GUÉRENNE Charles, Marie

Par Jean-Noël Dutheil

Né le 4 mai 1871 à Montluçon (Allier) ; tourneur sur métaux ; secrétaire général l’Union centrale des ouvriers métallurgistes de Montluçon de la fin 1917 au 22 février 1919.

Charles Guérenne était le fils, d’Antoine Guérenne, métallurgiste (mortaiseur sur métaux) adhérent en 1879 au Cercle des Ouvriers républicains Socialistes de Montluçon (dit Cercle Collectiviste) et de Françoise Hurtaud, sans profession. À quinze ans, il fut employé de commerce à Montluçon. Il fut secrétaire de séance de la Chambre Syndicale des Ouvriers Réunis du 25 octobre 1890 au 4 juillet 1891. Il se maria à Montluçon le 10 août 1891 et habita 28 rue de Limoges à Montluçon avec Marie Madet (née le 27 septembre 1865 à Montluçon), lingère,. Durant la première guerre mondiale, il fut secrétaire adjoint de l’Union Centrale des Travailleurs de la Métallurgie de Montluçon dont Jean Barraud était le secrétaire général. Ils furent renvoyés, sans motif, tous les deux, de l’usine à la caserne et ne durent leur réintégration qu’à la solidarité des camarades de l’usine Saint Jacques et à l’intervention auprès de Clémenceau lui-même.

En 1918, Charles Guérenne succéda à Jean Barraud, sa désignation marqua un net gauchissement du syndicat des métaux. Partisan des mouvements pacifistes déclenchés à Bourges et à Saint Etienne, il n’arriva pas entrainer ses camarades dans l’action. Le syndicat se divisa fortement en mai 1918 marqué par la répression qui s’abattit sur une cinquantaine d’ouvriers-mobilisés renvoyés dans leurs dépôts. Ces derniers élevèrent, à son encontre une vive protestation. Charles Guérenne répondit : « j’aurais bien marché, mais je craignais de ne pas être suivi. » Délégué ouvrier, il proposa en octobre 1918 la démission en bloc de tous les délégués en signe de protestation contre l’absence d’augmentation de salaires.

Dans le même temps, un rapport du Commissaire Spécial le signala comme ayant tenu au cours des réunions corporatives des « propos séditieux ». Le 31 octobre 1918, Charles Guérenne fut entendu par l’Officier rapporteur près du Conseil de Guerre de la XIIIème Région Militaire à Clermont Ferrand. Il était selon l’accusation compromis dans les affaires de la Loire. Son inculpation l’obligea à aller consulter Maître Quillan, avocat conseil de la CGT.

La contestation au sein de son syndicat s’accentua après le congrès de l’Union Départementale CGT (6 octobre 1918 à Commentry). Il aurait eu une attitude déplacée vis-à-vis d’une militante des ateliers de chargement, il fut aussi accusé d’un détournement de 1 700 F de la caisse du syndicat. Attendant sa démobilisation, il indiqua vouloir reprendre toute sa liberté d’action comme syndicaliste militant. Il représenta le 5e Groupe de la Fédération des Métaux à une réunion de la Fédération du 19 janvier 1919. Mais les attaques « d’abus de confiance et usurpation de mandat » se poursuivant, il fut contraint de quitter le syndicat, le 22 février.

Il fut convoqué devant le Conseil de Guerre de Clermont Ferrand, le 27 février (affaire Guérenne, Coutant, Goridon et autres), pour « défaitisme et excitation de militaires à la désobéissance. » Après un premier jugement de renvoi en date du 5 mars 1919, le 4 novembre un jugement constata l’amnistie des infractions.

Il fut remplacé à la tête du syndicat le 1er mars 1919. Sa dernière action dans notre département fut sa participation comme conférencier dans une réunion générale des ouvriers métallurgistes de Vichy, le 10 mai 1919. Il y défendit l’application de la journée de 8 heures et la révision des salaires.

À partir du 8 octobre 1927, date de son remariage à Paris XVe arr (il était veuf) avec Marie Vaisse, nous perdons sa trace. Marie Vaisse mourut dans les Bouches-du-Rhône en 1959, à Ceyreste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article93900, notice GUÉRENNE Charles, Marie par Jean-Noël Dutheil, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 4 mars 2020.

Par Jean-Noël Dutheil

SOURCES : Arch. Dép. de l’Allier, 1M286/b-1M662-1M2358. — Arch. Nat., F7 13 357. — Le Combat Social n°431 du 12 mars 1922. — Le Bourbonnais Rouge, page 122. — Aksu LEE, thèse de Doctorat, 2002. — État civil.

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