AUCOUTURIER Georges, André, Fernand

Par Julien Chuzeville

Né le 23 octobre 1898 à Brie-la-Rochefoucauld (Charente), mort le 2 novembre 1972 à Merry-sur-Yonne (Yonne) ; journaliste, dessinateur et correcteur ; membre du groupe Clarté ; militant du Parti communiste, rédacteur à L’Humanité sous le pseudonyme de Paul Raymond ; oppositionnel au sein du PC, puis communiste anti-stalinien au sein du cercle de Boris Souvarine.

Dessin de G. Aucouturier dans L’Humanité du 28 décembre 1922.

Adhérent parisien du Parti communiste, l’un des militants groupés autour de la revue Clarté, Georges Aucouturier était au début des années 1920 rédacteur de L’Humanité sous le pseudonyme de Paul Raymond (parfois orthographié « Paul Reymond »). En 1923, il écrivit sous le même pseudonyme des articles dans La Caserne, organe des Jeunesses communistes à destination des appelés, et dans L’Internationale, journal du soir du PC. Il publia à la même période des dessins dans Clarté et L’Humanité. Il écrivit également pour la rubrique sportive de L’Humanité et de L’Internationale  ; ce fut probablement lui qui signait « G.-F. A. » (pour Georges-Fernand Aucouturier). Le 16 août 1924, le Bureau politique du PC décidait qu’il ferait partie des rédacteurs licenciés du quotidien (son frère Gustave étant par contre affecté à la rubrique Vie internationale), certainement en raison de son soutien aux oppositionnels, notamment à Boris Souvarine.

Georges Aucouturier signa en août 1925, avec Jean Bernier, Victor Crastre, Marcel Fourrier, etc., la proclamation intitulée « La révolution d’abord et toujours ! », lancée à l’initiative des jeunes intellectuels de Clarté, de La Révolution surréaliste et du groupe Philosophies qui protestaient notamment contre la guerre du Maroc.
En février de la même année, Georges Aucouturier avait signé la « Lettre des 80 » de l’opposition communiste, initiée par Fernand Loriot, Amédée Dunois, etc. En octobre 1925, il signa la Lettre au Comité exécutif de l’Internationale communiste, dite « Lettre des 250 » (signature attribuée par erreur à J.-B. Aucouturier, rédacteur à l’Humanité). Réaffirmant cette prise de position, il appartint au comité de rédaction du Bulletin communiste dès la nouvelle parution de cet organe à l’initiative de Boris Souvarine et jusqu’à sa suspension fin janvier 1926.
Le 6 janvier 1926, il envoya une lettre au secrétariat du PC cosignée avec Marthe Bigot, Barat, Gourget*, Hairius (Roger Hagnauer), Mahouy et Souzy (Jean-Jacques Soudeille). Ce courrier accusait la direction de bafouer les statuts, d’exercer « un arbitraire intolérable » et de diffamer les oppositionnels. Le texte réclamait notamment la réintégration « des camarades injustement exclus ». Aucouturier fut exclu par sa cellule (n° 1044), en son absence, début 1926, décision confirmée par le Comité central, le 7 janvier. Par la suite, il participa aux activités du Cercle communiste Marx et Lénine, créé en février 1926. Il appartint à sa commission exécutive et, en janvier 1928, signa la protestation du Cercle contre la déportation des leaders de l’Opposition russe (voir Albrespy).
Il semble avoir été employé au Populaire au cours des années 1930. Il aurait été, à la Libération, correcteur à l’Humanité. Il était resté un ami proche de Marcel Martinet et de sa famille. Son enterrement civil eut lieu à Merry-sur-Yonne le 4 novembre 1972.

La traduction d’un ouvrage de Boris Pilniak, La Volga se jette dans la Caspienne, lui est parfois attribuée par erreur ; elle fut en réalité effectuée par son frère Gustave Aucouturier (1902-1985), qui fut aussi membre du groupe Clarté et qui traduisit plus tard le Journal d’exil de Léon Trotski (préface d’Alfred Rosmer).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article91386, notice AUCOUTURIER Georges, André, Fernand par Julien Chuzeville, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 9 octobre 2020.

Par Julien Chuzeville

Dessin de G. Aucouturier dans L’Humanité du 28 décembre 1922.

SOURCES : RGASPI 517/1/172, 517/1/196, 517/1/348 et 517/1/375. — L’Humanité, 4 juin 1921, 21 octobre 1922, 16 et 17 janvier 1926. — Bulletin de la presse communiste, 6 novembre 1923. — Bulletin communiste, n° 14, 22 janvier 1926, 10 janvier 1928 (suppl.). — Le Populaire du 24 septembre 1935. — Tracts surréalistes et déclarations collectives (1922-1939), t. 1, E. Losfeld, 1980. — J. Chuzeville, Fernand Loriot, le fondateur oublié du Parti communiste, 2012, p. 225. — Entretiens avec le neveu de Georges Aucouturier et avec la petite-fille de Marcel Martinet, 2015. — Courrier de la mairie de Merry-sur-Yonne, 2016.

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