GAYE Georges, Pierre

Par Jean Maitron, Jean-Luc Pinol, Julien Chuzeville

Né le 10 décembre 1881 à Gondrin (Gers), mort le 11 mai 1948 à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise) ; ouvrier métallurgiste à Bordeaux (Gironde) ; syndicaliste CGT puis CGTU, secrétaire de la Fédération unitaire des Métaux ; socialiste, puis communiste, opposant à la bolchevisation.

En 1916, Georges Gaye appartenait au syndicat de la Métallurgie et au Parti socialiste SFIO. Au cours du congrès de l’UD, tenu le 16 juillet 1916, il attaqua Léon Jouhaux qui était présent : « Jouhaux n’est plus Jouhaux, lança-t-il, la guerre l’a tué. » 72 délégués représentant vingt-huit syndicats, se prononcèrent pour la majorité confédérale, 3 voix seulement adoptèrent la motion Gaye, il y eut une abstention.
En 1919, il représenta le syndicat des mécaniciens de Bordeaux au IVe congrès de la Fédération des Métaux. Il déclara : « Nous sommes, nous, pour la lutte des classes, pour le retour aux tactiques d’avant-guerre... nous sommes antipatriotes et antimilitaristes. » Lors du vote sur le rapport moral, il vota contre.

En février 1920, il prit part au congrès de la Fédération socialiste de la Gironde et y intervint en faveur de la motion Loriot pour le congrès de Strasbourg.

À la suite des grèves de mai 1920, il fut emprisonné. En novembre 1920, Gaye fut nommé membre de la commission de propagande du Sud-Ouest (voir Olivier Eugène*). Il était membre de la commission administrative du Comité syndicaliste révolutionnaire du Sud-Ouest, dirigé par son beau-frère Frédéric Barsac.

Il fut le 50e signataire de la motion Loriot-Souvarine pour le congrès de Tours de décembre 1920, qui y fut adoptée. Il était donc certainement membre du Comité de la 3e Internationale, et fut adhérent du PC dès 1921.

En juillet 1921, Gaye fit partie de la délégation française qui se rendit au Ier congrès de l’ISR à Moscou. Il se montra attaché à l’indépendance du syndicalisme.

Lors du congrès de l’UD unitaire, tenu à la Bourse du Travail de Bordeaux en janvier 1923, il se rallia à l’ISR. L’ordre du jour comprenait : La lutte contre la guerre qui vient, contre l’occupation de la Ruhr, contre l’arrestation de Marcel Cachin et de ses amis. Il signa, en 1922, la Déclaration de tendance Dondicol-Renoult*. En avril de l’année suivante, il fut désigné par le Parti comme responsable du 8e secteur qui comprenait Blaye, Bourg et Saint-Yzande-Soudiac.

Lors du congrès de la Fédération unitaire des Métaux, en juillet 1923, les secrétaires fédéraux Argence, Ferré et Chevalier* furent battus par les militants proches du PCF. Le nouveau secrétariat fut constitué par Rabaté, Poussel et Gaye. Gaye demeura secrétaire fédéral jusqu’en 1925, date à laquelle il fut remplacé par Vassart.
Gaye avait souhaité reprendre son travail en usine. Il se rapprocha alors de la Révolution Prolétarienne, et y écrivit en septembre 1925 un article favorable à l’unité syndicale.
Au sein du PC, il signa en février 1925 la Lettre des 80, s’opposant à la bolchevisation, puis en octobre 1925 la lettre des communistes oppositionnels au comité exécutif de l’Internationale communiste, dite « Lettre des 250 » (voir Loriot). Il quitta le PC par la suite.

À la fin de sa vie, il était magasinier dans une usine de Javel.

Georges Gaye s’était marié au Passage (Lot-et-Garonne) en janvier 1902, à Agen en juillet 1908, à Levallois-Perret (Seine) en juillet 1938 et à Bougival (Seine-et-Oise) en novembre 1941.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article92634, notice GAYE Georges, Pierre par Jean Maitron, Jean-Luc Pinol, Julien Chuzeville, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 15 avril 2020.

Par Jean Maitron, Jean-Luc Pinol, Julien Chuzeville

SOURCES : Arch. Nat. F7/12987, F7/12988 et F7/13602. — Arch. Dép. Gironde, série M ; Parti socialiste, 1918-1926. — Comptes rendus des congrès de la Fédération des Métaux, 1919, et de la Fédération unitaire 1923 et 1925. — Le Populaire, 19 février 1920. — Le Bulletin communiste, 9 novembre 1922. — La Révolution prolétarienne. — Arch. P. Monatte, op. cit. — Note de Jacques Girault. — État-civil de Gondrin. — J. Chuzeville, Fernand Loriot, le fondateur oublié du Parti communiste, L’Harmattan, 2012, p. 225.

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