LADSOUS Edouard, Emile

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 2 Juillet 1911 à Tourcoing (Nord), mort en déportation le 17 avril 1945 à Koselitz ; infirmier ; militant communiste, résistant FTP.

Fils d’un gazier, Edouard Ladsous fut adopté par la Nation en février 1920.
Infirmier à l’hôpital Saint-Louis, marié, il habitait 45, rue Bichat dans le Xe arrondissement de Paris. Il y hébergeait en 1943 l’un des deux commandants de secteur FTP de l’Inter-Région parisienne, Roland Cauchy. Ce dernier tomba le 18 novembre 1943 entre les mains des policiers de la BS 2 des renseignements généraux parisiens, parmi lesquels l’inspecteur Emile André, sur les lieux d’un rendez-vous qu’il avait avec Joseph Epstein. Le 18 ou le 19 novembre 1943, les policiers se présentaient au domicile d’Edouard Ladsous et l’arrêtaient à son tour. Ils découvrirent des armes (deux pistolets automatiques), des documents et des faux papiers d’identité appartenant à Roland Cauchy. Ils saisirent également un stock de pansements et de médicaments qu’Edouard Ladsous avait constitué pour venir en aide à ses camarades blessés au cours d’une action. C’est ainsi qu’il avait soigné Roger Rouxel, blessé lors de l’attaque contre le maire POPF d’Alfortville, Marcel Capron le 10 avril 1943.

Livrés aux Allemands, les vingt-sept FTP de « l’affaire Estain » furent traduits devant un tribunal de guerre le 20 mars 1944. Le procès dura quatre jours et vingt d’entre eux furent condamnés à mort pour « actes de francs-tireurs », y compris Edouard Ladsous. Mais le 11 avril 1944 à 11 heures, un officier vint à Fresnes pour annoncer aux condamnés qu’ils seraient exécutés dans l’après-midi, à l’exception de deux d’entre eux dont les recours en grâce étaient acceptés : Edouard Ladsous et Georges Nicol.

Ce n’était que partie remise pour Edouard Ladsous. Classé « NN », il fut déporté le 7 juillet 1944 vers Natzweiler puis transféré à Dachau et à Flossenburg, enfin affecté dans un commando extérieur à Gröditz, il fut massacré avec 183 autres déportés « intransportables » dans un champ prés de la petite ville de Koselitz en Saxe le 17 avril 1945, en pleine débâcle du IIIe Reich.

Il s’était marié à Ormesson-sur-Marne (Seine-et-Oise) le 31 août 1938 avec Christiane Nespoulous.

Son nom figure sur une plaque commémorative dédiée au personnel de l’hôpital Saint-Louis mort pour la France.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89008, notice LADSOUS Edouard, Emile par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 31 août 2010, dernière modification le 28 septembre 2010.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : Arch. PPo., BS2/25. — Archives de la CCCP : notes Ravery. — L’Humanité, 9 février 2007. — Note de Jean-Pierre Besse.— Etat civil.

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