GIMELLO Émile, Charles

Par Antoine Olivesi

Né le 15 novembre 1896 à Nice (Alpes-Maritimes) ; ouvrier du bâtiment puis électricien ; militant communiste des Bouches-du-Rhône ; membre de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants).

Né d’un père niçois de vieille souche et d’une mère alsacienne-lorraine, Émile Gimello travailla d’abord dans le bâtiment où il fut secrétaire de syndicat, puis devint électricien et s’engagea volontairement le 24 août 1914. Marié, père de deux enfants, il adhéra au PC en 1925, fut élu au comité régional en 1926 et appartint au bureau régional de 1929 à 1932. En 1929, il fut candidat sur la liste communiste aux élections municipales à Marseille et obtint 4 931 voix au premier tour puis 6 021 au second. En 1931, il fut candidat contre Sabiani dans le 4e canton, pour le conseil général, et recueillit 234 suffrages. En 1932-1934, il fut secrétaire du sous-rayon des marins de Marseille puis secrétaire du 4e rayon, celui des vieux quartiers des Carmes.

Au début de janvier 1934, il porta la contradiction à Sabiani dans une réunion en banlieue, à Château-Gombert, et fut matraqué, écrit Rouge-Midi, par le gangster Carbone et ses nervis. Lui-même dénonça dans ce journal, le 12 mai suivant, les méthodes sabianistes. De nouveau candidat, au conseil d’arrondissement, dans le 4e canton, en octobre, il recueillit cette fois, 450 suffrages.

En 1935, il fut candidat sur la liste communiste dans la 3e section et recueillit 1 772 voix sur 24 336 inscrits. Il était alors membre du bureau régional du PC. Le 1er Mai 1937, il représenta l’ARAC au grand rassemblement populaire organisé à Marseille par les forces de gauche. En octobre, il fut de nouveau opposé à Sabiani dans le 4e canton pour le renouvellement du conseil général. Il obtint 1 516 voix au premier tour et 2 818 au second sur 8 225 inscrits. Malgré cette progression, il ne put vaincre son adversaire qui lui opposa de nouveau la violence (un colleur d’affiches communiste fut tué). Gimello se plaignit devant le bureau fédéral du Parti de ne pas avoir été suffisamment aidé par les militants au cours de sa campagne.Avant cette élection, Rouge-Midi avait publié un portrait élogieux de lui en septembre 1937, rappelant que, depuis 1925, il était « le porte drapeau » du parti dans le 4e canton, assurant, « parfois seul » l’affichage, la vente des journaux, la diffusion des tracts, portant la contradiction, sans jamais perdre confiance, encourageant toujours ses camarades à continuer la lutte. L’article ajoutait qu’il avait été l’un des artisans de la victoire de Billoux* aux législatives de 1936 dans la 3e circonscription, qu’il avait toujours allié activité syndicale et politique, qu’il avait été souvent arrêté et licencié, et qu’il avait été choisi pour participer à la direction des grèves en 1929 et en 1936.

Il affronta encore Sabiani aux élections municipales complémentaires de février 1939, dans le 3e secteur. Il était alors employé et secrétaire général de l’ARAC. Il recueillit 2 715 voix au premier tour sur la liste conduite par Fernand Pauriol qui se retira au second en faveur de la liste socialiste.

En octobre 1939, après la déclaration de guerre, Gimello fut classé sur la liste des communistes suspects dont la correspondance fut saisie par ordre du préfet. Il fut condamné par le tribunal correctionnel de Marseille le 12 février 1940 à trois mois de prison avec sursis et 500 francs d’amende, plus 1 000 francs de dommages et intérêts, pour avoir signé comme secrétaire de l’ARAC une affiche calomnieuse contre des tiers (sans que l’on sache à quoi l’affaire faisait allusion). Le 6 juin 1940, le commissaire, chef de la Police spéciale, proposait son internement administratif, rappelant son parcours de militant « de la 1e heure », toujours membre du comité régional en 1939, resté un propagandiste actif, notamment dans l’entreprise Rey où il travaillait. Le préfet signa son arrêté d’internement administratif pour le camp de Saint-Angeau (Cantal), mais il parvint à fuir quand la police vint l’arrêter, le 9 juin 1940. Il se réfugia à Nice où il fut arrêté en avril 1941 et, de là, interné sans doute au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). La Police spéciale donna un avis défavorable à sa libération le 29 septembre 1941. On perd sa trace à partir de là et, après sa libération à une date non précisée dans les sources consultées, son action militante semble s’être poursuivie hors de Marseille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article93197, notice GIMELLO Émile, Charles par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 13 janvier 2021.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Nat. F7/13130, année 1932. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, III M/56 ; VM 2/276, 283, 289, 290 ; M 6/10809 (2 octobre 1939), M 6/10874 (rapports du 1er mai 1937), M 6/11379 (rapports du 25 août 1932 et du 26 décembre 1934) et 5 W 187 (dossier internement). — Le Petit Provençal, 30 avril, 5 et 6 mai 1935, 16 octobre 1937 (photo), janvier-février 1939. — Rouge-Midi, 6 janvier, 12 mai, 8 octobre 1934, 10 septembre 1937. — Provence ouvrière et paysanne, 20 avril 1929.— notes complémentaires Jean-Marie Guillon.

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