VIGIER Jean-Louis

Par David Hamelin

Né le 1er octobre 1919 à Périgueux (Dordogne) ; cheminot ; secrétaire général de l’Union départementale CGT de la Vienne (1947-1950) ; conseiller municipal de Poitiers (1945-1950).

Adhérent du PCF, Jean-Louis Vigier devint secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Poitiers (Vienne) à l’époque du Front populaire. À partir de la Libération, il fit preuve d’une grande activité, essentiellement au sein de la CGT, accédant lors du congrès de 1945 au poste de secrétaire adjoint de l’UD. L’année suivante, il ne se représenta pas à ce poste, ni même à la commission exécutive, mais participa aux réunions des responsables de l’UD dans lesquelles il fut le porte-voix de la tendance communiste, qui connut une audience croissante dans le département.
Profitant du manque de dynamisme du secrétaire général de l’UD, Auguste Commelin, de sensibilité socialiste, Jean Louis Vigier mena la fronde contre lui lors du XXIXe congrès de l’UD, le 15 juin 1947 à la Maison du peuple de Poitiers. Le rapport moral fut adopté par 7 766 voix contre 6 412. À l’issue de ce congrès, Jean-Louis Vigier fut élu secrétaire général de l’UD de la Vienne et dix-sept communistes furent élus à la commission exécutive, contre quatre socialistes, alors que la direction sortante comprenait quinze socialistes et six communistes.
Parallèlement à son militantisme à la CGT, Jean-Louis Vigier poursuivit ses activités au Parti communiste. Membre du bureau de la Fédération du PC de la Vienne, il se présenta aux élections municipales du 29 avril 1945 et devint conseiller municipal de Poitiers. Il fut réélu en octobre 1947 sur la liste d’« Union républicaine et résistante » présentée par le PCF.
En tant que secrétaire général de l’UD-CGT, il fut au premier plan de la scission qui s’opéra entre les partisans de Force ouvrière et le reste de la CGT, et ne ménagea pas ses propos à l’égard de ceux qu’il considérait comme des « traitres à la classe ouvrière », dans les articles qu’il rédigea dans la Vienne ouvrière et syndicaliste (périodique de l’UD-CGT) et dans le Patriote poitevin (hebdomadaire de la fédération de la Vienne du PCF).
Entre 1948 et 1950, l’UD-CGT perdit près de 10 000 adhérents et, en tant que représentant principal de la CGT dans le département, il dut en assumer la responsabilité, malgré ses efforts pour reconstruire une organisation affaiblie par le départ de nombreux fonctionnaires. C’est dans ce contexte que Jean-Louis Vigier fut remplacé à la tête de l’UD en juin 1950 par André Laumont, employé à la Manufacture d’armes de Châtellerault, en dehors d’un congrès statutaire. Les renseignements généraux virent ici un exemple de la politique de rajeunissement déployée par le PCF dans les organisations sous son contrôle. Il semble que d’autres raisons un peu obscures et contradictoires y aient concouru. Demeurant membre du bureau, il demanda sa réintégration à la SNCF. Il fut muté à Angoulême (Charente) en août de la même année et mit sans doute alors un terme à son activité syndicale.
Marié, il fut père de deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9396, notice VIGIER Jean-Louis par David Hamelin, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 28 mars 2012.

Par David Hamelin

SOURCES : Arch. Dép. Vienne, 1 W 2979. — Arch. de l’UD-CGT. —La Vienne ouvrière et syndicaliste, 1945-1950. —Le Patriote Poitevin, 1944-1950. — État civil : recherche infructueuse.

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