HARBELOT Marcel, Lucien

Par Claude Pennetier, Jean Belin

Né le 28 juillet 1924 à Dijon (Côte-d’Or) ; mort le 17 février 2017 à Dijon ; ouvrier métallurgiste ; syndicaliste CGT ; secrétaire général de la fédération communiste de Côte-d’Or ; élu municipal de Dijon ; résistant au sein des FFI et ancien combattant de la guerre 1939-1945 ; militant associatif.

Marcel Harbelot en 1973.
Marcel Harbelot en 1973.

Fils de Marcel Gabriel Harbelot, commis épicier en 1924, puis ouvrier métallurgiste, et de Julienne Louise Lucienne Petit, ménagère, ses parents eurent trois enfants lorsqu’ils quittèrent Dijon pour s’établir à Crépand près de Montbard. Marcel Harbelot obtint le certificat d’études primaires (CEP) en se présentant une deuxième fois alors qu’il fut embauché comme manœuvre dès quatorze ans dans une entreprise du bâtiment. Apprenti à l’atelier mécanique de l’usine métallurgique de Montbard deux ans plus tard, il prépara son CAP de tourneur sur métaux qu’il obtint en 1943.
Ce fut l’occupation, Il prit sa carte à la CGT clandestine en septembre 1943, et entra dans la Résistance en mars 1944 tout en continuant son travail à l’usine. Avec ses camarades de l’atelier, résistants comme lui et militants de la CGT, il participa au sabotage des obus destinés à l’armée allemande. Il rejoint les Forces françaises de l’intérieur (FFI) dans le groupe Nancy, région de Montbard. Marcel Harbelot participa à la Libération de Montbard, puis de Dijon en septembre 1944 : « Dans la ville de Dijon, on n’a pas eu à livrer de grand combat. Nous avons seulement essuyé quelques coups de feu dans la rue de la Liberté où les Allemands occupaient quelques bâtiments stratégiques. Mais les occupants se sauvaient et le silence de la ville à soudain laissé la place à une formidable liesse populaire. Dijon, libérée, ce n’était pas rien ! »
Il s’engagea comme volontaire pour la durée de la guerre au 1er Régiment de Bourgogne. Le 28 septembre, il fut affecté au 27ème Régiment FFI et en octobre il fut versé au 1er bataillon du 35e R.I. qui intégra la 1ère Armée Française du général De Lattre de Tassigny. Il participa à la campagne engagée dans la percée de Belfort, puis dans la 2e offensive sur le Front d’Alsace. Parvenu le 31 janvier 1945 dans la forêt de Nonnenbrück, son unité ne compta plus que 100 hommes en ligne, 82 furent tués, 300 furent blessés et 60 % de ses cadres furent perdus. Cela vaut aux survivants d’être cités à l’ordre du Corps d’Armée, citation assortie de la Croix de guerre avec étoile d’Or.
Démobilisé le 31 octobre 1945, Marcel Harbelot reprit son emploi de tourneur à l’usine de Montbard et de militant syndicaliste. Il adhéra au Parti communiste français en novembre 1945 et devint aussitôt membre du comité de section de Montbard, puis trésorier de la cellule Guy Moquet (décembre 1946) et secrétaire (décembre 1948). Collecteur syndical, il fut secrétaire adjoint du syndicat CGT, élu membre du comité d’entreprise créé deux ans plus tôt et délégué d’atelier en 1948. Mais, selon une évaluation de la direction fédérale communiste, « il préférait le travail pour le parti ». Il entra au comité fédéral en 1949 et fut aussitôt associé au secrétariat fédéral comme secrétaire à l’organisation. Il quitta son emploi à l’usine métallurgique et la ville de Montbard pour Dijon où il devint permanent le 1er avril 1949. Il suivit une école centrale de deux mois en 1950. Il succéda à Juliette Dubois-Plissonnier comme secrétaire fédéral d’avril 1951 à janvier 1976, mais resta au bureau fédéral jusqu’en 1986 et au comité fédéral jusqu’en 1994. Il fut élu conseiller municipal communiste de Dijon de 1953 à 1959 aux côtés de Marcel Caignol, Roger Chevalier, Antoine Cirillo et Aimé Paronelli, et sous le "règne" du Chanoine Kir… Il déclarait : « J’ai été le premier à présider lors de la première séance, car j’étais le plus jeune conseiller municipal de Dijon. Cette première séance, je l’ai présidée avec le Chanoine. Je me souviens que durant les conseils municipaux, quand, avec mes cinq camarades du groupe communiste, nous le piquions un peu trop fort dans un débat, il se tournait vers son directeur de cabinet et nous lançait" : "Un billet pour Moscou… Et sans retour ! ». Il fut candidat à plusieurs reprises aux élections municipales, cantonales et élections législatives comme en 1967 ou 1973 où il portait les couleurs du PCF dans l’arrondissement de Beaune sous l’étiquette « candidat du PCF pour l’Union populaire et pour la victoire du Programme commun ». 
Il se maria à Dijon en juillet 1950 avec Rosanna Ianelli, fonctionnaire à l’Office National Interprofessionnel des Céréales (ONIC), militante communiste et syndicaliste CGT avec laquelle il eut trois enfants. Marcel Harbelot fut président de l’Amicale des vétérans du PCF de Côte-d’Or pendant vingt six ans. Il eut également des responsabilités dans d’autres associations : trésorier départemental de l’ARAC en 1990 et membre suppléant du Conseil national en 1991, secrétaire du mouvement des Pionniers de France, membre de la Présidence départementale de France URSS, membre du Mouvement de la Paix depuis 1952, délégué départemental de l’éducation nationale. Domicilié au 12 rue Fyot de la Marche à Dijon lors de son décès. Il reçu la médaille d’honneur de la ville de Dijon en septembre 2016 pour son engagement dans la Libération de la ville et la médaille de l’ORMCM (Ordre républicain du mérite civique et militaire) le 8 mai 1992.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89306, notice HARBELOT Marcel, Lucien par Claude Pennetier, Jean Belin, version mise en ligne le 26 septembre 2010, dernière modification le 17 janvier 2020.

Par Claude Pennetier, Jean Belin

Marcel Harbelot en 1973.
Marcel Harbelot en 1973.

ŒUVRE : Croire à ce que l’on fait : mes 25 années de secrétaire de la Fédération du PCF de la Côte-d’Or, 1951-1976, Marcel Harbelot, Impr. de l’Avenir de la Côte-d’Or, 1998.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Arch. Départ. de Côte-d’Or, état civil. — Témoignages de Marcel et de Rose Harbelot recueillis par J. Belin. — Le Régiment de Bourgogne et ses 2150 FFI côte-d’oriens volontaires, Gilles Hennequin, édition 2006. — Les communistes dans la Résistance en Côte-d’Or, 1996. — Une semaine en Côte-d’Or (pages dans l’HD), 1953-1968, L’Avenir de la Côte-d’Or 1968-1994.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément