LAMART Émile, Léon

Par Jean Maitron, Claude Pennetier, Frédéric Stévenot

Né le 1er mars 1885 à Paris (XIe arr.), mort le 3 mai 1966 à Guise (Aisne) ; mécanicien-ajusteur, agent d’assurances ouvrières à Guise ; socialiste unifié (SFIO) ; militant communiste de l’Aisne ; maire de Guise (1935 à 1940, et 1945).

Fils de Désiré Honoré Hippolyte Lamart, mécanicien âgé de trente ans, et de son épouse Aglaé Ernestine Lecrux, Émile Lamart naquit au domicile de ses parents, au 42 rue de l’Orillon. Il se maria à Guise, le 10 avril 1909, avec Lucie Eugénie Lecrux.

Au moment de son recensement militaire, Émile Lamart était mécanicien-ajusteur ; il vivait chez ses parents dans le XXe arrondissement, au 68 rue des Maraîchers. Soutien de famille, il fut incorporé au 17e régiment d’artillerie de La Fère (Aisne) le 7 octobre 1906, où il arriva le lendemain. Il fut renvoyé dans ses foyers le 15 septembre 1908, avec un certificat de bonne conduite.
Il déménagea dans l’Aisne en 1909 : il déclara résider à Guise le 4 mai. Le 21 octobre suivant, il s’établit dans la commune voisine de Lesquielles-Saint-Germain, avant de revenir à Guise le 4 mars 1911. Le 12 décembre 1912, il déclara habiter au 53 rue Chantraine.

Émile Lamart devint conseiller municipal lors des élections du 5 mai 1912. Il s’était présenté sur la liste des socialistes unifiés menée par Haguenin, maire sortant, qui faisait face à la liste d’Union administrative. Émile Lamart, « mécanicien, unifié », était en dix-septième position (1128 voix), mais la liste passa en totalité au premier tour, la majorité nécessaire étant de 870 suffrages

Émile Lamart fut rappelé le 1er août 1914, et parvint dans son unité le 3. Le 6 octobre suivant, il passa à la 8e section de munitions. Rentré au dépôt le 21 septembre 1915, il fut détaché le même jour à l’usine Blumstein (?) à Suresnes. Il y resta jusqu’à son affectation au 1er régiment de cuirassiers, le 1er juillet 1917. Il fut enfin démobilisé le 1er avril 1919, et dégagé de toute obligation militaire le 15 octobre 1934. Il se retira alors à Paris, au 2 rue Saint-Bernard. Il revint à Guise l’année suivante : le 27 décembre, il vivait au 50 rue Camille-Desmoulins.

Émile Lamart militait au Parti communiste et était, en 1927, trésorier adjoint de l’ARAC. Le 1er mars 1927, les rayons d’Hirson et de Guise fusionnèrent ; la direction et la trésorerie furent centralisées chez lui.
Il fut candidat aux élections municipales de 1925, sur la liste du Bloc ouvrier et paysan (BOP). Au premier tour, le 3 mai, elle avait obtenu 658 suffrages en moyenne, contre 832 pour la « liste fasciste d’union administrative » et 248 pour le bloc des gauches ; aucune n’avait été en mesure de l’emporter. Les candidats ouvriers et paysan avaient obtenu :

  • Panchout Armand, employé révoqué, communiste, 664 voix ;
  • citoyenne Patat, des Femmes communistes, 622 ;
  • Lamart Émile, agent d’assurances, communiste, 691 ;
  • Patat André, ouvrier d’usine, , communiste, 662 ;
  • Dépreux [en réalité : Depreux] Lucien, ouvrier d’usine, communiste, 658 ;
  • Poirette Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 653 ;
  • Meurant Albert, ouvrier d’usine, communiste, 675 ;
  • Carette Arthur, ouvrier d’usine, sans parti, 665 ;
  • Bourgeois Léon, ouvrier d’usine, communiste, 671 ;
  • Bray Alphonse, employé d’usine, sans parti, 670 ;
  • Bossu Marcel, ouvrier d’usine, communiste, 652 ;
  • Compère Léon, ouvrier d’usine, sans parti, 661 ;
  • Hermann Fernand, cheminot, communiste, 658 ;
  • Roussel Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 654 ;
  • Paquet Émile, ouvrier d’usine, communiste, 657 ;
  • Noé Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 650 ;
  • Lebeau Émile, ouvrier d’usine, communiste, 650 ;
  • Régnier Maurice, ouvrier d’usine, sans parti, 653 ;
  • Patte Émile, ouvrier d’usine, communiste, 660 ;
  • Dupont Camille, ouvrier d’usine, sans parti, 652 ;
  • Baclet Clément, ouvrier d’usine, communiste, 656 ;
  • Florentin Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 653 ;
  • Pirot Marcel, menuisier, communiste, 657.

Au second tour, le 10 mai 1925, la liste obtint une moyenne de 746 voix :

  • Panchout Armand, employé révoqué, communiste, 755 voix ;
  • citoyenne Patat, des Femmes communistes, 690 ;
  • Lamart Émile, agent d’assurances, communiste, 821 ;
  • Patat André, ouvrier d’usine, , communiste, 753 ;
  • Dépreux [en réalité : Depreux] Lucien, ouvrier d’usine, communiste, 754 ;
  • Poirette Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 732 ;
  • Meurant Albert, ouvrier d’usine, communiste, 766 ;
  • Carette Arthur, ouvrier d’usine, sans parti, 756 ;
  • Bourgeois Léon, ouvrier d’usine, communiste, 762 ;
  • Bray Alphonse, employé d’usine, sans parti, 761 ;
  • Bossu Marcel, ouvrier d’usine, communiste, 737 ;
  • Compère Léon, ouvrier d’usine, sans parti, 754 ;
  • Hermann Fernand, cheminot, communiste, 743 ;
  • Roussel Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 735 ;
  • Paquet Émile, ouvrier d’usine, communiste, 751 ;
  • Noé Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 736 ;
  • Lebeau Émile, ouvrier d’usine, communiste, 728 ;
  • Régnier Maurice, ouvrier d’usine, sans parti, 735 ;
  • Patte Émile, ouvrier d’usine, communiste, 746 ;
  • Dupont Camille, ouvrier d’usine, sans parti, 734 ;
  • Baclet Clément, ouvrier d’usine, communiste, 734 ;
  • Florentin Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 741 ;
  • Pirot Marcel, menuisier, communiste, 740.

Cependant, le maintien de la liste du bloc des gauches empêcha les communistes d’avoir des élus. Il leur fallut attendre 1929 pour remporter les élections. De fait, en mai 1929, il devint maire communiste de sa commune, la première du département à être dirigé par une majorité communiste.
Un rapport préfectoral du 30 mai 1929 estime qu’Émile Lamart était « très intelligent », avait « une certaine culture syndicaliste », était un « communiste non moscoutaire, bien considéré ». Réélu en mai 1935, il donna les noms de Ferrer, Jean Jaurès, Lénine à des voies publiques de Guise.

Il se désolidarisa du Parti communiste en septembre 1939, après la signature du Pacte germano-soviétique. Les activités clandestines d’Émile Lamart furent homologuées (SHD Vincennes GR 16 P 333091), mais on ignore à quel titre ; il ne semble pas avoir obtenu la médaille de la Résistance.
Il fut arrêté en 1941. Interné au camp de Royalieu, à Compiègne (Oise), il ne revint dans sa commune que « quelques mois avant la Libération ». Réinvesti dans ses fonctions de maire, il conserva ce mandat jusqu’aux élections de mai 1945. Georges Pettgen lui succéda alors.
Émile Lamart ne semble pas avoir poursuivi d’activités militantes après 1945.

Marié le 10 avril 1909 à Guise, Lamart y mourut le 3 mai 1966. La municipalité s’associa à ses obsèques. ; elle attribua son nom à une rue de la ville.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89596, notice LAMART Émile, Léon par Jean Maitron, Claude Pennetier, Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 6 octobre 2010, dernière modification le 4 avril 2021.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier, Frédéric Stévenot

SOURCES : Arch. Nat. F7/12970, rapports du 6 mars 1927 et du 30 mai 1929, F7/13108, F7/13120. — Arch. Dép. Aisne, 4296/10 et 11414. — Arch. de Paris, reg. matr. du 1er bureau de la Seine, D4R1 1299, matr. 3793. — Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 8 mai 1912, p. 2. La Voix paysanne, 2 mai 1925, p. 4 ; 9 mai 1925, p. 4 ; 16 mai 1925, p. 4. — Renseignements communiqués par la mairie de Guise, décembre 1983. — État civil de Paris (XIe arr.), V4E 6496, acte n° 1071.

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