LEROUX Joseph, Raymond, Armand

Par Julien Cahon

Né le 11 juillet 1925 à Cayeux-sur-mer (Somme) ; ouvrier puis employé ; militant communiste dans la Somme, secrétaire de la section du Vimeu, membre du comité fédéral (1947-1948) puis du bureau fédéral (1948-1950) puis membre du secrétariat fédéral (1950-1953) ; syndicaliste CGT dans la Somme, secrétaire adjoint du syndicat des métaux CGT du Vimeu, secrétaire adjoint de l’UL-CGT d’Amiens ; militant communiste dans l’Aisne, membre du bureau fédéral ; conseiller général de Saint-Quentin-Centre (1973-1985), conseiller municipal puis adjoint au maire de Saint-Quentin (1977-1989), adjoint au maire de Gauchy (1989-2008).

Joseph Leroux
Joseph Leroux
Le Travailleur de la Somme, 2 février 1952

Fils d’Armand Anatole Leroux, manouvrier puis serrurier, et d’Elise Virginie Marthe Lenne, blanchisseuse, Joseph Leroux, habitait à Cayeux-sur-Mer dans les années trente. En 1940, il connut l’exode – en 1993, il publia un ouvrage à la troisième personne du singulier (Raymond, son deuxième prénom) sur ses souvenirs d’exode. Après le Seconde Guerre mondiale, il résidait à Friville-Escarbotin, au coeur du Vimeu industriel, où il travaillait comme nickeleur dans une industrie du secteur métallurgique. Il se maria le 27 mars 1948, à Friville-Escarbotin, avec Simone Henriette Louise Holleville. Le couple avait un enfant en 1949.

Autodidacte, il adhéra au PCF en 1944, et milita d’abord aux JC. Secrétaire de la section communiste du Vimeu dans les années qui suivirent la libération, Joseph Leroux entra au comité fédéral du parti en 1947, puis au bureau fédéral le 23 mai 1948. Il accéda au secrétariat fédéral en 1950. Le 7 octobre 1951, il fut candidat aux élections cantonales dans le canton de Nouvion-en-Ponthieu. Sa profession de foi le présentait comme « métallurgiste syndiqué, membre des FUJP sous l’occupation, ancien secrétaire départemental du FN, membre du secrétariat fédéral du PCF ». Le conseiller général sortant, Albert Fourcy (SFIO) fut réélu dès le premier tour avec 1679 voix (sur 3312 votes exprimés) contre 854 au candidat radical-socialiste Léon et 779 à Joseph Leroux. Jusqu’en 1953, il fut secrétaire fédéral à l’organisation, tandis que Jean Roguet* était secrétaire politique. En 1953, la fédération communiste de la Somme dut affronter une double crise. André Stil, dans France Nouvelle, avait dénoncé les carences de la direction fédérale, et ses critiques avaient débouché sur la mise à l’écart de Jean Roguet, secrétaire fédéral qui avait succédé à René Lamps*, également écarté en 1949, suite à l’affaire Prot. C’est dans ce contexte que Joseph Leroux fut promu secrétaire politique de la fédération de la Somme, lors de la XVIe conférence fédérale du PCF des 21-22 février 1953. Le rapport du préfet de la Somme au ministre de l’Intérieur, daté du 4 mars 1953, indiquait : « à la suite des critiques lancées par André Stil, le nouveau secrétariat fédéral est ainsi composé : Joseph Leroux, qui devient secrétaire fédéral, René Lamps, député, spécialement chargé de réorganiser la fédération, Lucette Bonnard*, chargée de l’action féminine, et Albert Vilfroy [...]. » Mais Joseph Leroux fut écarté de ce poste trois semaines plus tard, le 15 mars, et remplacé par René Lamps. Délégué à la conférence nationale de Gennevilliers (5-6 mars 1953), il confessa avoir travaillé volontairement pour les Allemands sur les côtes de la mer du Nord en 1942-1943. Originaire de Cayeux-sur-Mer, alors âgé de 17-18 ans, il n’avait pas trouvé d’autre travail. Mais la direction du parti lui reprocha de l’« avoir dissimulé ». Les archives du comité central donnaient la direction élue le 1er mars 1953 en faisant figurer en première position René Lamps et ne mentionnant pas Joseph Leroux contrairement à la presse communiste locale qui annonça, le 15 mars, l’exclusion de Leroux et le 23 mars la promotion de René Lamps. La section de montée des cadres du PCF faisait également figurer René Lamps en tête du secrétariat élu, et indiquait que Joseph Leroux « avait été proposé comme secrétaire fédéral » mais que « l’unanimité n’avait pas été réalisé sur cette proposition ». Il dut également faire son autocritique devant une délégation de dirigeants fédéraux, parmi lesquelles figurait Robert Cerisier*. Dans son Dictionnaire des élus de Picardie, Alain Trogneux mentionne que Joseph Leroux avait refusé d’intégrer le STO en 1942 et s’était réfugié dans la Marne.

Joseph Leroux resta néanmoins au PCF et un des leaders de la CGT dans le département. Secrétaire adjoint du syndicat des métaux CGT du Vimeu, aux côtés d’André Vilfroy* (secrétaire permanent), il quitta cette région, dans les années cinquante, pour Amiens, où il était employé à la sécurité sociale. En 1956, Joseph Leroux était membre du bureau de la cellule communiste « centre » d’Amiens et membre du bureau du syndicat CGT du personnel de la sécurité sociale de la Somme. De 1956 à 1961 (au moins), il fut secrétaire général adjoint (administratif) de l’UL-CGT d’Amiens. Le secrétaire général de l’Union locale était alors René Lingner*, qui fut mis progressivement à l’écart suite à l’affaire Henri Lenglet*.

Au cours des années soixante ou au début des années soixante-dix, il quitta la Somme pour l’Aisne, où il fut chef de service à la caisse primaire d’assurance maladie de Saint-Quentin, poste qu’il occupa jusqu’à son départ en retraite en 1983. Il fut d’abord chef de section au service médical puis au service prestations.

Membre du bureau fédéral de l’Aisne en 1976, il n’y figurait plus en 1977. Il fut élu conseiller général de Saint-Quentin-centre en septembre 1973 et fut réélu jusqu’en 1985, date à laquelle il fut battu par un candidat divers droite. Au sein de l’assemblée départementale, il siègea à la commission des affaires économiques puis à la commission des finances. De 1977 à 1989, Joseph Leroux fut élu conseiller municipal de Saint-Quentin. Il fut même adjoint du maire, Daniel Lemaire. Suite à la défaite de la gauche à Saint-Quentin, il retrouva un poste d’adjoint à la mairie de Gauchy de 1989 à 2008, avec en charge les affaires sociales et les fêtes. Depuis, il s’était retiré de la vie politique pour raisons de santé. Il s’était remarié à Gauchy avec Dorothée Renata Marx.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89071, notice LEROUX Joseph, Raymond, Armand par Julien Cahon, version mise en ligne le 1er septembre 2010, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Julien Cahon

Joseph Leroux
Joseph Leroux
Le Travailleur de la Somme, 2 février 1952

ŒUVRE : Un soir d’avril, Éditions de la Vague Verte, 1993.

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Saint-Denis, 261J21/77 (SMC). — Arch. Dép. Somme, 21W88, 21W164, 21W391, 23W66, 1124W10, 1471W16. — Le travailleur de la Somme, 1945-1987. — Francine Delaunay, René Lamps. Itinéraire d’un élu communiste, Amiens, éditions Encrage, collection figures politiques de Picardie, 1995, 157 pages. — Alain Trogneux, Dictionnaire des élus de Picardie. Tome 3 : l’Aisne, Amiens, Encrage Editions, 2009 — État civil. — — Renseignement fournis par Jean-Jacques Becker*.

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