AMICHOT Adrien

Par Claude Pennetier

Né le 18 juillet 1879 à Bourges (Cher), mort le 1er août 1967 à Bourges ; ouvrier maçon à Bourges ; secrétaire de l’Union départementale CGT du Cher.

Adrien Amichot était en 1911, un membre actif du syndicat du Bâtiment de Bourges et des Jeunesses syndicalistes. Il approuva pendant deux ans la tendance syndicaliste révolutionnaire de ces deux organisations mais un rapport de police le présentait déjà comme « moins avancé » et « plus prudent » que ses amis. En 1912, les Bourses du Travail du Cher et la Fédération socialiste organisèrent une campagne contre la guerre, Amichot y participa en signant des articles dans le Bulletin de la Bourse du Travail et en prenant la parole à Nérondes le 15 décembre 1912. Cette activité entraîna son inscription sur le fichier des antimilitaristes du Cher mais son nom ne fut pas retenu pour le Carnet B. Amichot occupa, vers 1912, le secrétariat du sous-comité de grève générale de la Bourse du Travail. À l’issue du congrès constitutif de l’Union départementale CGT, le 25 décembre 1912, il fut élu trésorier adjoint. Au début de l’année 1913, il devint secrétaire du syndicat du Bâtiment de Bourges.

Mobilisé en 1914 au 290e d’Infanterie, Amichot fut blessé grièvement au bras en février 1915. Réformé, il reprit son travail et ses activités syndicales mais « depuis la mobilisation, son attitude s’est complètement modifiée » notait le commissaire spécial des Établissements militaires. Il retrouva le syndicat du Bâtiment dominé par les anarcho-syndicalistes, pour la plupart ouvriers mobilisés détachés aux EM de Bourges. Favorable à l’Union sacrée et à la majorité confédérale, Amichot se vit écarter de la commission administrative. En 1918, il s’affirma comme « adversaire énergique du mouvement de mai » et profita de l’échec de la grève, de la répression, de la désorganisation qui suivit pour entrer dans le bureau. Il devint secrétaire de la section industrie privée de son syndicat. Amichot fut délégué au congrès confédéral national de juillet 1918 à Paris, où il appuya la politique majoritaire. De 1917 à 1919, il occupa la fonction de délégué régional de la Fédération du Bâtiment.

Au lendemain de la guerre, il était un des principaux défenseurs de la majorité confédérale au sein de l’UD-CGT, il signa l’ordre du jour majoritaire au congrès départemental de janvier 1921. En 1922, Amichot refusa de suivre l’UD à la CGTU et participa à la création de l’UD-CGT dont il assura le secrétariat de 1930 à 1935. Sa personnalité était loin de faire l’unanimité et il devait faire face à l’hostilité du secrétaire du syndicat des instituteurs Beuzelin, qui jugeait sa politique trop timorée. Début 1935, le SNI lui opposa avec succès la candidature de l’instituteur Pichon qui devint le 8 décembre 1935, secrétaire de l’UD réunifiée. Amichot dut se contenter du secrétariat adjoint. Gérant du Travail de mars 1937 à octobre 1938, Amichot abandonna toute responsabilité début 1939.

De 1936 à 1940, Adrien Amichot siégea au Conseil national économique, en assemblée générale, comme représentant la 19e région économique parmi les délégués des associations de travailleurs.

Il mourut le 1er août 1967 à Bourges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89758, notice AMICHOT Adrien par Claude Pennetier, version mise en ligne le 17 octobre 2010, dernière modification le 27 septembre 2022.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Cher, 25 M 46, 25 M 48, 25 M 99. — L’Émancipateur. — La Défense. — Le Travailleur syndiqué. — Le Travail. — Annie et Claude Pennetier, Biographies des militants communistes du Cher 1921-1936, 1971, multigraphié. — Note d’A. Caudron.

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