GUISSET Georges, Jean, Joseph

Par André Balent

Né le 9 décembre 1913 à Riunogués (Pyrénées-Orientales) , mort à Perpignan (Pyrénées-Orientales) le 11 janvier 1958 ; agriculteur à Maureillas (Pyrénées-Orientales) puis marchand ambulant ; militant communiste ; volontaire des Brigades internationales.

Georges Guisset en Espagne aux Brigades internationales
Georges Guisset en Espagne aux Brigades internationales
Archives Privées André Chamma et Michèle née Guisset nièce de Georges Guisset.

Georges Guisset naquit à Riunogués (Pyrénées-Orientales), une commune fusionnée avec Maureillas depuis 1972.
Son père, Pierre, Férréol, Joseph Guisset né le 15 janvier 1886, était un cultivateur, fils de cultivateur, né à la Jonquera la commune espagnole limitrophe de Riunogués. Voulant éviter, en 1909, de faire la guerre au Maroc avec les troupes espagnoles, il préféra déserter, ce qui lui était facile étant donné la proximité de son domicile de la frontière française. Sa mère, de nationalité française, Marie, Anne, Françoise Cullell, couturière, née le 17 septembre 1887 à Riunogués, était la fille de cultivateurs de cette commune du Vallespir. Ils s’étaient mariés dans dette commune le 17 janvier 1910.
Georges Guisset avait un frère, Jean, Joseph, Pierre, né à Riunogués le 31 janvier 1917.
Sa mère mourut le 12 décembre 1918 de la grippe espagnole. Son père se remaria avec Denise Pons, née à Oms (Pyrénées-Orientales) le14 mai 1902. Il s’établit alors à Maureillas comme bûcheron puis comme charbonnier, fabricant de charbon de bois. Avec sa seconde épouse, Pierre Guisset eut trois enfants : deux morts en bas âge, et une fille, Irma, née à Maureillas le 30 janvier 1929 qui demeura proche de son demi-frère Georges.
Georges Guisset fit son service militaire entre la fin de 1934 et juin 1936.
Cultivateur (ou plus vraisemblablement ouvrier agricole) à Maureillas (Pyrénées-Orientales), il s’engagea dans les Brigades internationales. Il participa à la bataille de Pozoblanco (Andalousie) en mars-avril 1937 (Il fut soldat du bataillon international de la 86e brigade mixte de l’Armée populaire). Blessé, il fut soigné en Catalogne. En décembre 1938, alors que les Brigades internationales étaient sur le point de livrer leurs derniers combats en Catalogne il accéda au grade de capitaine.
En Espagne, il fut soigné par une infirmière catalane, Isabel Puig avec qui il se maria. Elle rentra en France en février 1939, un mois après son mari. Elle acquit la nationalité française et exerça en France la profession de couturière. En septembre 1939, le couple habitait à Perpignan, au n°7 de la rue Marivaux.
De retour à Maureillas à la fin de janvier 1939, Georges Guisset s’associa aux activités du Parti communiste. Il diffusait régulièrement l’hebdomadaire de la région catalane de ce parti, Le Travailleur Catalan. Dès son retour en France, il fut élu (à la 6e conférence régionale des 22 et 23 avril 1939 ?) au bureau de la Région catalane du PC. Après son retour d’Espagne, il s’installa au domicile paternel avec son épouse, mais son père les en chassa le jour où il découvrit des armes dans sa cave. Mobilisé dès septembre 1939, il fut inscrit quelques mois plus tard sur la « liste des suspects du point de vue national » dressée par la police à l’occasion de la dissolution du Parti communiste. Il fut fait prisonnier de guerre en 1940 et demeura en captivité jusqu’en 1945 : seuls sa femme, son frère Jean et sa soeur Irma vinrent l’accueillir à la gare à son retour.
Après la guerre, il quitta Maureillas et s’établit à Perpignan avec sa femme. Mais il allait souvent à Villelongue-de-la-Salanque (Pyrénées-Orientales) où son frère Jean avait fait son apprentissage de mécanicien et où il s’établit lui-même dans cette activité après sa démobilisation en septembre 1940, puis comme marchand ambulant en vêtements avant d’ouvrir une épicerie avec sa femme, Pierrette Dauré, native de du village. Il se peut que Georges Guisset ait vécu quelque temps chez son frère à Villelongue-de-la-Salanque, d ’autant plus que, avec l’aide de son frère, il s’établit aussi comme marchand ambulant en vêtements et s’installa à Perpignan, au centre ville, 5 bis, rue Louis Blanc. Georges Guisset avait un autre motif de se rendre fréquemment à Villelongue-de-la-Salanque ; c’était la commune d’André Tourné* —ancien des Brigades internationales, élu après la guerre député communiste des Pyrénées-Orientales— avec qui il maintenait des relations d’amitié confortée par leur adhésion commune à l’AVER et qui venait souvent à la maison de son frère. Georges Guisset fut déçu par son parti dans les rangs duquel il milita à nouveau à partir de 1945. Ses neveux assûrent qu’il fut candidat à la députation mais fut écarté de la liste communiste par le parti. Par ailleurs, il conserva des relations avec André Marty* après que celui-ci ait été mis à l’écart du parti. Ce sentiment de mise à l’écart de son parti et la déception qu’il en éprouvait expliquent, avec ses mauvaises affaires commerciales (il emprunta 700 000 francs à son frère, somme qui fut perdue par ce dernier) son suicide par pendaison à son domicile perpignanais au début de 1958. Aucun représentant du PCF n’asssita à ses obsèques.
Sa femme, Isabelle Puig, militait aussi au PCF et à l’UFF. Ses neveux ont perdu sa trace après le suicide de son mari.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article94402, notice GUISSET Georges, Jean, Joseph par André Balent, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 28 décembre 2016.

Par André Balent

Georges Guisset en Espagne aux Brigades internationales
Georges Guisset en Espagne aux Brigades internationales
Archives Privées André Chamma et Michèle née Guisset nièce de Georges Guisset.
Georges Guisset et Isabelle Puig
Georges Guisset et Isabelle Puig
Archives privées André Chamma et Michèle née Guisset, nièce de Georges Guisset.

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, versement du cabinet du préfet (13 septembre 1951), liasse 169 (dissolution du Parti communiste), liste des « suspects du point de vue national ». – Arch. com. Maureillas, état civil de l’ancienne commune de Riunogués. —Arch. com. Perpignan, état civil. — Arch. AVER. —Arch. privées d’André Chamma et de Michèle, née Guisset, nièce de Georges Guisset. — Michel Cadé, Le parti des campagnes rouges. Histoire du Parti communiste dans les Pyrénées-Orientales, 1920-1939, Marcevol, Éditions du Chiendent, 1988, 346 p. — Georges Sentis, Les communistes et la résistance dans les Pyrénées-Orientales. Biographies, Lille, Marxisme régions, 1994, 183 p. — Le Travailleur Catalan, hebdomadaire de la région catalane du Parti communiste, 12 janvier 1938, 4 février 1939 (dans ce dernier numéro, interview de Georges Guisset par les Jeunesses communistes de Perpignan). — Renseignements fournis par Madame Henriette Capallère de Maureillas et M. Jean Rosas de Maureillas (1976). — Courriel d’André Chamma, mari de Michèle, nièce de Georges Guisset, 25 janvier 2012, d’après les témoignages de sa femme et d’Irma Guisset, demi-soeur de Georges Guisset (Maureillas, janvier 2012).

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