HENRY Robert

Par Éric Belouet, Jean-Marie Conraud

Né le 4 octobre 1919 à Norroy-le-Veneur (Moselle), mort le 22 août 1987 ; employé de bureau, directeur de CAF ; militant jociste de Moselle, permanent (1940-1945) et trésorier national (1943-1945) de la JOC, syndicaliste CFTC ; conseiller municipal de Rozérieulles (Moselle), puis maire de Longeville-lès-Metz (1955-1987, Moselle).

Fils d’un menuisier aux chemins de fer, Robert Henry, ayant obtenu le certificat d’études primaires et le brevet d’enseignement primaire supérieur, fut embauché, le 1er novembre 1937, par le notaire de son village. Celui-ci s’était initialement engagé à lui apprendre le métier, mais l’utilisa comme « saute-ruisseau ». Il quitta cet emploi le 31 décembre 1938 et fut engagé en janvier 1939 par le directeur des Œuvres diocésaines pour assurer le secrétariat de l’ACJF. Il avait, dès son entrée au travail, adhéré à la section jociste de son village de Rozérieulles. Il devint rapidement responsable fédéral puis départemental.

Évacué à Albi (Tarn) en 1940 avec les autres habitants de son village, Robert Henry rejoignit la section jociste de cette ville et prit en charge les réfugiés alsaciens-lorrains. Rapidement, il se rendit à Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), où le mouvement jociste avait installé son secrétariat général pour la zone non occupée. Il y retrouva par la suite Théo Braun, Alfred Quirin*, Robert Rondel* et quelques autres responsables jocistes mosellans pour organiser l’accueil en France libre des réfugiés alsaciens et lorrains. Devenu permanent jociste le 1er décembre 1940, il fut chargé de la région de Toulouse. Dès 1941, il devint trésorier pour la zone non occupée, succédant à Roger Cartayrade, promu secrétaire général de cette zone en remplacement de Jean Quercy*.

En 1943, au moment de la réunification des secrétariats des deux zones, Robert Henry devint trésorier national de la JOC. Les autres membres du comité national étaient alors Pierre Boucault, Henri Bourdais, Roger Cartayrade, Robert Duvivier et André Villette*. Lors de la grande manifestation jociste de la région parisienne du 9 décembre 1944, il prononça un discours sur la place des jeunes dans le mouvement ouvrier, dégageant quelques revendications à satisfaire dans la France qui allait se reconstruire : le développement de la formation professionnelle, la troisième semaine de congés payés, le statut des jeunes travailleurs, le délégué des jeunes. Il appela à l’engagement des jeunes travailleurs : « Soyons forts de nos droits… mais ayons conscience de nos devoirs ! Nous faisons partie de la communauté ouvrière et nous avons le devoir strict de lui apporter sans réserve toutes nos richesses de générosité, de dévouement, de solidarité. En ce moment c’est pour nous un devoir impérieux d’entrer dans un syndicat de notre choix, répondant le mieux à notre conception de la vie. »

Au conseil national de 1945, Robert Henry présenta le plan d’année 1945 avec deux grands thèmes : la mise en place de la branche « Apprentis de France » et la campagne d’année sur la santé des jeunes travailleurs. Un peu plus tard, il fut également nommé chef de la province jociste d’Alsace-Lorraine. Pour assumer les sessions en cours, et contrairement à un usage bien établi au sein de la JOC, il garda cette responsabilité quelques mois encore après son mariage.

Robert Henry s’était marié le 5 juillet 1945 avec Pierrette Roux*, elle-même ancienne permanente de la JOCF, et cinq enfants naquirent de cette union. En novembre 1945, il fut appelé au service militaire mais réformé quelques semaines plus tard.

Dès son retour de l’armée, il fut sollicité par Alfred Quirin, responsable de la CFTC mosellane, pour devenir permanent syndical, chargé plus particulièrement de suivre les syndicats d’employés de la Moselle. En 1947, il devint directeur-gérant du journal syndical départemental La Liberté ouvrière qui publia son premier numéro. Mais souhaitant reprendre rapidement une activité professionnelle plus classique, il quitta cette fonction pour entrer le 1er avril 1947 comme employé à la caisse d’allocations familiales de Metz (Moselle). Il y fut successivement chef de service, directeur adjoint puis directeur à partir de 1961. Comme directeur de la CAF, il fut à l’origine de quelques réalisations importantes : le centre ADEPA à Vigy, le Conseil social et culturel de la Moselle, le développement des crèches et des Foyers de jeunes travailleurs (FJT). En avril 1977, il fut mis en longue maladie, puis en invalidité à partir d’août 1979.

Dans les années 1960, Robert Henry fut le premier président du Conseil social et culturel de la Moselle. Membre fondateur du district de l’agglomération messine, il en fut aussi vice-président.

Sur le plan politique, il fut élu pour la première fois conseiller municipal dans son village de Rozérieulles en 1951. Deux ans plus tard, il fut élu conseiller municipal de Longeville-lès-Metz sur une liste d’entente sociale et familiale et aussitôt désigné adjoint supplémentaire. Le maire ayant démissionné en 1955, il lui succéda et conserva le fauteuil de maire jusqu’à sa mort en 1987. Son nom fut ensuite donné au centre socioculturel de la commune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89128, notice HENRY Robert par Éric Belouet, Jean-Marie Conraud, version mise en ligne le 7 septembre 2010, dernière modification le 7 septembre 2010.

Par Éric Belouet, Jean-Marie Conraud

SOURCES : Arch. JOC. — Témoignage de la veuve de l’intéressé, recueilli par Jean-Marie Conraud. — Arch. JOC (SG), fichier des anciens permanents. — Notice DBMOF. — Henri Bourdais, La JOC sous l’Occupation allemande, Éditions de l’Atelier, 1995, p. 213.

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