GOLL Yvan ou GOLL Ivan (Isaac LANG dit)

Par Nicole Racine

Né le 29 mars 1891 à Saint-Dié (Vosges), mort le 27 février 1950 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ; poète, traducteur ; pacifiste pendant la Première Guerre mondiale, membre du Comité directeur de « Clarté ».

Fils de Abraham Lang, né à Ribeauvillé (Haut-Rhin) et de Rebecca Lazare, née à Metz (Moselle), marié à Claire Studer (née Aischmann), poète de langue allemande et de langue française, Ivan Goll unit en lui les deux cultures. Il perdit son père jeune, grandit dans l’Alsace-Lorraine, alors sous domination allemande et apprit l’allemand au lycée de Metz ; il passa sa thèse de doctorat de philosophie à l’Université de Strasbourg en 1913. Il publia ses premiers vers en allemand à Berlin où il prit part au mouvement expressionniste et collabora aux revues Die Aktion, Die Weissen Blätter. Au moment de la déclaration de guerre il se réfugia en Suisse, où il se mêla aux mouvements d’avant-garde et au mouvement pacifiste. Il se lia avec James Joyce, Arp, avec Romain Rolland et ses amis pacifistes, Stephan Zweig, P.-J. Jouve, Masereel, Guilbeaux. Il écrivit des poèmes contre la guerre, Élégies internationales (1915) sous-titrées « Pamphlets contre cette guerre » aux éditions des Cahiers expressionnistes, Requiem pour les morts de l’Europe (1916) dédié à Romain Rolland aux éditions Demain. En 1917, il rencontra Claire Studer, venue d’Allemagne, qui venait de traduire en allemand des poèmes de P.-J. Jouve et qui avait publié des articles pacifistes ; il l’épousera après la guerre à Paris où il s’installera. En avril 1919, I. Goll publia aux éditions de la revue Les Humbles, Le Cœur de l’ennemi, anthologie de poètes allemands pacifistes (après les avoir traduits en français) ; en 1920, il publia à Munich Das Herz Frankreichs, anthologie de poètes pacifistes français traduits en allemand. Membre du Comité de rédaction de Clarté qui publia des textes de lui (2 octobre 1920, 29 janvier 1921), I. Goll écrivit dans plusieurs revues littéraires comme Sic, Action, les Feuilles libres. En 1922, il publia Les Cinq continents. Anthologie mondiale de la poésie contemporaine. Directeur du Rhein-Verlag, il travailla à la première traduction allemande de l’Ulysse de Joyce. En 1924, il lança le premier (et unique) numéro de Surréalisme qui se réclamait d’Apollinaire. Il poursuivit son œuvre poétique et romanesque ; citons les Poèmes d’amour écrits avec Claire Goll (1925), les Chansons malaises (1934) et la Chanson de Jean sans Terre (1936).

En septembre 1939, devant la menace allemande, Claire et Ivan Goll se réfugièrent aux États-Unis. De 1940 à 1944, I. Goll collabora à France-Amérique, au journal gaulliste La Voix de la France, créa en juin 1943, la revue bilingue, Hémisphères à laquelle collaborèrent André Breton, Saint-John Perse, Roger Caillois, Aimé Césaire. Il publia des poèmes de résistance, Chansons de France. De retour en France en 1947, il mourut peu après de leucémie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article93677, notice GOLL Yvan ou GOLL Ivan (Isaac LANG dit) par Nicole Racine, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 4 novembre 2010.

Par Nicole Racine

œUVRE CHOISIE : On se reportera aux œuvres d’Yvan Goll, édition établie par Claire Goll et François Xavier Jaujard, Émile-Paul, 1968. Cette édition comprend notamment Élégies internationales paru à Lausanne, éd. des « Cahiers expressionnistes », 1915 ; Requiem pour les morts de l’Europe, Lausanne, éd. Demain, 1916). Citons les anthologies suivantes composés par I. Goll, Le Cœur de l’ennemi, poèmes actuels traduits de l’allemand. Édit. de la revue littéraire des primaires Les Humbles, avril 1919, 32 p. — Das Herz Frankreichs, München, Georg Müller Verlag, 1920. — Les Cinq continents. Anthologie mondiale de la poésie contemporaine, La Renaissance du Livre, 1922, 310 p.

SOURCES : M. Martinet, La Vie Ouvrière, 16 janvier 1920. — P. Colin, Clarté, 24 juillet 1920. — J. Maxe, L’Anthologie des défaitistes, Bossard, 1925, 2 vol., XV-1154 p. — Les Lettres françaises, 2 mars 1950. — R. Lacôte, Les Lettres françaises, 9 août 1956. — Ivan Goll. Quatre études par J. Romains, M. Brion, Fr. Carmody, R. Exner, Seghers, 1956, 224 p. — Fr. Carmody, The poetry of Yvan Goll, une étude biographique, Éd. Caractères, 1956. — Expositions Yvan Goll, Claire Goll et leurs amis, Strasbourg, Château des Rohan, 1961, X-38 p. — J. Rousselot, Dictionnaire de la poésie française contemporaine, Larousse, 1968, 256 p. — Claire Goll, La Poursuite du vent ; avec la collaboration de Otto Hahn, O. Orban, 1976, 317 p. — Vera B. Profit, Interpretations of I. Goll’s late poetry. With a comprehensive and annotated bibliography of the writing by and about I. G., Bern, P. Lang, 1977. — Denise R. Gamzon, « Un poète juif méconnu : Yvan Goll », Les Nouveaux Cahiers, n° 53, été 1979. — État civil.

ICONOGRAPHIE : Ivan Goll. Quatre études..., op. cit.

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