TOURNOIS Yvon

Par Pierre Vincent

Né le 29 octobre 1929 à Limoges (Haute-Vienne) ; cheminot, agent Mouvement-Exploitation ; secrétaire du secteur fédéral CGT de Limoges (1962-1977).

La mère d’Yvon Tournois tenait un bar, puis un hôtel près de la gare de Limoges (Haute-Vienne) et son père était cheminot et syndiqué à la CGT ; celui-ci fut amputé d’une jambe en novembre 1940 après un accident. Très tôt influencé par son père, Yvon Tournois avait moins de dix ans lorsque celui-ci avait de vives discussions sur la Guerre d’Espagne avec un propriétaire qui, lui, était de tendance franquiste. Il passait ses vacances chez un oncle qui écoutait Radio Moscou et qui deviendra président du Comité local de Libération et maire de sa commune.
Après le brevet, Yvon Tournois fut reçu au concours d’élève Exploitation en 1945, puis nommé mineur facteur mixte en 1947. Déjà engagé au PCF, il avait réussi à faire donner le nom de Renaissance à sa promotion, nom qu’il avait repris d’un mot d’ordre figurant sur un volet de sa carte : « Renaissance, Démocratie, Unité. » Il passa son service militaire à Meknès (Maroc). Muté au 2e Bureau au Quartier général, son dossier personnel venu de France annula cette perspective en raison d’une condamnation, en 1949, pour avoir participé à des incidents lors d’une initiative du Mouvement de la Paix. À son retour à Limoges en 1951, il fut détaché au service Voie et Bâtiments en attente de la libération d’un poste puis il reprit ses activités à l’Exploitation, qui le conduisirent dans plusieurs résidences.
Yvon Tournois avait adhéré à la CGT en octobre 1945 et devint, de 1952 à 1956, secrétaire général du syndicat d’Eymoutiers (Haute-Vienne). Secrétaire de la Section technique Exploitation de Limoges en 1962, il devint, quelques mois plus tard, secrétaire du secteur fédéral CGT de Limoges ; il y restera jusqu’en 1977. Pendant cette période, il occupa des responsabilités au bureau de l’Union Sud-Ouest et il fut membre du conseil national de la Fédération. Il fut également délégué dans plusieurs structures de représentation au niveau local et régional.
Au plan politique, Yvon Tournois avait adhéré au Jeunesses communistes de France dès août 1944. L’année suivante, il avait rejoint le PCF, d’abord à Saint-Sébastien (Creuse) puis à Limoges. Il devint membre du comité fédéral puis du bureau fédéral de la Haute-Vienne de 1964 à 1971, s’occupant plus particulièrement des entreprises. Il fut à plusieurs reprises candidat aux élections municipales à Limoges, à Journiac (Haute-Vienne), avant de se faire élire à Mortemart (Haute-Vienne), dont il fut le maire de 1995 à 1998. Il s’éloigna du PCF et fut membre, en 1989, du collectif départemental de l’Alternative pour la démocratie et le socialisme (ADS) aux côtés de Marcel Rigout.
Yvon Tournois cessa ses activités le 31 octobre 1984 comme chef agent Mouvement. Après ses responsabilités dans le milieu cheminot, il devint président puis vice-président de la section Commerce du conseil des Prud’hommes de Limoges de 1979 à 1992.
Faisant le bilan de son action, il pourra se féliciter d’avoir maintenu l’outil ferroviaire dans sa région en s’appuyant sur une force syndicale souvent la première de France aux élections professionnelles. Au plan politique, il regrette d’avoir souscrit aux attaques contre le colonel Guingoin, chef départemental des FFI, en participant à son dénigrement.
Marié en 1955, Yvon Tournois est père d’une fille qui est professeur de collège.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9100, notice TOURNOIS Yvon par Pierre Vincent, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 7 juin 2015.

Par Pierre Vincent

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — Notes de Jean-Pierre Bonnet. — Renseignements communiqués par Yvon Tournois. — Notes de Michel Patinaud.

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