VERGNE Lucien, Eugène, Bernard, Robert

Par Paul Delanoue et Marie-Louise Goergen

Né le 18 août 1906 à Gaillac (Tarn), mort le 24 mars 1989 à Gaillac ; cheminot, ouvrier ajusteur puis mécanicien de route ; syndicaliste CGT et communiste ; coopérateur.

Fils d’un militaire, commis à la Sous-intendance à Aurillac (Cantal), Lucien Vergne fut orphelin de père. Sa mère travaillait au Paris-Orléans et pour cette raison il fut marqué par la grève des cheminots de mai 1920. Après avoir été télégraphiste, il devint en octobre 1921 apprenti au PO à Cahors (Lot). Après son service militaire effectué entre novembre 1926 et avril 1928, il milita activement à la CGTU. Muté fin 1929 à Montauban (Tarn-et-Garonne) comme ouvrier, il y organisa le syndicat unitaire : il participa au congrès CGTU de 1932, puis au congrès de réunification syndicale des cheminots PO de Bordeaux, avant le congrès de réunification à Toulouse en mars 1936.
Il contribua à l’organisation du Comité des sinistrés des inondations du Midi (3 mars 1930). Il adhéra au Parti communiste en avril 1930 et devint ensuite secrétaire du rayon communiste du Tarn-et-Garonne et Lot, qui dépendait alors de la région de Toulouse. En 1932, il était assisté de J. Aubin, secrétaire adjoint, et de R. Pedurand, trésorier. Il fut l’organisateur et le gérant de la coopérative « L’Aube nouvelle » de Montauban qui comprenait un petit restaurant, des salles de réunion et le siège du PC.
En 1934, il fut muté au dépôt de machines à Tours (Indre-et-Loire). Le Parti communiste connaissait en Touraine une crise sérieuse consécutive aux manifestations antifascistes de 1934. Début 1935, Lucien Vergne prit la succession de Paul Delanoue qui assurait provisoirement le secrétariat de la région du PC. Pendant ces années 1935 et 1936, il effectua un travail considérable et le PC, réorganisé, prit un nouvel essor. À partir d’octobre 1936, l’hebdomadaire la Voix du Peuple parut et eut très rapidement un rayonnement important avec le concours notamment de Jean Bonnin, Daniel Decourdemanche (Jacques Decour), Paul Delanoue, Gaston Henry, Hénault Robespierre, Charles Marty, Marcel Raison, Sedillo, Lucien Torfou. Lucien Vergne fut délégué au VIIIe congrès du PC à Villeurbanne (janvier 1936).
L’hospitalisation de sa femme en sanatorium l’obligea à quitter la Touraine en 1937. Affecté au dépôt de Montauban comme ajusteur, il devint chauffeur, puis conducteur de locomotives électriques dans le Sud-Ouest. En 1939, il fut d’abord affecté spécial, puis mobilisé aux chemins de fer de campagne, successivement à Narbonne, Toulouse, Montauban puis dans le nord et le sud de la France.
Démobilisé le 1er juillet 1940, il reprit du travail au dépôt de Montauban et contribua à la réorganisation clandestine du PC. Arrêté le 11 juin 1941 par la police du gouvernement de Vichy, révoqué en septembre puis condamné à Montauban à deux ans de prison, il fut transféré au camp prison militaire de Mauzac (Dordogne) en février 1942, sa peine de prison ayant été ramenée à un an, « faute de preuves ». Libéré à l’expiration de sa peine, il rejoignit Montauban mais fut chassé de la maison de la « Cité des cheminots ».
Il travailla ensuite à la Société parisienne d’industrie électrique (SPIE), puis, ayant repris contact avec le PC (Gaston Plissonnier), il fut chargé en 1943 des « cadres » du parti de Savoie et de Haute-Savoie, sa femme et sa fille restant dans la région de Montauban pour le travail clandestin. À la Libération, Lucien Vergne fut chargé avec Fernand Forgues de la réorganisation des Unions départementales CGT de la région (Lot, Lot-et-Garonne, Gers, Ariège, Tarn, Tarn-et-Garonne). Réintégré par la suite à la SNCF, il devint secrétaire de l’Union Sud-Ouest des cheminots CGT de 1947 à 1949, avant d’être remplacé par Albert Nacu. Il habitait alors le XIIIe arr. de Paris.
Après la scission syndicale de 1947, son poste de permanent ayant été supprimé, il reprit du travail comme roulant. Retraité en 1956 au grade d’agent de conduite T3, Lucien Vergne continua son activité militante. Retiré à Gaillac, il fut secrétaire de la section PCF des cheminots de Gaillac et membre de la commission de contrôle financier de la Fédération PCF du Tarn durant les années 1960 et s’occupait, dès la fin des années 1950 et jusqu’en 1979 au moins, de l’organisation des cheminots retraités. Il fit également partie du comité de l’Association des anciens combattants de la Résistance (ANACR), ainsi que de l’Amicale des locataires au niveau local et départemental. Il écrivit divers articles dans la Voix du peuple de Touraine et dans les journaux de cheminots.
Marié en juillet 1925 à Cahors (Lot) avec Paule Cancé, il était père d’une fille née en 1926.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9324, notice VERGNE Lucien, Eugène, Bernard, Robert par Paul Delanoue et Marie-Louise Goergen, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 6 février 2012.

Par Paul Delanoue et Marie-Louise Goergen

SOURCES : Arch. SNCF de Béziers. — Arch. Fédération CGT des cheminots. — Comités fédéraux du PCF. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — « Hommage au militant ». Nécrologie de Lucien Vergne établie par Monique Catalo, secrétaire de la section du PCF de Gaillac et parue dans les Nouvelles du Tarn. — La Voix du peuple de Touraine. — Patrice Garésio, Le mouvement syndical dans le Tarn-et-Garonne, Mémoire de maîtrise, Université de Toulouse-le-Mirail, UFR d’histoire, octobre 1997. — Le Parti Communiste Français dans la Résistance en Tarn-et-Garonne, réalisé par un collectif de militants, Éditions Les Nouvelles du Tarn-et-Garonne, 1985. — Témoignage d’Edgard Cassan, militant de la CGT, ancien conducteur de Montauban. — Témoignage du militant. — Notes de Jean-Pierre Bonnet, de Pierre Lapeyre, de Georges Ribeill et de Pierre Vincent. — État civil.

ICONOGRAPHIE : Compte rendu du congrès de l’Union Sud-Ouest, 1947.

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