JULLIEN René (écrit parfois JULIEN)

Par Jean-Pierre Besse

Né le 26 octobre 1920 à Brion (Vienne), fusillé comme otage le 24 octobre 1941 au camp de Souge (commune de Martignas-sur-Jalle, Gironde) ; ouvrier du bâtiment ; militant communiste de Gironde.

René Jullien était le fils de Louis, Alexandre, employé des chemins de fer, militant syndicaliste et communiste. Sa mère était chez ses parents à Brion lorsqu’elle lui donna naissance.
La famille s’installa par la suite à Coutras (Gironde) où René adhéra aux Jeunesses communistes en 1936 et créa en 1937 un groupe. Il fréquentait aussi les Auberges de la jeunesse. En 1938, il était un des responsables des Auberges de la Jeunesse du département et pratiquait le sport.
Il participa à la reconstitution clandestine du PCF et des JC dès la fin de 1939. À la suite d’une perquisition à son domicile en mai 1940 qui permit de mettre la main sur du matériel de propagande, il fut arrêté une première fois et condamné à six mois de prison. Il fit appel et pendant la débâcle fut relaxé et libéré le 7 août 1940.
Il devint alors responsable régional des JC, et s’installa à Bordeaux où il travailla comme plâtrier. Un rapport du commissaire Poinsot le présentait comme « un individu extrêmement dangereux ». Il fut assigné à résidence surveillée le 17 février 1941 mais il était entré dans la clandestinité et avait pris le pseudonyme de Roger Jantet avant de prendre, quand il devint interrégional des JC pour la Gironde, les Landes, la Charente et la Charente-Inférieure (Charente-Maritime), celui de Marc Fleury. Il fut arrêté place Saint-Projet à Bordeaux le 23 juillet 1941. Condamné le 12 septembre 1941 par la Section spéciale à quinze ans de travaux forcés, vingt ans d’interdiction de séjour puis interné au fort du Hâ, il fut livré aux Allemands. René Jullien fut au nombre des cinquante otages fusillés le 24 octobre 1941 au camp de Souge, en représailles à l’attentat qui coûta la vie au commandant Hans Reimers le 21 octobre 1941 à Bordeaux.
Une rue de Coutras porte son nom. Le conseil municipal prit cette décision dès le 31 août 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89293, notice JULLIEN René (écrit parfois JULIEN) par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 24 septembre 2010, dernière modification le 3 juillet 2021.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : DAVCC, Caen. – Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, Livre Club Diderot, 1969. – René Terrisse, Bordeaux 1940-1944, Perrin, 1993. – Renseignements fournis par les mairies de Coutras et de Brion. – Site des fusillés de Souge.

ICONOGRAPHIE : Albert Ouzoulias, op. cit., hors texte.

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