ISOARD Pierre, Louis

Né et mort à Marseille (Bouches-du-Rhône), 9 mars 1906-25 avril 1980 ; traminot ; syndicaliste et militant communiste des Bouches-du-Rhône ; résistant.

Pierre Isoard milita, au début des années 1930, au Parti communiste dans la banlieue de Sainte-Marguerite où il résidait : il contribua au développement d’un comité Amsterdam-Pleyel et à la création du « Sporting club » ouvrier. Charpentier puis traminot dans sa ville natale, membre actif de la majorité pro-communiste du syndicat CGT des traminots, il fut l’un des principaux animateurs de la grève du 30 novembre 1938 à laquelle participa l’ensemble des employés.

Mobilisé en 1939, puis résistant, Pierre Isoard devint secrétaire général du syndicat des Tramways de Marseille après la Libération et le demeura jusqu’en 1958. Le 22 décembre 1944, il défendit les revendications salariales estimant « anormal qu’un conducteur de trolley continue à percevoir 93 francs tandis que s’il se louait aux Américains, il gagnerait 300 francs ». Il obtint une augmentation de 55 %. Après le départ des ministres communistes du gouvernement Ramadier, Pierre Isoard fit voter la grève pour le 7 juin 1947. Mais, celle-ci fut atténuée par une série de mesures adoptées par le syndicat lui-même puis par l’intervention de la municipalité communiste Cristofol et un accord fut signé le 14 juin.

Le conflit qui éclata en novembre suivant eut un grand retentissement puisqu’il fut à l’origine des événements qui amenèrent une municipalité RPF à Marseille. L’augmentation des tarifs des carnets de tickets mit le feu aux poudres. Pierre Isoard dénonça, le 8 novembre, « la manœuvre de la direction destinée à soulever le public contre les traminots » et lança pour le 10 un appel au boycott des nouveaux tarifs adressé aussi bien aux usagers qu’aux employés. La mobilisation des forces de l’ordre entraîna, ce jour-là, le processus qui devait aboutir à la grève générale et aux violents incidents du Palais de Justice, de l’Hôtel de Ville et du quartier de l’Opéra surtout dans la soirée du 12 novembre. Manifestations et grèves continuèrent jusqu’à la fin du mois — les traminots avaient voté l’arrêt du travail le 15 — puis se fondirent dans l’épreuve de force généralisée à toute la France.

Après la scission de FO, Pierre Isoard continua son activité syndicale au sein de l’UL-CGT de Marseille. Il fut élu conseiller municipal en 1953 et fit partie de l’opposition communiste dans la municipalité Defferre mais fut battu en 1959.

Cessant son activité professionnelle et presqu’en même temps son activité syndicale et politique, il se consacra alors à l’ARAC dont il resta jusqu’à la fin de sa vie le président du comité local.

Pierre Isoard était vétéran du Parti communiste, ancien combattant 1939-1945, décoré de la Croix de guerre avec palmes, des médailles de la Résistance et de la Libération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88982, notice ISOARD Pierre, Louis, version mise en ligne le 31 août 2010, dernière modification le 31 août 2010.

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, XIV M 25/133 et 135. — Arch. Com. Marseille, listes électorales de 1937 et de 1947. — Indicateur marseillais, 1945 à 1959. — Rouge-Midi, Le Midi syndicaliste, de 1944 à 1947. — La Marseillaise (même période), et en 1953. — Le Provençal, 27 avril 1980. — M. Agulhon et F. Barrat, CRS à Marseille, op. cit. — M. A. Stagliano, Le Midi syndicaliste, op. cit. — M. Tournier, Les grèves dans les Bouches-du-Rhône en 1938-1939, op. cit. — R. Mencherini, L’UD-CGT des Bouches-du-Rhône, thèse citée.

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