JENGER Albert

Né le 29 mai 1910 à Carrières-sur-Seine ; un des principaux responsables du Mouvement laïc des Auberges de la Jeunesse ; responsable de la Ligue de l’enseignement.

Albert Jenger fut un des principaux responsables du Mouvement laïc des Auberges de la Jeunesse et notamment avec la fondation du centre de rencontres franco-allemand de Kniebis ;. dirigea le service des relations internationales de la Ligue de l’enseignement (1954- 1982).

Le père d’Albert Jenger était chef de rayon aux Galeries Lafayette à Nice. Officier de réserve en 1914-1918, il devint un ardent militant pacifiste et fut condamné de ce fait à sept mois de forteresse par les Italiens. Sa mère, secrétaire, s’est ensuite consacrée à ses trois enfants.

Albert Jenger effectua des études primaires et secondaires à Nice où il commença à militer dans les organisations antifascistes. Il quitta le lycée en 1937 pour apprendre la linotypie à Marseille où il rejoignit le mouvement libertaire et les Auberges de la jeunesse. A partir de 1941 il milita aux Camarades de la Route dont il devint permanent pendant quelques mois puis, réfractaire au STO, il entra dans la clandestinité.

Délégué régional des AJ à la Libération, il fut chargé en 1947 d’organiser les premières rencontres franco-allemandes de jeunes et fonda, en Forêt-Noire, à Kniebis, le premier centre international qu’il dirigea pendant deux ans et demi, recevant près de 2 000 jeunes des deux pays. Au cours de ces années décisives il fut aidé par Robert Moreau et Joseph Rovan du service de la Jeunesse et de l’Éducation populaire de la zone française. Il rencontra Richard Schirmann le fondateur allemand des AJ, Eugène Descamps futur dirigeant de la CFDT et Michel Rigal des Scouts de France.

En 1950 Albert Jenger devint président de la Fédération nationale des auberges de la jeunesse, rencontra Marc Sangnier et, appuyé par Henri Rousselle, entra en 1954 à la Ligue de l’enseignement en qualité de directeur du service des relations internationales et des territoires d’outre-mer et entreprit une série de rencontres en Afrique, notamment à l’époque du vote de la loi-cadre d’indépendance (1957) avec l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Pierre-Olivier Lapie. Il tisse ainsi un réseau efficace et plusieurs de ses interlocuteurs deviendront des responsables politiques, dont Léopold Sedar Senghor. Il rencontra fréquemment Paul Grünebaum-Ballin, ancien chef de cabinet d’Aristide Briand, Paul Rivet directeur du Musée de l’Homme. En qualité de fondateur de la revue Routes il eut plusieurs entretiens avec Jacques Prévert et Samivel.

En relation directe avec Albert Bayet, dont il admirait la culture, il s’opposa à ses conceptions marquées par un nationalisme intransigeant, ignorant des évolutions en cours en Allemagne et en Afrique noire. Albert Bayet démissionna en 1959 mais Albert Jenger conserva avec lui des relations épistolaires. Les réseaux furent institués par la relance de la Ligue internationale de l’enseignement, de l’éducation et de la culture populaire réunissant les associations laïques des pays d’Europe occidentale, d’Afrique, d’Amérique du Sud et du Canada. En particulier en 1971, il effectua avec Bernard Cassen une tournée de deux mois en Amérique latine à l’issue de laquelle il rédigea un rapport sur les mouvements d’éducation populaire de ces pays. Il en devint le secrétaire général et, de ce fait, le représentant permanent à l’UNESCO et au Conseil de l’Europe. En France, Albert Jenger participa activement aux coordinations nationales notamment le CNAJEP et le Comité pour les relations internationales pour les associations de jeunesse (CPIF).

En 1982, Albert Jenger prit sa pré-retraite mais n’en continua pas moins à assurer le secrétariat général de la Ligue internationale et surtout à apporter par des rencontres personnelles la vitalité de ses réseaux. Récemment, il poursuivait encore ses activités militantes à l’Observatoire international des prisons et à Amnesty international.

Franc-maçon il fut initié en 1954 au Grand-Orient et appartint à la loge Alsace-Lorraine, puis à Persévérance de l’Orient avec Jacques Mitterrand.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89374, notice JENGER Albert, version mise en ligne le 28 septembre 2010, dernière modification le 24 juillet 2012.

SOURCES : Entretien avec Albert Jenger.— Recherches infructueuses à l’état civil de Carrières-sur-Seine.

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