THIERRY Gabriel, Jean, Hubert dit Mismer

Par René Lemarquis et Gilles Morin

Né le 12 août 1896 à Chaumont (Haute-Marne), mort le 7 août 1972 à Troyes (Aube) ; cheminot, sous-inspecteur ; secrétaire de la Fédération socialiste de la Marne ; fait compagnon de la Libération le 20 janvier 1946.

Aîné de quatre enfants dont le père était ajusteur au dépôt de Chaumont (Haute-Marne) de la Compagnie de l’Est, Gabriel Thierry, bien qu’admissible à l’école Loritz de Nancy, résolut de travailler chez un notaire en raison de difficultés matérielles. Il entra ensuite à la Compagnie de l’Est où, grâce à des études personnelles, il devint sous-inspecteur. Mobilisé en 1915 dans l’infanterie et blessé, il termina la guerre comme lieutenant avec la croix de guerre et la Légion d’honneur. Il adhéra en 1923 au Parti socialiste et devint membre du secrétariat fédéral à Châlons-sur-Marne (Marne) puis secrétaire de 1931 jusqu’à son départ dans l’Aube en 1935 ou 1936. Il fut candidat socialiste SFIO au conseil d’arrondissement en octobre 1934 dans le canton de Châlons-sur-Marne.
Dénoncé comme suspect en 1940 à cause de ses opinions, cassé de son affectation spéciale de sous-inspecteur, il fut mobilisé comme soldat de 2e classe au 46e régiment d’infanterie. Dès juin 1940, Gabriel Thierry refusa la défaite. D’abord isolé, évincé de la direction de la CGT par les communistes, il prit ensuite une part active à la Résistance dans le réseau Libération-Nord sous le pseudonyme de Marcel Mismer, le nom de jeune fille de sa mère, et fut responsable des opérations de sabotage ferroviaire pour le Nord de la France. Il organisa dans la nuit du 3 au 4 juillet 1943 le célèbre sabotage des machines du dépôt de Troyes-Preize. Menacé d’arrestation le 3 août, il échappa à la Gestapo. Il organisa de nombreuses destructions ferroviaires dans toute la France. Activement recherché, il prit comme second Bob Vernier qui devait être fusillé à Créney-près-Troyes. Il revint dans l’Aube le 25 mai 1944 pour y travailler à la destruction des voies ferrées puis fut désigné à l’unanimité comme président du comité départemental de Libération de l’Aube ; il était le délégué du mouvement Libération pour la région Champagne.
Gabriel Thierry fonda (le 13 octobre 1944) et dirigea, pendant de nombreuses années, le quotidien troyen Libération-Champagne. Il fut maire socialiste de Sainte-Savine de 1944 à 1971, dans une circonscription traditionnellement modérée, n’hésitant pas à faire alliance avec les communistes, dès le premier tour lors du scrutin de 1959. Membre de la commission exécutive en 1958, il défendit alors les positions minoritaires dans la fédération. Élu conseiller général du deuxième canton de Troyes en 1945, il exerça la présidence du conseil général. Il ne se représenta pas en 1951 en signe de protestation contre les listes uniques socialistes-communistes, mais fut réélu en 1964 et en 1970. Candidat au Conseil de la République en 1946, il se présenta également aux législatives en 1945 et en 1967, comme suppléant en 1962. Il fut membre du comité exécutif de la Fédération de la gauche démocratique et socialiste (FGDS) de l’Aube en 1966, au titre de la SFIO.
Il s’était marié en août 1919 avec Andrée Noé à Chateau-Thierry (Aisne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article8981, notice THIERRY Gabriel, Jean, Hubert dit Mismer par René Lemarquis et Gilles Morin, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 28 novembre 2011.

Par René Lemarquis et Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat. F/1a/3214, 3229, 3240, 3356 ; F/1b1/998 ; F/1cII/275. — Arch. de l’OURS, dossiers correspondance et élections de l’Aube. — Arch. de la FGDS, 2/APO/2. — La Vie socialiste, 10 décembre 1932. — Libération-Champagne, 13 octobre 1944-17 septembre 1945, août 1972. — Le Monde, 10 août 1972. — Les élections législatives 1962, 1967, La documentation française. — M. Roche, « L’aube », in P. Buton et J.-M. Guyon, Les pouvoirs en France à la Libération, Paris, Belin, 1994. — Alya Aglan, Le Mouvement Libération-Nord (1940-1947). Un engagement politique dans la Résistance, Thèse de doctorat, IEP de Paris, 1998, p. 199. — État civil.

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