ISAÏA Paulette [née MILHAUD Paulette, alias BLANC Paulette]

Par Antoine Olivesi

Née le 26 novembre 1911 à Veynes (Hautes-Alpes), morte le 26 octobre 2010 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; dessinatrice industrielle ; syndicaliste des Bouches-du-Rhône ; membre du Parti communiste ; résistante.

Paulette Isaïa, dont le père, Paul, était contrôleur des contributions indirectes et la mère, Jeanne Liotard, couturière, était l’aînée de cinq enfants. Elle obtint le brevet supérieur. Après un stage, elle devint dessinatrice industrielle à la société des Grands travaux de Marseille (Bouches-du-Rhône) où elle fit carrière de 1929 à 1940 et de 1947 à 1962. Elle se maria avec l’instituteur André Isaïa à Marseille le 19 décembre 1935

Syndiquée à la CGT, elle fut déléguée au comité d’entreprise jusqu’en 1962. Elle adhéra au Parti communiste pendant les grèves de 1936 puis fut responsable du travail auprès des femmes jusqu’en 1939. Elle avait également milité en faveur de la paix au mouvement Amsterdam-Pleyel ainsi qu’à la direction départementale du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. Elle mena, avec Mireille Dumont*, des actions pour l’Espagne républicaine (collectes, accueil des enfants espagnols) à Marseille et dans la région. Elle fut chargée d’organiser des réunions de femmes lors du 150e anniversaire de la Révolution française dans une vingtaine de communes des Bouches-du-Rhône,

Paulette Isaïa fut arrêtée dans le cadre de l’affaire Barbé-Laffaurie, comme plusieurs dizaines de militants du parti communiste clandestin, le 19 octobre 1940, sur La Canebière. Déférée devant la justice militaire, emprisonnée aux Présentines sous l’inculpation « d’atteinte à la sûreté de l’État », elle fut libéré fin avril 1941 et acquittée par le tribunal militaire de la XVe région à l’issue du procès qui eut lieu du 3 au 5 mai 1941. Elle avait repris son travail lorsqu’elle fut envoyée en résidence surveillée à Lambesc (Bouches-du-Rhône) par un arrêté du 19 mai 1941. Son directeur intervint en sa faveur en précisant qu’elle avait toujours donné satisfaction. À Lambesc, se retrouvant totalement démunie, elle travailla à l’usine de conserves « Beaudoux » et s’activa pour que son mari, arrêté et acquitté en même temps qu’elle, soit libéré du camp d’internement de Saint-Paul d’Eyjaux (Haute-Vienne), ce qui fut fait fin avril 1942. Il fut astreint lui aussi à résider à Lambesc. Le très suspicieux maire de Lambesc surveillait le couple comme il l’avait surveillée auparavant en s’inquiétant de ses fréquentations de communistes. Le couple participa à la Résistance locale, au recrutement et, en 1944, aux parachutages d’armes. Elle avait pour alias Paulette Blanc. Après la tragique attaque allemande du maquis de Sainte-Anne, le 12 juin 1944 (plus de quatre-vingt morts), elle rejoignit les groupes de résistance de Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) où elle fit du transport de matériel et de la diffusion de tracts. En août 1944, elle dirigea le service administratif de la 2 brigade « Rhône et Durance » en Arles (grade homologué : aspirant). Son dossier de Résistance la rattache au Front national.

Elle revint ensuite à Marseille et reprit, en 1946, ses activités dans les organisations féminines, le Mouvement de la Paix et le Parti communiste.

De 1947 aux années 1980, Paulette Isaïa, membre de la direction départementale de l’Union des femmes françaises, participa à plusieurs congrès régionaux et nationaux, notamment au congrès mondial de la Paix à Paris en 1949.

Elle épousa en décembre 1935 à Marseille André Isaia.
Elle mourut en 2010 à Marseille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88980, notice ISAÏA Paulette [née MILHAUD Paulette, alias BLANC Paulette] par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 31 août 2010, dernière modification le 21 février 2021.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône 5 W 192 (dossier d’internement), 76 W 115. — site internet Mémoire des homes SHD Vincennes GR 16 P 419148. — Marcel Pierre Bernard, Les Communistes et la Résistance, op. cit., pp. 77 à 79. (Procès du réseau « Lafaurie »). — Réponse de Paulette Isaïa à un questionnaire.— notes Jean-Marie Guillon. — Etat civil.

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