1940. Interné administrativement le 9 novembre suivant à Aincourt (Seine-et-Oise), Isaac fut transféré à la centrale de Poissy le 6 avril 1941 et à Châteaubriant (Loire-Inférieure) le 8 mai 1941 puis à Pithiviers et à l’Ile de Ré. Il resta interné jusqu’à l’été 1944.

À la Libération, il fit partie de la délégation spéciale de Montreuil (conseil municipal provisoire) selon l’arrêté du 26 septembre 1944. Il s’occupa ensuite des œuvres de la RATP.

Retraité en 1951, il partit à Donville (Manche) puis à Saint-Nicolas-du-Pélem (Côtes-du-Nord) où il constitua une cellule. C’est à Granville que furent fêtés en 1957 ses trente ans de parti par une assemblée de cent personnes. Mais, en 1963, il décida de revenir à Bagnolet et de prendre une loge de gardien dans une cité de HLM. Il milita au CNL et à l’Union des vieux de France tout en rédigeant une autobiographie d’un grand intérêt. François Isaac mourut dans une maison de retraite à Bagnolet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88978, notice ISAAC François, Marie par Claude Pennetier, version mise en ligne le 31 août 2010, dernière modification le 31 août 2010.

Par Claude Pennetier

ŒUVRE : François Isaac, Une vie de lutte, autobiographie, Archives de l’Association du Musée de la Résistance, manuscrit 84, inédit.

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; versement 10451/76/1 ; listes électorales et nominatives. — État civil d’Erquy. — Arch. PPo. 101. — Renseignements recueillis par Michèle Rault et Nathalie Viet-Depaule.

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