LANTOS André

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, Claude Pennetier

Né le 20 octobre 1904 à Nagyboreonjo (Hongrie), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier typographe ; militant communiste ; résistant du Front national de libération (FN).

André Lantos
André Lantos

Fils de David et de Esther, née Moskovitcz, André Lantos vint en France le 23 septembre 1933, il demeura avec son frère Ladislas 8 boulevard de Strasbourg à Paris (Xe arr.).
Tous les deux ouvrirent un atelier de travaux d’imprimerie au 86 rue du Faubourg-Saint-Denis (Xe arr.), Lantos frères et Masson.
En 1937, il vivait avec son amie Marie-Thérèse Amirault, 44 rue Jean-Goujon (VIIIe arr.) dont il eut deux enfants. Il était le frère aîné de Ladislas Lantos, avec qui il partagea son militantisme et sa fin tragique.
Tous les deux militaient au Parti communiste. Ils éditaient au 88 rue de la Villette, où ils travaillaient par intermittence, plusieurs publications : Szabad Szo (Libre Parole), hebdomadaire en langue hongroise édité par l’Union des syndicats CGT de la Seine, Uzenet (Message) et Balkans Demokrate. Le 5 septembre et le 1er octobre 1939, un commissaire de police notifiait aux frères Lantos l’interdiction de publication des titres.
Pendant la guerre, André Lantos demeura 50 bis rue de Crimée dans le XIXe arrondissement. L’atelier était au 88 rue de la Villette. Mis en cause par un militant arrêté, André Lantos fut interpellé au 44 rue Jean-Goujon le 26 février 1942 vers 11 h 30 par des policiers de la BS1 dans le cadre de l’affaire Tintelin. Des clichés zinc de l’Humanité et de La Terre furent saisis dans l’atelier.
Il fut interrogé dans les locaux des Brigades spéciales, puis emprisonné au Dépôt. Remis aux Allemands, incarcéré au fort de Romainville le 10 août, il était fusillé comme otage (en représailles à l’attentat du stade Jean-Bouin et de divers attentats qui provoquèrent trente et un morts allemands dans le même mois) le 11 août 1942 en même temps que son frère Ladislas.
Sur son acte de décès figure la mention « Mort pour la France », décision du ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre en date du 3 février 1949.
Thérèse Lantos, belle-sœur d’André Lantos, témoigna le 21 mars 1945 devant la commission d’épuration de la police. Elle confirma la date de l’arrestation d’André Lantos, puis ajouta : « Mon beau-frère a été battu, [il] avait la figure tuméfiée. »
Il fut homologué résistant du FN.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89665, notice LANTOS André par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2010, dernière modification le 16 novembre 2020.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, Claude Pennetier

André Lantos
André Lantos

SOURCES : Arch. PPo., BA 2298, KB 21, KB 32, KB 83. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit., p. 116. – Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil (XIXe arr.). — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 337180 (nc).

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 157

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