GANDON

Par Gilles Pichavant

Commis des Postes ; militant de l’Association Générale des Agents, puis du syndicat national des agents (SNA) (CGT), militant confédéré.

Le 9 mai 1909, en pleine grève des PTT, alors commis à Reins, il fut délégué à Châlons-sur-Marne par le comité fédéral de Paris, pour une conférence. Dans la réunion il y avait 200 employés des PTT — agents, sous-agents et ouvriers — ainsi que des instituteurs et des employés contributions directes et indirectes, des cantonniers. L’assemblée vota un ordre du jour de protestation contre la révocation de postiers, réclamant le droit de se syndiquer suivant la loi de 1884.

En avril 1920, il participa au congrès du syndicat des agents. Le 22 avril, il présenta un rapport sur l’évolution des traitements. Le 1er février 1921, il présida les deux séances du conseil national de la Fédération postale.

Délégué au IIIe congrès du syndicat national des Agents des PTT réuni à Paris du 20 au 23 avril 1921, Gandon s’opposa à l’adoption d’un paragraphe de la motion d’orientation qui qualifiait des Comités syndicalistes révolutionnaires (CSR) « d’irresponsables ». Le vote donna 9 139 voix à la motion sans restriction, 6 591 à la motion tenant compte des réserves formulées par Gandon (734 abstentions). La motion des CSR recueillit 2 116 voix contre 11 712, 2 022 abstentions et 1 325 absents. Le 24 avril il prit la parole dans la séance du matin en présentant les deux conceptions de la révolution, celle des majoritaires et des minoritaires. Il se dit persuadé que le fossé entre les deux conceptions n’était pas si profond. Il dit se refuser à exclure, et conjura le congrès à la tolérance.

En 1922 il était sous-chef de bureau à la direction de l’exploitation postale à Paris. Le 4 octobre 1922, il fut candidat isolé, mais présenté par le syndicat national des agents (confédéré) lors des élections des représentants des agents supérieurs de l’administration centrale. À cette époque, le syndicalisme était interdit chez les fonctionnaire, d’où cette candidature prétendument isolée. Il obtint 63 voix et ne fut pas élu. De nouveau, le 8 janvier 1925, il fut candidat tête de liste du SNA aux élections des représentants du personnel au conseil supérieur des PTT, avec Provost, Rouanet, Combes, Gavet, Lamarque, et Tintignac, le droit syndical ayant été reconnu pour les fonctionnaires. En 1927, il fut élu à la commission de réforme de la Seine, pour le groupe I (Sous-chefs de bureau, inspecteurs).

Le 18 mai 1936 à Issy-les-Moulineaux, lors du Congrès du syndicat national des agents, il fut élu ou réélu membre de la Commission exécutive du syndicat par 15 791 voix (Majorité 13 139). Le 12 mai 1938, délégué au congrès du syndicat national des agents, réuni salle du Casino des fleurs à Vichy, il fut réélu membre de la CE du syndicat.

Il s’agit vraisemblablement de Pol Louis Nicolas Gandon, né le 28 novembre 1874 à Fisme (Marne), commis des Postes à Reims, marié le 13 juin 1900 à Reims, avec Claire Eugénie Houille, dame-employée des Postes. En effet, en 1909 il travaillait au bureau de Postes de la Porte-de-Mars à Reims, et plusieurs articles de la grande presse rapportent qu’un Gandon "de Reims", commis des Postes, prit la parole le 9 mai dans une réunion à Châlons-sur-Marne. Le registre matricule de Pol Louis Nicolas Gandon nous apprend que le 15 février 1913 il travaillait à Paris. Veuf, il se remaria le 5 juillet 1935 à Paris (XVe) avec Gabrielle Lavaud. Il mourut le 24 février 1947 à Jouars-Ponchartain (Seine-et-Oise, Yvelines). Il était fils d’un marchand de journaux et d’une couturière (1900).

Mais cela pourrait aussi être le frère ainé de Pol Louis Nicolas Gandon, Charles Edmond Gandon, lui aussi commis des Postes. Entré dans les Postes vers 1896, en 1900 il était à Reims. Né le 4 février 1872 Fismes (Marne), il se maria un mois après son frère, le 18 juillet 1900, à Reims avec Marie Gabrielle Henriette Jossinet, employée des postes en 1900. Mutés à Paris peu de temps après, ils eurent un fils, Henri Jean-Louis, né le 27 juillet 1902 à Paris (XVe). En 1910, Charles Edmond Gandon avait 15 ans d’ancienneté, et travaillait à Paris 98.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article92036, notice GANDON par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 5 décembre 2021.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Nat. F7/13805. &#8212 — L’Information sociale, 12 mai 1921. — Le Peuple, 21 avril 1921, 22 avril 1921, 23 avril 1921, 24 avril 1921, 25 octobre 1922, , 13 mai 1938. — L’Humanité, 11 mai 1909, 23 avril 1920, 2 février 1921, 19 mai 1936 élections (liste) des membres de la CE du syndicat — Bulletin mensuel des postes et télégraphes, août 1900, 1910, 1922, 1924, 1927 (Gallica.fr).— La tribune des fonctionnaire, 22 décembre 1934 — Arch. Dép. de la Marne, registre matricule RM316 classe 1894 (bureau de Reims).

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