JOUVHOMME Marcel

Par Jacques Girault

Né le 18 juin 1939 au Puy (Haute-Loire), mort le 30 août 1999 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; instituteur dans l’Aisne ; militant syndicaliste du SNI puis du SGEN ; militant écologique ; maire d’Épagny.

Marcel Jouvhomme  à droite un tract à la main
Marcel Jouvhomme à droite un tract à la main
lors de l’occupation de l’Inspection académique de Laon le 30 janvier 1987 contre le projet Monory.

Marcel Jouvhomme était le fils d’un couple d’instituteurs, Marie Pagès et René Jouvhomme. Son père, militant syndicaliste, communiste, resta en captivité en Allemagne durant toute la guerre et ne fut libéré qu’en mai 1945.
Marcel Jouvhomme effectua sa scolarité dans la classe de son père jusqu’au niveau de la 5e à l’école Lubilhac, avec des compléments de cours par correspondance. Puis il fut demi-pensionnaire à partir en 1952 en classe de 4e au collège Lafayette à Brioude, où il obtint le baccalauréat « mathématiques élémentaires » en 1958. Il effectua une année en classe préparatoire au concours des ENSI (Ecoles nationales supérieures d’ingénieurs) au lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand.

Marcel Jouvhomme se maria en décembre 1959 à Clermont-Ferrand avec une institutrice, Christiane Flotte, née le 28 décembre 1938 à Vieille-Brioude (Haute-Loire), qu’il connaissait depuis sa scolarité au collège de Brioude. Fille d’un agriculteur, pensionné de la guerre 1914-1918, militant socialiste, et d’une agricultrice commerçante, engagés dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Le couple eut trois enfants.

Marcel Jouvhomme et son épouse devinrent instituteurs suppléants en 1960 à Besmont dans l’Aisne, département déficitaire. Il devint secrétaire de mairie de la commune. Après la fermeture d’une classe en 1962, ils furent mutés et titularisés à Montaigu. Il effectua alors son service militaire dans un régiment d’infanterie à Sissonne (1963-1964), qu’il termina comme caporal-chef, breveté en infanterie mécanique. Il reprit son enseignement à Montaigu de janvier à l’été 1965.

Les époux Jouvhomme se fixèrent à Epagny en 1965, commune comprenant une majorité de salariés agricoles et d’ouvriers d’usine. Il y anima notamment une association sportive et culturelle et fut un des précurseurs de l’initiation aux techniques informatiques. Ils employaient les techniques de l’Ecole moderne (Freinet) dans leurs classes (méthode de lecture, imprimerie, journal Le Ru d’Hozier, correspondance scolaire). Passionné de jardinage, partisan de l’agriculture biologique, en 1965, il adhéra à "Nature et Progrès" et en 1969 aux « Amis de la Terre ». Ils furent parmi les précurseurs dans le département du Planning familial avec l’aide de militants de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Education nationale.

Membre des Jeunesses communistes et du Parti communiste français qu’il quitta au lycée à fin des années 1950, Marcel Jouvhomme se consacra, avec son épouse, au militantisme syndical. Proche des milieux libertaires, pour la tendance « Ecole émancipée », il fut délégué cantonal du Syndicat national des instituteurs jusqu’en 1968. Son épouse lui succéda. Après les événements de 1968, grévistes actifs, ils adhérèrent au Syndicat général de l’Education nationale comme beaucoup de militants de leur courant de pensée. Ils participèrent alors à diverses actions contre les projets Beullac (1981), la création des maîtres-directeurs (1987), la grève de l’inspection, manifestations antinucléaires, etc…

Marcel Jouvhomme fut élu en 1971 conseiller municipal puis maire d’Épagny dans le canton de Vic-sur-Aisne, sur une « liste ouvrière » comprenant toutes les sensibilités de gauche. Dans cette commune d’environ 250 habitants, jusqu’alors administrée par de gros propriétaires terriens, il accorda une grande place dans son action à la défense de l’environnement (action contre la pollution du Ru d’Hozier notamment), au développement de la démocratie locale, à l’information par la création d’un bulletin municipal. Réélue en 1977, la liste sortante fut battue en 1983. En 1976, Christiane Jouvhomme, déléguée des parents d’élèves au collège d’enseignement secondaire de Vic-sur-Aisne, commença une action contre le danger de l’amiante pour les élèves et les personnels. Elle obtint de larges soutiens et des travaux furent engagés.

Marcel Jouvhomme et son épouse, nommée institutrice à l’école primaire Jean Pradier à Brioude en mai 1988, s’installèrent à Vieille-Brioude en 1988. Il devint éducateur principal à l’Etablissement régional d’enseignement adapté de Brioude jusqu’à sa retraite en 1994. Le couple s’installa alors, dans la ferme de la famille de Christiane Jouvhomme, au Monteil, hameau de Vieille-Brioude. Lors des élections municipales de Vieille-Brioude en 1995, candidat sur une « liste pour une gestion citoyenne et écologiste », il créa et présida une association « Vibradois Environnement » qui intervint sur les questions de défense écologique. Avec d’autres associations, les époux Jouvhomme, militants du Planning familial, furent des animateurs du Comité pour le maintien de la maternité à Brioude en 1998.

Marcel Jouvhomme mourut au centre Jean Perrin à Clermont-Ferrand. Ses obsèques civiles se déroulèrent à Vieille-Brioude, le 2 septembre, avant son incinération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89816, notice JOUVHOMME Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2010, dernière modification le 12 juin 2021.

Par Jacques Girault

Marcel Jouvhomme à droite un tract à la main
Marcel Jouvhomme à droite un tract à la main
lors de l’occupation de l’Inspection académique de Laon le 30 janvier 1987 contre le projet Monory.
Marcel Jouvhomme à droite tenant la banderole
Marcel Jouvhomme à droite tenant la banderole
dans une manifestation des « instits en colère » contre le projet Monory à Laon le 4 février 1987 .
Christiane Jouvhomme à droite portant une pancarte à l’effigie du ministre.
Christiane Jouvhomme à droite dans le couloir.

SOURCES : Presse syndicale et presse locale. — Renseignements fournis par Christiane Jouvhomme.

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