LECOQ Adèle, Françoise

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Slava Liszek

Née le 9 février 1891 à Sallen (Calvados), morte le 13 décembre 1955 à Paris (IVe arr.) ; employée des PTT, dame commis puis receveuse ; militante syndicaliste et résistante ; communiste, déportée.

Née d’une mère journalière, célibataire domiciliée à Paris (VIIe arr.), Adèle Lecoq, devint dame-employée », au central télégraphique de Paris, 103 rue de Grenelle, à l’endroit même où, en 1909, quinze ans plus tôt démarrèrent les deux grandes grèves des PTT. Militante de la Fédération postale unitaire, elle fut l’une des dirigeantes de la lutte des Dames employées en 1927. Sanctionnée d’une mise en disponibilité d’office, elle fut élue secrétaire technique des Dames au congrès extraordinaire de la Fédération postale unitaire tenu en mai 1930 à la Bellevilloise (voir Julien Taillard, secrétaire général). En août, elle fut déléguée au 6e congrès de l’Internationale syndicale rouge (ISR) à Moscou.

En novembre 1931, elle participa au 6e congrès de la CGTU. Enfin, au congrès de mars 1932, elle fut élue trésorière de la FPU. Elle joua un rôle important dans le processus d’unification syndicale en 1934-1935.

Adèle Lecoq fut une grande militante anti-fasciste. Dès le 2 juillet 1934, elle fut placée au présidium d’un immense meeting à Bullier, contre le fascisme et la guerre, organisé conjointement par les communistes et les socialistes. En 1936, elle appartenait au comité national du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. Son action fut repérée par l’extrême droite au point que le 1er mai 1936, elle fut dénoncée dans le journal Gringoire, dans un article intitulé « le Front populaire c’est la guerre et la révolution », comme en étant l’une des membres les plus chevronnées du « Comité des femmes contre la guerre ».

A l’automne 1939, à l’interdiction du Parti communiste, exclue, comme tous les ex-unitaires, de la direction fédérale, des syndicats nationaux et des sections départementales, elle participa aux activités clandestines des anciens unitaire. Dès juin 1940, elle prit position contre l’occupant, et anima les prémices de la Résistance au Central télégraphique et au Central « Bourse ». Inquiétée, elle fut déplacée à Alençon (Orne), où elle devint agent de liaison d’un réseau de résistance. Le 21 août 1943, elle fut arrêtée à Paris et emmenée rue des Saussaies. Transférée à la prison d’Alençon, elle fut torturée à plusieurs reprises. Le 22 juillet 1944, quinze jours avant la libération d’Alençon, elle fut transférée au fort de Romainville. Puis elle fut déportée le 3 août 1944 au départ de la gare de l’Est vers Sarrebruck (Allemagne). Le 3 mai 1945, après un période chaotique se terminant par une marche de 300 km, elle fut libérée par l’armée rouge et remise aux autorités françaises.

En septembre 1945, elle fut élue à la CE de la fédération CGT des PTT au titre du syndicat des agents, et au bureau fédéral. Elle fut trésorière générale jusqu’en 1948. Puis elle fut secrétaire aux questions féminines. En 1952, elle fut une dernière fois élue à la CE fédérale au titre des retraités.

Nommée en 1946, comme receveuse de 4e classe à Bourmont (Haute-Marne), elle termina sa carrière à Courtenay, dans le Loiret.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89080, notice LECOQ Adèle, Françoise par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Slava Liszek, version mise en ligne le 24 mai 2011, dernière modification le 5 mai 2020.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Slava Liszek

SOURCES : Arch. Nat. F7/13802, rapport des 9 et 13 mai 1930. — Arch. PPo. 307. — Femmes dans l’action mondiale, n° 23, juin 1936. — Georges Frischmann, Histoire de la Fédération CGT des PTT, Éditions sociales, 1967. — Emmanuel Fleury, La participation des postiers parisiens à l’insurrection nationale, Paris, 1944, p. 6. — Le Peuple, 18 mai 1930 25 juillet 1934, 4 mai 1946, 21 décembre 1946 — L’Humanité, 22 mars 1928, 3 octobre 1928, 7 octobre 1930, 25 octobre 1930, 21 novembre 1930, 29 décembre 1930, 13 février 1931, 24 mars 1932, 1er décembre 1932, 21 mai 1934, 21 mai 1934, 5 juillet 1934, 18 novembre 1934, 15 avril 1936, 19 mai 1936 — La Défense, organe de la section française du Secours rouge international, 23 novembre 1934 — L’Égalité de Roubaix Tourcoing, 16 avril 1934 — Gringoire, 1er mai 1936 — Commune, revue de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, juillet 1934. — Le Populaire, 13 juillet 1935 — La Fondation pour la mémoire de la déportation, Le livre mémorial… op.cit. — Arch. Institut CGT d’histoire sociale. — Arch. de la CGT FAPT (ex-PTT). — Le Relais, revue de l’IHS-CGT-FAPT, n°85, janvier-février-mars 2020. — État civil de Sallen. — Notes de Gilles Pichavant.

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