ADAM Marie [née PÉRON Marie, Juliette]

Par Jean-Luc Labbé

Née le 30 juillet 1871 à Châteauroux, morte le 4 juin 1949 à Châteauroux ; cigarière à la manufacture des tabacs de Châteauroux, présidente de la mutuelle de la manufacture, présidente de la coopérative de consommation La Laborieuse, membre du syndicat à partir des années 1890 et présidente du Syndicat CGT des ouvriers et ouvrières de la manufacture des tabacs à partir de 1914.

Fille d’un journalier, Marie Adam, née Péron, entra comme ouvrière cigarière à la manufacture des tabacs de Châteauroux vers 1895. Le 9 juin 1897, elle se maria avec André Adam. Si cette manufacture employait plus de 90% de femmes, le syndicat (crée en 1890) sera longtemps dirigé par des hommes et cela même si les femmes constituaient la très grande majorité des syndiqué-e-s. C’est dans ce contexte que Marie Adam devient présidente de la Mutuelle des ouvriers et des ouvrières, mutuelle cogérée avec l’entreprise d’Etat et qui disposait d’un budget important (caisse de retraite et de maladie de 1600 salariè-e-s). En 1903, elle fut chargée par La Bourse du travail de Châteauroux (créée deux ans plus tôt) d’animer une campagne syndicale pour la création d’une association coopérative de consommation (La Laborieuse) dont elle devint présidente. Le 5 septembre 1911, elle s’imposa comme une dirigeante syndicale de premier plan en prenant la parole à un meeting de la CGT contre la vie chère et quatre jours plus tard prit la tête d’une manifestation sur les marchés de la ville ; manifestation mouvementée au cours de laquelle des heurts opposèrent des manifestants aux commerçants. Suite à ces incidents, les commerçants décidèrent de quitter le marché aux volailles de Châteauroux pour se « délocaliser » à Luant, à une quinzaine de Kilomètres. A la suite du déclenchement de la première guerre mondiale et de la mobilisation des hommes, le syndicat CGT de la manufacture se réorganisa. Marie Adam fut élue présidente de la plus importante organisation syndicale du département qui ne dénombrait alors que 70 hommes sur 1060 syndiqué-e-s. Ce n’était pas la première fois qu’une femme présidait le syndicat : en 1907, mais pour cette seule année, Marie Bidron avait ouvert la voie à l’occasion d’une crise interne. Elue présidente en 1914, Marie Adam-Péron dirigera le syndicat jusqu’en 1926, date à laquelle elle fit valoir ses droits à la retraite.
Son père, Péron Henri, était né en août 1834 à Châteauroux. Journalier et tisserand en drap, il s’était marié avec Marie Philomène Borgeais, née à Châteauroux en 1836.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89745, notice ADAM Marie [née PÉRON Marie, Juliette] par Jean-Luc Labbé, version mise en ligne le 17 octobre 2010, dernière modification le 22 février 2017.

Par Jean-Luc Labbé

SOURCES : Arch. Dép. Indre, Arch. de l’UD CGT Indre. — Notes de Georges Thomas.

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