GARNIER Léon, François

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Né le 25 février 1899 à Paris (Xe arr.), mort le 18 mars 1986 à Poissy (Yvelines) ; peintre ; conseiller municipal communiste de Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine) ; interné.

Fils de Léonie Bihieux, domestique, Léon fut légitimé par le mariage de sa mère avec Charles Garnier, cisailleur, le 18 avril 1906 à Paris en mairie du XVIIe arr. Léon Garnier était ajusteur-mécanicien quand il se maria le 10 juin 1922 à Clichy-la-Garenne (Seine) avec Marie Lebrun, sténodactylographe puis artisan peintre lorsqu’il assuma ses fonctions de conseiller municipal. Le couple vivait 52 rue de l’Association à Gennevilliers.

Il fut élu conseiller municipal communiste de Gennevilliers (Seine) en 14e position (sur 26) lors des élections partielles des 14 et 21 octobre 1934 et réélu en 9e position le 5 mai 1935 sur la liste conduite par Jean Grandel*.

Mobilisé en septembre 1939, il fut fait prisonnier à Troyes (Aube), envoyé en Allemagne, une commission allemande le réforma pour un an, pour « rhumatismes articulaires », il rentra à son domicile le 2 novembre 1940.

Il fut déchu le 9 février 1940 pour appartenance au Parti communiste mais il écrivit à la Préfecture le 2 mars 1940 : « J’accepte ma démission et ne veux plus être membre du Parti communiste ni d’aucune organisation ouvrière se rattachant à (sic) ledit parti. » Sa femme servit certainement d’intermédiaire et envoya ce courrier.

Le 24 septembre 1942, lors une opération d’ensemble de la police et de la gendarmerie 1621 militants communistes où considérés comme tels étaient interpellés. L’objectif était de dissuader ceux et celles qui n’étaient pas engagés dans la Résistance et qui pourraient avoir l’intention de le faire. Léon Garnier fut interné au camp de Pithiviers (Loiret).

Son épouse écrivit au préfet de police le 12 mars 1943, elle lui demandait la révision du dossier de son mari. Elle expliquait ainsi son appartenance passée au parti communiste : « Il a adhéré au parti communiste, puisqu’il était conseiller [de] Gennevilliers. Depuis 1936, il ne s’occupait plus de politique et en 1939, il est parti faire son devoir, en bon français. Il a été prisonnier, jusqu’au 20 octobre 1940 et libéré par l’autorité allemande comme malade.

J’ose espérer, monsieur le Préfet que vous prendrez ma demande en considération et que vous lui donnerez une suite favorable ».

Contrairement à ce qu’écrivait sa femme, Léon Garnier assistait aux séances du conseil municipal, avec plus ou moins de régularité certes, mais comme beaucoup d’autres conseillers municipaux.

Le préfet demanda le 23 mars une enquête au commissaire de police d’Asnières, le 29 mars en retour, un rapport lui était adressé, Léon Garnier était apprécié par ses voisins comme « un honnête homme », son employeur le considérait « comme un très bon ouvrier, bonne moralité et excellente mentalité ». Aucun acte de « propagande orale ou écrite » n’avait été enregistré. Le commissaire écrivit à l’intention du préfet ordonna une enquête de voisinage, son employeur le considérait comme « un très bon ouvrier ».

Le préfet de police proposa le 7 avril au préfet du Loiret la libération de Léon Garnier, ce fut fait 48 heures plus tard.

Léon Garnier mourut le 18 mars 1986 à Poissy (Yvelines).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article92210, notice GARNIER Léon, François par Daniel Grason, Claude Pennetier , version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 8 janvier 2017.

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; versement 10451/76/1 ; listes électorales et nominatives. – État civil de Paris (Xe arr.) et de Clichy-la-Garenne. – Renseignements recueillis par Michèle Rault et Nathalie Viet-Depaule. – Arch. PPo. 1W 0656.

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