SEINFORIN Jean-Baptiste, Lambert. Pseudonyme à l’ELI : VERNIOT

Par Jean-Claude Paul-Dejean, Claude Pennetier

Né le 17 septembre 1903 à Biarritz (Basses-Pyrénées), mort le 29 juin 1989 à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) ; ajusteur, puis représentant de commerce ; militant communiste.

Fils d’un cocher, Jean Seinforin d’écrivait son père comme issu d’une famille de paysans pauvres et exerçant successivement les emplois de jardinier, cocher, chauffeur de voiture de locations, garçon de courses dans un garage. Sa mère, “issue d’une famille petite-bourgeoise (son père était entrepreneur) fut toute jeune placée dans une maison bourgeoise puis fut couturière chez elle” ; pendant la Première guerre mondiale, elle fut secrétaire à la pharmacie de l’hôpital militaire de Bayonne. Lui-même sortit de l’école primaire à douze ans sans le CEP et commença à travailler en qualité de garçon de courses dans un magasin de vêtements. Il apprit la mécanique et si son métier était ajusteur, il fut tourneur sur métaux, mécanicien d’automobile, chauffeur de maison bourgeoise, manœuvre du bâtiment, ouvrier dans une manufacture d’objets de bois. En 1923-1924, il servit dans l’armée d’occupation en Allemagne comme mécanicien dans les chars d’assaut. Après avoir adhéré au syndicat des métaux et aux Jeunesses communistes en 1925, il fut affecté à une cellule du PC en 1928. Membre du bureau de rayon de Boucau, il siégea en 1928 au bureau de la Région pyrénéenne et en devint, de 1932 à 1934 (1929 à 1933 selon son autobiographie), le secrétaire.

Jean Seinforin avait écrit un article « Parlons franchement » dans les Cahiers du bolchevisme du 1er décembre 1931, dans lequel il affirmait son accord avec la plate-forme actuelle du parti mais critiquait avec vigueur la politique suivie au cours des années précédentes : radicalisation des masses et grève politique de masse lancée le 1er août 1929. Il estimait que l’autocritique du bureau politique n’avait pas été assez sévère. Dans son autobiographie du 16 mars 1934 il précisait : « Pendant la période du groupe, je subis profondément l’influence de sa politique et transportais dans mon travail les mêmes méthodes sectaires et mécaniques. Il y a un an, après des discussions qui s’engagèrent dans notre région sur le front unique et sur les méthodes de travail où je défendais la politique juste du Parti, à l asuite d’une discussion plutôt vive, je fus remplacé comme secrétaire régional. Dans les mois qui suivirent, je fis preuve d’indiscipline en refusant de remplir une responsabilité dont j’avais été chargé. J’ai reconnu mes fautes devant le BR et m’étais ces derniers mois remis au travail. »

Candidat aux élections législatives de 1932, il se présenta dans la 2ecirconscription de Bayonne et obtint 113 voix sur 14 872 inscrits. Cette année-là, en octobre, il organisa le syndicat unitaire des Métaux de Bayonne. Il s’était marié civilement avec une vendeuse de chaussures (Louise Suspérégni) et avait, en 1934, un fils de quatre ans.

Jean Seinforin fut envoyé à l’École léniniste internationale de Moscou vers février 1934 sous le nom de Claude Frédé. On ignore la date de retour.

Après la démission de Joseph Garat, Jean Seinforin fut candidat les 18 février et 18 mars 1934, sur une liste communiste, aux élections municipales de Bayonne. Obligé d’abandonner son métier, il devint représentant de commerce. En janvier 1936, il fut détaché auprès du Comité central, afin de s’occuper des cours de formation des orateurs du parti.

Cosecrétaire de la section communiste de Colombes (Seine) avec Robert Aubrun (voir ce nom) en 1937, Jean Seinforin était membre de la rédaction de La Voix populaire, hebdomadaire communiste de Colombes, Courbevoie, La Garenne-Colombes.

Interné à Voves (Eure-et-Loir) pendant la Seconde Guerre mondiale, Jean Seinforin aurait, selon certains témoignages, signé une déclaration pour être libéré. Il aurait renoncé dès lors à toute activité politique.
Il quitta Colombes en 1975 pour Hendaye (Pyrénées-Atlantiques).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89501, notice SEINFORIN Jean-Baptiste, Lambert. Pseudonyme à l'ELI : VERNIOT par Jean-Claude Paul-Dejean, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 septembre 2010, dernière modification le 30 septembre 2010.

Par Jean-Claude Paul-Dejean, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 765 : autobiographies du 1er février 1932 et 16 mars 1934. — Arch. Dép. Landes, 5 M 182, 183. — L’Étincelle. — La Voix populaire, 1936-1937. — L’Humanité, 19 février, 19 et 26 mars 1934. — Notes de L. Bonnel.

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