JACQUEMIN Gustave

Par Yves Le Maner

Né et mort à Saint-Hilaire-lez-Cambrai (Nord), 12 mai 1900-23 mars 1970 ; cabaretier et colporteur ; militant communiste du Nord ; maire de Saint-Hilaire-lez-Cambrai.

Gustave Jacquemin tenait un estaminet à Saint-Hilaire-lez-Cambrai et, pour compléter ses revenus, faisait du colportage dans le canton de Carnières.

En 1919, il adhéra à la chambre syndicale des garçons brasseurs et autres ouvriers de la brasserie de Caudry et environs, affiliée à la CGT. Il quittera ce groupement en 1923, le jugeant trop « réformiste ». En effet, Gustave Jacquemin avait adhéré au Parti communiste dès sa création et, utilisant toutes les ressources de son métier de colporteur, il se livra à une intense propagande dans cette région du Cambrésis à dominante rurale. Il mena en particulier une active campagne d’opposition à la guerre du Maroc à la fin des années 20. En 1930, il devint secrétaire de la cellule locale de Saint-Hilaire, rattachée au rayon de Caudry (voir Walle Gabriel*), qui fut peu après fortement touchée par les effets de la crise économique, les effectifs tombant de 150 à 35 adhérents au cours de l’année 1931. Réduit à la misère, Jacquemin dut travailler pendant plusieurs années comme journalier agricole.

Élu maire de Saint-Hilaire-lez-Cambrai en 1935 à la tête de la liste du « Bloc ouvrier et paysan », il conserva ce mandat jusqu’en 1942. Cette prolongation de mandat pendant l’Occupation, très anormale pour un militant communiste, eut pour origine l’attitude de Jacquemin dans la période qui suivit la conclusion du Pacte germano-soviétique. En effet, il dénonça publiquement le traité et annonça son retrait du PC, ce qui explique son maintien en fonction. Cependant, plusieurs événements ultérieurs rendent vraisemblable la thèse d’un habile choix tactique de la part de Gustave Jacquemin. En conservant son majorat, il conserva une grande liberté d’action. Appelé sous les drapeaux en octobre 1939, il fut démobilisé après la débâcle de juin 1940 et travailla immédiatement pour la Résistance. En 1942, il faisait partie d’une filière qui prenait en charge les prisonniers russes évadés des camps de travail de l’organisation Todt et qui se chargea par la suite des réfractaires au STO. Cependant, cette activité ne pouvait passer inaperçue malgré la couverture fournie par la fonction de maire. Dénoncé à la fin de l’année 1942, il échappa de peu à la Gestapo et entra dans la clandestinité au sein d’un groupe de FTP. Il ne revint à Saint-Hilaire qu’à la Libération.

Membre d’une commission d’enquête sur les agissements des collaborateurs, il fut réélu maire de Saint-Hilaire en 1945 et conserva ce poste jusqu’à sa mort, en 1970.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88995, notice JACQUEMIN Gustave par Yves Le Maner, version mise en ligne le 31 août 2010, dernière modification le 31 août 2010.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Nat., F7/13119. — A. Duchatelle, mémoire de maîtrise, Lille III, 1973, op. cit.

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