GRELLAT Roger, Armand

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Né le 6 avril 1914 à Aix-en-Othe (Aube), fusillé après condamnation le 5 septembre 1942 au stand de tir de Balard à Paris (XVe arr.) ; ajusteur ; militant communiste ; résistant.

Roger Grellat était le fils de Jean, cultivateur, et d’Armande. Son père, adjudant-chef au 1er bataillon de chasseurs à pied, fut tué au combat le 18 juin 1916. Roger Grellat fut adopté par la Nation le 10 juillet 1918 ; il alla à l’école primaire, obtint le CEP. De la classe 1934, il s’engagea en 1932 dans la marine, devint quartier-maître mécanicien. Il se maria à Fleury-en-Bière en août 1936 avec Yvonne Lafleurière ; un enfant naquit en 1938. Le couple demeurait 53 rue Dajot à Melun (Seine-et-Marne). Roger Grellat adhéra au Parti communiste en 1936. Mobilisé le 28 août 1939, fait prisonnier le 20 juin 1940 à Cherbourg (Manche), il fut libéré.
En 1941, il fit partie d’un groupe de résistants qui diffusait la propagande clandestine dans le secteur de Melun. Arrêté le 19 avril, le responsable dénonça le groupe. Roger Grellat, recherché par la gendarmerie de Melun, alla à Paris, habita en hôtel 17 rue du Pont à Neuilly-sur-Seine, et fit partie de la région Paris-Nord. Fernand Maillard, le responsable, fut interpellé le 23 juillet 1942 avec trente-quatre militants, dont Roger Grellat. Ce dernier se rendit compte qu’il était suivi par des policiers dans la rue Octave-Mirbeau (XVIIe arr.), il tenta de leur échapper, enfourcha une bicyclette... mais fut immédiatement maîtrisé par des policiers de la BS1. Il portait une carte d’identité au nom de Guy.
Lors de la perquisition de la chambre de Roger Grellat, les inspecteurs saisirent des documents manuscrits relatifs à son activité, notamment un plan graphique de la région parisienne avec les secteurs, des tableaux récapitulatifs des actions menées sur la région, les pseudonymes des militants qui devaient suivre des cours politiques, un lot de questionnaires biographiques et des tracts et brochures édités par le Parti communiste.
Il fut interrogé au sujet d’un pistolet automatique calibre 6,35 mm, de son chargeur garni de sept cartouches et d’une matraque par le commissaire Fernand David de la BS1, et déclara qu’un nommé « Hector » lui avait indiqué une carrière près de Melun (Seine-et-Marne) où il avait trouvé l’arme dans une cachette. « Je n’avais pas l’intention réellement de m’en servir, c’est d’ailleurs pourquoi je ne l’emportais pas dans mes déplacements, la laissant à mon domicile. » Quant à la matraque, il l’avait confectionnée avec un câble d’acier et une masse de plomb fixée à son extrémité. Il fut inculpé d’infraction à l’ordonnance militaire allemande du 20 juin 1940 sur la détention d’armes.
Il comparut le 29 août 1942 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), et fut condamné à mort pour « aide à l’ennemi et détention d’armes ». Roger Grellat fut passé par les armes le 5 septembre 1942 à 12 h 32 au stand de tir de Balard.
Arrêtés avec lui, jugés, deux de ses compagnons envoyés en déportation y moururent : Georges Marie, né le 20 décembre 1901 à Lille, mort à Bergen-Belsen, et Georges Charleux, né le 18 novembre 1903 au Creusot, mort à Sachsenhausen le 8 mai 1943.
Le nom de Roger Grellat figure sur le monument aux morts de Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne).
Son nom est gravé sur la plaque du ministère de la Défense à Paris XVème

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89699, notice GRELLAT Roger, Armand par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, version mise en ligne le 12 octobre 2010, dernière modification le 23 avril 2020.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2297. – DAVCC, Caen, Boîte 5/B VIII 3, Liste S 1744-486/42 (Notes Thomas Pouty). – Mémorial GenWeb.

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