GAILLARDE François, Pierre, Antoine

Par André Balent

Né) le 22 juillet 1879 à Saint-Pierre-dels-Forcats (Pyrénées-Orientales) ; mort le 13 septembre 1951 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; facteur des PTT à Paris puis à Perpignan ; militant socialiste SFIO.

François Gaillarde quitta tôt l’austère village pyrénéen de Saint-Pierre-dels-Forcats (voir aussi Galté Étienne*) pour la région parisienne. Ce fut à Paris, en effet, qu’il effectua la majeure partie de sa carrière de facteur des PTT. Dès avant la guerre de 1914-1918, François Gaillarde militait dans les rangs du Parti socialiste et de la CGT.

D’après le témoignage de son fils, il aurait participé à la grève des agents et sous-agents des PTT de mars 1909 et aurait été révoqué. Son administration l’aurait réintégré quelques mois plus tard. Il était domicilié dans le IVe arrondissement.

François Gaillarde épousa Marie Blanqué, également originaire de Saint-Pierre-dels-Forcats, dont il eut un fils (né en 1910 à Paris) et une fille.

Mobilisé, il fit la Grande Guerre sur le front occidental. Il ne fut jamais blessé.

Vers 1925 ou 1926, François Gaillarde fut muté sur sa demande à Perpignan où il prit sa retraite vers 1934. À la même époque il renoua ses liens avec son village natal. À Perpignan, il militait à la section locale de la SFIO. À compter de 1934, il participa activement aux débats internes de la Fédération des Pyrénées-Orientales et aux luttes de tendances. Il s’opposa vigoureusement à Jean Payra*. Tout d’abord, il s’associa à la « Bataille socialiste » qui commençait de se structurer dans les Pyrénées-Orientales (voir notamment Forgas Isidore*). Il fut également l’un des soutiens du député de la circonscription de Pradès, Joseph Rous*.

Le 15 août 1934, il participa au congrès cantonal de la SFIO du canton de Mont-Louis qui se réunit à la Cabanasse, commune limitrophe de son village natal, Saint-Pierre-dels-Forcats. De nombreux partisans de Joseph Rous assistaient à ce congrès. François Gaillarde participa au congrès départemental de la SFIO du 2 juin 1935. Ce congrès fut le point de départ de la crise qui devait opposer Joseph Rous à Jean Payra et provoquer par contre coup quelques défections dans les rangs de la « Bataille socialiste » locale. Le 2 juin 1935, François Gaillarde fut élu à la CAF et à la commission fédérale des conflits au titre de la « Bataille socialiste » qui recueillit, la majorité des mandats et mit Jean Payra en minorité. Mais cette nouvelle direction ne put siéger jusqu’au mois de septembre, date à laquelle un nouveau congrès fédéral fut convoqué. François Gaillarde fut réélu à la CAF et à la commission fédérale des conflits par le congrès extraordinaire du 8 septembre 1935. Ces organismes purent, à compter de ce jour, siéger à nouveau de façon régulière. À la fin de 1935 ou au début de 1936, de nombreux Catalans se détachèrent de la « Bataille socialiste » et fondèrent, au plan local, la « Gauche révolutionnaire ». François Gaillarde était l’un d’entre eux. Ce fut au titre de la GR que, sans doute, il fut réélu à la commission fédérale des conflits. Cette instance se réunit le 29 mars 1936. Pour la seconde fois, elle statuait sur le cas de Joseph Rous et pour la seconde fois elle décida son exclusion de la SFIO. François Gaillarde participa à cette réunion. La commission nationale des conflits le convoqua pour entendre son point de vue sur cette affaire (témoignage de Marcel Mayneris).

Le 17 janvier 1936, il posa sa candidature devant la section de Perpignan afin d’être candidat de la SFIO aux élections législatives. Il recueillit 16 voix.

Dans le courant de 1936, tout en demeurant pivertiste, il suivit Joseph Rous qui constitua une « union » puis une « fédération » socialiste dissidente. Il convient de noter ici que François Gaillarde fut avec Jean Canal* un des rares Perpignanais qui appuyèrent Joseph Rous. Il fit de la propagande en faveur de la Fédération « dissidente » auprès des sections officielles de la SFIO des environs de Perpignan. Ainsi, le 1er mai 1937, il se rendit à Tautavel où la section locale de la SFIO tenait une réunion : il fut éconduit.

Après la réunification de la fédération socialiste des Pyrénées-Orientales dans le courant de l’été 1937, François Gaillarde milita à la Gauche révolutionnaire. A-t-il adhéré au PSOP en 1938 ?

D’après son fils, il ne semble pas qu’il ait à nouveau milité après 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article91816, notice GAILLARDE François, Pierre, Antoine par André Balent, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 2 novembre 2010.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Mun. Perpignan, état civil. — Le Cri socialiste, hebdomadaire de la Fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Orientales, 18 août 1934, 14 septembre 1935, 18 janvier 1936, 4 avril 1936. — Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, hebdomadaire de la Fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Orientales, 6 mai 1937. — En Avant, organe du groupe d’études et d’action socialistes des Pyrénées-Orientales (Perpignan), 12 juin 1935. — Témoignages de MM. Ferdinand, Baylard, militant communiste puis pivertiste à Perpignan (octobre 1978) et Marcel Mayneris, ancien secrétaire fédéral administratif de la SFIO (10 juillet 1983). — Renseignements recueillis auprès de son fils (Perpignan, le 24 novembre 1983).

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