LE PEN Marcel, Fernand alias THOMAS Marcel

Par Daniel Grason

Né le 25 mai 1903 à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 18 janvier 1972 à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint- Denis) ; employé communal ; militant et élu communiste de Romainville ; déporté.

Fils de marchands de vins, Marcel Le Pen, chauffeur à la mairie de Montreuil, fut élu conseiller municipal communiste de Romainville, le 12 mai 1935, sur la liste de Pierre Kérautret. En 1938, il fut désigné comme délégué sénatorial.
Mobilisé à la base aérienne de Compiègne (Oise) à l’automne 1939, il fut déchu de son mandat par le conseil de préfecture, le 15 février 1940, pour appartenance au Parti communiste. Il a été mobilisé le 2 septembre 1939 et démobilisé le 23 août 1940.
Convoqué en décembre 1941 à témoigner dans une affaire de propagande communiste, il prenait la fuite. Il vivait depuis chez son oncle et sa tante 42 rue Denis-Diderot à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine).
Militant de l’organisation communiste clandestine, il était chargé de la confection et de la répartition des tracts dans plusieurs dépôts. Le 12 septembre 1942 à 11 heures 45, quatre inspecteurs de la BS1 l’interpellèrent au moment où il se présentait à bicyclette au 52 rue Bitche à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine).
Fouillé, il portait sur lui deux stencils portant le titre de L’Humanité intitulés « Laval négrier des boches » et « Français attention », un troisième stencil ayant pour titre L’Aube Sociale s’adressait aux « Métallos de chez Blériot », il détenait cinq tubes d’encre, un trousseau de quatre clefs dont l’une ouvrait le cadenas du dépôt. Dans le local les policiers saisissaient 1.000 tracts intitulés « Alerte », 500 exemplaires « Il y aura 150 ans le 20 septembre », 1.500 exemplaires de L’Humanité du 28 août 1942, 500 brochures « La Grande trahison », 200 brochures « Les bases théoriques du communisme », 200 brochures « Staline », 200 exemplaires La Voix Populaire de Colombes, et 200 brochures « Nous accusons ».
Sa bicyclette portait une plaque d’identité au nom d’Auguste Célerier, 3 rue du Moulin à Puteaux (Hauts-de-Seine), immatriculée 865 R.B.6.
Emmené au commissariat du quartier des Quinze-Vingt à Paris (XIIe arr.), chargé de l’affaire depuis l’interpellation de Maurice Faterman. Interrogé il reconnut les faits, et son appartenance au Parti communiste depuis 1934. Expliqua avoir quitté son logement, du fait d’une perquisition en décembre 1941, « alors que je ne militais plus, je suis alors parti de mon domicile et j’ai alors vécu dans l’illégalité. »
Il assuma son engagement dans le parti communiste clandestin : « Je suis actuellement le livreur du dépôt rue de Bitche à Courbevoie, je touchais du parti 2.000 francs par mois ; comme je ne pouvais pas toucher mes cartes d’alimentation, j’en recevais du parti. »
Il affirma que son oncle et sa qui l’hébergeait chez eux au 42 rue Denis Diderot à Asnières ignoraient tout de son activité. Il retraça son parcours de clandestin. Il commença le 15 mars 1942 dans le local de la rue Bitche à Courbevoie, jusqu’au début juillet. Un cycliste venait prendre les colis et il les livrait. Lui-même assuma des livraisons sur Asnières et Gennevilliers. Au cours de ses différentes affectations il fit la connaissance d’autres militants clandestins : Eugène Sauciat, André Lagneau, Auguste Célerier…
Incarcéré à la prison de La Santé, il comparut le 5 juin 1943 devant la Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris, fut condamné à trois ans de prison et 1.200 francs d’amende. Il a été transféré jusqu’au 20 septembre 1943 à la centrale de Poissy (Seine-et-Oise, Yvelines), en décembre 1943 il fut transféré à la prison de Châlons-sur-Marne et en avril 1944 au camp de Compiègne.
Le 12 mai il était dans le convoi de 2073 déportés à destination de Buchenwald (Allemagne), le convoi arriva le 14, en juin il fut transféré au camp de Dora, en juillet nouveau déplacement à Harzungen. Matricule 49999, il a été libéré de ce camp le 10 avril 1945.
Il témoigna le 31 juillet 1945 devant une commission rogatoire. Il déclara avoir « été libéré par l’avance des troupes américaines le 11 avril 1945 » du camp de Buchenwald, (la Fondation pour la Mémoire de la Déportation indique Harzungen comme lieu de sa libération). Pendant mon séjour au commissariat des Quinze-Vingt j’ai été frappé à coups de poing au cours d’interrogatoire par les inspecteurs L. et M. »
« Une perquisition effectuée à mon domicile a amené la découverte de tracts, de plus, il m’a été dérobé deux chemises, deux cravates, un paquet de tabac et cinq kilos de haricots ainsi qu’une somme de cent soixante francs. »
Il porta plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent, contre ceux qui le frappèrent, et contre ceux qui effectuèrent des vols à son domicile.
Marcel Le Pen a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF).
Il ne fit pas partie, à la Libération, du conseil municipal provisoire de Romainville.
Marié en 1930 à Auchel (Pas-de-Calais), Le Pen était domicilié à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis), où il mourut.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89081, notice LE PEN Marcel, Fernand alias THOMAS Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 10 février 2021, dernière modification le 10 février 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; versement 10451/76/1 ; listes électorales et nominatives. – Arch. PPo. BA 2447, 77 W 1778-112614 (Dossier Maurice Faterman, BA 2056, 77 W 5364-310721. – Bureau Résistance GR 16 P 363684. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – FMD base des déportés des Hauts-de-Seine. – État civil de Clichy et de Paris (Ve arr.). – Notes de Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier.

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