CHARMASSON Gilbert, Henri dit Bébert

Par Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon

Né le 14 décembre 1911 à Marseille (Bouches-du-Rhône), exécuté le 16 juin 1944 à Saint-Antonin-sur-Bayons (Bouches-du-Rhône) ; ouvrier charpentier ; volontaire en Espagne républicaine ; Franc Tireur et Partisan (FTP).

Gilbert Charmasson et non Robert comme l’indique par erreur Rouge-Midi, cité en source, naquit à Marseille le 14 décembre 1911. Fils Louis Charmasson et de Maria Gregori, il travaillait comme ouvrier charpentier dans la banlieue ouvrière de Saint-Henri, au nord de la ville, où il résidait. Il adhéra au Parti communiste en 1935 et milita dans le syndicat du bâtiment CGTU puis CGT. Ayant fait son service militaire avec la classe 1931, il partit comme volontaire dans les Brigades internationales en 1937. Affecté au 20e Bataillon de la 80e Brigade mixte, puis de la 14e, il avait grade de lieutenant. Il resta vingt cinq mois environ en Espagne. Mobilisé le 4 septembre 1939 au 60e BCA d’Antibes, il fut fait prisonnier le 22 juin 1940, mais s’évada deux mois plus tard du camp de Baccara (Meurthe-et-Moselle) et fut démobilisé le 30 août 1940. Revenu à Marseille, il épousa le 11 décembre 1941 Émilie Bini avec qui il eut un enfant. Il travaillait alors pour la Société de menuiserie et charpentage marseillais. Il fut condamné à deux mois de prison avec sursis le 8 juillet 1942 pour importation frauduleuse et vol par le tribunal correctionnel de Marseille. Cette condamnation était peut-être en rapport avec son engagement dans la Résistance communiste qui était signalé en mai 1941. Il militait l’année suivante dans le groupe FTP« La Marseillaise », formé essentiellement d’ouvriers de l’Estaque et dirigé Émile Cavagni*. Ce groupe fit sauter, le 31 janvier 1943, une section de la ligne l’Estaque-Port-de-Bouc puis effectua deux autres sabotages à Aix et à Gardanne. Le départ de Cavagni vers janvier ou, plus probablement, février 1943 freina sans doute les activités du groupe. C’est pourquoi le nouveau commissaire aux opérations régional FTP, Paul Romeyer*, voulut le faire redémarrer. Il prit contact en mars avec Charmasson qui lui avait été présenté comme le chef. Charmasson, à qui il demanda de recruter, lui présenta le véritable responsable du groupe, Raphaël Montarello*. C’est ce dernier, qu’il connaissait de longue date, qui lui fournit des explosifs (cheddite) et du cordon Bickford. Il fut arrêté le 27 mai et la police trouva chez lui quarante trois cartes de tickets de pain et trois détonateurs pris dans un chantier. Il avoua dans un premier temps qu’il s’agissait de préparer un sabotage pour le 1er mai, puis il se rétracta et prétexta qu’il voulait se livrer à la pêche à l’explosif. Écroué à Marseille, il tenta de s’évader le 2 septembre 1943 alors qu’il se trouvait à l’hôpital pour des soins. Il fut repris, mais son camarade Garabed Azarian, pris dans la même affaire, parvint à s’échapper.
Transféré à la prison d’Aix-en-Provence, il fit partie du groupe que les FTP de la ville firent évader avec la complicité d’un gardien dans la nuit du 23 au 24 avril 1944. Il rejoignit alors avec ses camarades la ferme Lambruisse (commune de Vauvenargues) où eut lieu le « cadrage » des militants. Il fut désigné comme responsable politique (commissaire aux effectifs) du 2e Bataillon du 4e régiment FTP de Provence. Ce maquis, constitué alors sur le plateau du Cengle, était composé de certains des évadés, renforcés par des réfractaires d’Aix, puis, après le 12 juin, par des rescapés de l’attaque du plateau Sainte-Anne (Lambesc-La Roque d’Anthéron, Bouches-du-Rhône). Les maquisards furent pris à partie par un détachement allemand, le 16 juin, sur la commune de Saint-Antonin-sur-Bayons, en cours de transfert vers Pourrières (Var). Gilbert Charmasson fut tué dans l’attaque avec douze autres de ses camarades. Il avait été condamné par défaut par la Section spéciale de la cour d’appel d’Aix à deux ans de prison le 11 mai 1944. Le titre de « Mort pour la France » lui fut attribué.
Le conseil municipal de Marseille décida le 27 juillet 1946 de donner son nom à un chemin situé dans son quartier de Saint-Henri.


Brigadistes fusillés pendant l’Occupation
http://chs.huma-num.fr/exhibits/sho...

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89154, notice CHARMASSON Gilbert, Henri dit Bébert par Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 12 septembre 2010, dernière modification le 9 octobre 2018.

Par Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône 8 W 67. — Arch. Com. de Marseille, listes électorales 1939. — Site internet « Mémoire des hommes ». — Rouge-Midi, 13 septembre 1944 (photo). — Arch. AVER. — Adrien Blès, ⎨Dictionnaire historique des rues de Marseille⎬, Marseille, Éd. Jeanne Laffitte, rééd. 2001. ⎯ Robert Mencherini, ⎨Résistance et occupation (1940-1944), tome 3 de Midi rouge, ombres et lumières⎬, Paris, Syllepse, 2011.— Renseignements communiqués par Marcel Bernard (thèse de 3e cycle) d’après les souvenirs d’un militant du groupe de FTP de Charmasson.

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