JOUBLOT André, Lucien

Par Gilles Morin, Justinien Raymond

Né le 6 octobre 1902 à Suresnes (Seine), mort le 25 novembre 1987 à La Loupe (Eure-et-Loir), ; professeur, secrétaire commercial ; militant socialiste de Paris, conseiller municipal du IXe arrondissement et conseiller général de la Seine (1945-1947, 1953-1959) ; membre de la CAP de la SFIO (1937-1940), puis du PSA (1959-1960), enfin du Comité politique national du PSU (1960-1961).

Fils d’un comptable, André Joublot était petit-fils, par son père, d’un paysan, et par sa mère d’un cheminot. À la mort de son père, pendant la guerre, pupille de la Nation (pas de mention d’adoption par la Nation sur le registre d’état civil), il interrompit ses études pour soulager sa mère et devint employé de banque à Paris où il avait fixé son domicile, 2 rue Gazotte.

Attiré de bonne heure par le socialisme, il adhéra aux Jeunesses socialistes SFIO dès décembre 1923 et en fut longtemps le secrétaire de l’entente de la Seine (il l’était encore en 1928). Cadre parisien de la tendance « Bataille socialiste » (BS), il fut aussi membre de la commission exécutive de la Fédération de la Seine (trésorier-adjoint en 1934). A ce titre, il participa à la rencontre des responsables socialistes et communistes des fédérations de la Seine et de la Seine-et-Oise après le 6 février 1934. Il appartenait par ailleurs au conseil d’administration du journal Le Populaire (suppléant 1933-1934, titulaire 1935-1936).

André Joublot fut à deux reprises candidat aux élections législatives dans la 5e circonscription de Versailles (Seine-et-Oise). En 1932, avec 2 624 voix sur 22 455 inscrits, il se classa dernier des quatre candidats, après Henry-Haye, député sortant, modéré, élu au premier tour, 9 893 voix, Foucassa, communiste, 3 444 et Desmazures, radical-socialiste, 3 059. En 1936, il obtint 3 554 voix sur 25 825 inscrits, derrière Jean Duclos, communiste, 7 353, Denis, modéré, 6 725, devant Lemaire, radical, 2 828 et Mettetal, modéré, 1 590. Joublot se désista pour Jean Duclos qui fut élu.

Il représenta deux fois la tendance « Bataille socialiste » dans l’instance suprême du parti, à la Commission administrative permanente de la SFIO, en 1937 et 1938, comme suppléant (élu de la motion Blum). Il défendit encore la motion BS, opposée à celles de la « socialiste » et à celle de la Gauche révolutionnaire au congrès fédéral extraordinaire de la Seine du 23 janvier 1938 et fut le mois suivant, après la dissolution de la fédération de la Seine dirigée par les pivertistes, désigné secrétaire fédéral à la propagande et adjoint à la trésorerie de la Seine. Il appartenait encore à la direction du parti au début de la guerre et, mobilisé, fut noté absent à la réunion de la CAP du 8 juin 1940.

On ignore son action durant l’Occupation, mais après la Libération, André Joublot était chef de service au Populaire. Nommé membre de l’Assemblée municipale provisoire pour le XVIIIe arr., le 23 mars 1945, il fut ensuite élu dans le quatrième secteur en avril-mai suivant, puis fut par ailleurs conseiller général de la Seine d’avril 1945 à octobre 1947, réélu en 1953, jusqu’en 1959.

Il resta actif dans la direction de la fédération socialiste de la Seine. Il se situait encore dans le courant de gauche, soutenant le courant Mollet en 1946, tout en se revendiquant de la BS. L’année suivante, il fit partie des signataires de l’appel de la tendance qui dénonçait l’évolution du parti (en juillet 1947), mais contrairement aux responsables de la tendance qui furent exclus, avec Kastenbaum et l’ancien trotskiste Gérard Rosenthal, il demeura à la SFIO. Il appartenait à la commission exécutive fédérale en 1949-1951, mais ne fut pas réélu à cette date. Il fut encore candidat SFIO aux élections législatives de 1956.

La guerre d’Algérie devait conduire Joublot à la rupture avec son parti. Opposé à la politique de Guy Mollet et Robert Lacoste, il fut un des fondateurs puis un correspondant actif du Comité d’études et d’action pour la paix en Algérie, créé en janvier 1957 par les minoritaires les plus activistes. Opposé au retour au pouvoir du général de Gaulle, à la réunion minoritaire de la minorité tenue salle de la Mutualité en juin 1958, il était l’un des orateurs qui exigeaient la démission de Mollet de sa fonction et l’exclusion de Lacoste. Au congrès d’Issy-les-Moulineaux, en septembre 1958, il se montra très offensif, mais fut violement pris à partie par Mollet, ainsi que Jean Rous* qui l’avait précédé. Aussi fut-il du noyau de militants qui à l’issue du congrès firent scission pour fonder le Parti socialiste SFIO autonome et il siégea à la CAP du PSA de septembre 1958 à avril 1960. Il fut candidat PSA-UFD aux élections législatives de 1958 dans le XIXe arrondissement), puis fut tête de liste UFD (PSA et UGS) pour les élections municipales de 1959 pour les XIXe et XXe arrondissements de Paris.

André Joublot participa avec ses camarades du PSA et les militants de l’UGS et de Tribune du Communisme à la création du PSU en avril 1960 et il appartint au premier comité politique national de l’organisation en 1960. Co-signataire d’un amendement sur la laïcité pour le congrès PSU de 1961, il ne fut pas reconduit. Mais, contrairement à beaucoup de ses camarades les plus laïques de l’ancien PSA qui se retirèrent rapidement de l’organisation, il y demeura au moins jusqu’en 1967. Il fut de nouveau candidat aux élections législatives pour le PSU dans son arrondissement, lors de l’élection législative partielle des 4-11 juin 1961 (avec 1 187 voix, soit 5,3 % de exprimés, il dépassait le candidat SFIO), puis pour les élections générales de 1962. Enfin, on le retrouva comme membre de la commission nationale des conflits en 1967.

Marié le 15 novembre 1928 à Paris (XVIIIe arr.), il divorça le 5 décembre 1945 et se remaria à Montfermeil (Seine-et-Oise) le 31 octobre 1946 avec Simone Gouet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89784, notice JOUBLOT André, Lucien par Gilles Morin, Justinien Raymond , version mise en ligne le 19 octobre 2010, dernière modification le 16 juin 2021.

Par Gilles Morin, Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3226, F/1cII/564 et 569, fonds A. Seurat. — Archives de Paris, 10451/73/1, article 318. — Arch. Dép. Seine-et-Oise, 2 M 30-38. — Archives de l’OURS, fonds C. Fuzier. — La Vie socialiste, 14 mai 1932. — Comptes rendus des congrès du Parti socialiste. — Le Populaire, 5 octobre 1928, 24 septembre 1934. — Les élections législatives de 1958 et 1962, La documentation française. — Courrier du PSU, janvier 1961. — Tribune Socialiste du 11 janvier 1968. — Marc Heurgon, Histoire du PSU, Paris, édition de la Découverte, 1994, t. 1, 444 p.

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