VENNAT Albert [ Alphonse]

Par Gilbert Beaubatie

Né le 31 janvier 1918 à Combressol (Corrèze), mort le 27 juin 2005 à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) ; cheminot, ouvrier ajusteur ; secrétaire général de l’Union locale CGT de Brive.

Les parents d’Albert Vennat étaient tous les deux de souche corrézienne : son père était originaire de Maussac et sa mère de Marcillac-la-Croisille. C’est à Maussac que son père travailla d’abord, à l’exploitation de la mine de charbon, avant d’aller exercer le métier de garçon de café à Paris. Muni d’un certificat d’études primaires obtenu à l’école du Salan à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Albert Vennat débutera sa carrière professionnelle au dépôt SNCF de cette ville en 1944, en tant qu’ouvrier ajusteur.
Dès 1936, à l’invitation de Jean Goudoux, ouvrier en bâtiment et futur député de Brive, il avait adhéré aux Jeunesses communistes et à la CGT. Mais à partir du 15 octobre 1938, il dut accomplir son service militaire, dans l’armée de l’air, aux bases de Châteauroux (Indre) et de Limoges (Haute-Vienne). Avec d’autres militaires de la base de Limoges, ayant une formation de métallurgiste, il fut affecté à l’Arsenal de Limoges et soumis au même régime que le personnel, soit de dix à douze heures de travail par jour. Il fut ensuite dirigé sur la base de Tunis (El-Aouima et Béja). De retour en Corrèze, il noua des contacts avec les FTPF et participa à de nombreuses actions de sabotage et notamment à l’opération du 8 août 1944 qui aboutit, en gare de Brive à « l’enlèvement du train des canons » fabriqués à la Manufacture d’armes de Tulle et de plusieurs tonnes de ravitaillement, à destination d’Épernay et de l’Allemagne. La carte de combattant volontaire de la Résistance (1944-1945) atteste de son activité contre l’occupant nazi.
Après la Libération, l’histoire d’Albert Vennat se confond avec celle du mouvement ouvrier, à Brive et dans le reste du département. Secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Brive en 1952-1953, délégué du personnel à tous les niveaux, il deviendra suppléant de Georges Séguy, alors secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots, auprès du directeur général de la SNCF. En tant que secrétaire général de l’Union locale de Brive et membre du secrétariat de l’Union départementale de la Corrèze, il prononça de nombreux discours durant les événements de mai 1968, appelant à l’union des étudiants et enseignants avec le mouvement ouvrier dans la lutte contre le capitalisme.
Responsable de l’organisation au sein de la direction de l’UD, Albert Vennat contribua au renforcement de son organisation en particulier à La Rivière-de-Mansac, où était installée une grande usine électrique (La Paumellerie) qui employait environ 1 200 salariés qui, à 80 %, votaient pour la CGT. La fermeture de l’usine, malgré une forte mobilisation syndicale, fait partie des regrets d’Albert Vennat.
Militant politique, il fut également membre du comité fédéral du PCF de la Corrèze. Conseiller municipal de Brive de 1953 à 1959, il fut par la suite candidat suppléant de Jacques Chaminade aux élections législatives.
Albert Vennat prit sa retraite professionnelle en 1973. Mais il fut, entre 1990 et 1999, « conseiller du salarié » dans son organisation, conseillant et défendant des centaines de salariés de toutes catégories.

Il s’était marié à Brive le 12 juin 1943 avec Jeanne Rioux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9295, notice VENNAT Albert [ Alphonse] par Gilbert Beaubatie, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 9 mars 2012.

Par Gilbert Beaubatie

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — L’Écho du Centre, 24 avril 1995. — Renseignements fournis par Albert Vennat, 29 novembre, 4 et 10 décembre 2002. — Discours prononcés par Albert Vennat en 1968.— Etat civil.

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