HOUZÉ René

Par Yves Le Floch

Syndicaliste du Bâtiment dans les Côtes-du-Nord en 1936-1938.

Délégué départemental de la Fédération CGT du Bâtiment pour les Côtes-du-Nord, secrétaire du syndicat de Saint-Brieuc, René Houzé devint, à l’issue du congrès d’avril 1937, secrétaire adjoint de l’Union départementale et membre de la commission administrative. Arbitre ouvrier dans plusieurs commissions paritaires, organisateur de réunions fédérales, militant du Secours populaire, René Houzé, qui représentait la CGT au conseil départemental du Front populaire, était un élément très représentatif de la nouvelle génération de militants ouvriers communistes d’après 1936. Il organisa notamment, le 9 juillet 1937, avec Petit et Le Quéinnec, également communistes, un cortège rassemblant dans Saint-Brieuc deux cents ouvriers du Bâtiment derrière un drapeau rouge et une banderole portant : « Vive la CGT — Nous voulons du pain en travaillant. » Il s’agissait de peser sur un conflit corporatif très dur qui avait éclaté en février et auquel une commission paritaire, où siégeait Houzé, trouva une solution dans le courant du mois d’août. Menacé de licenciement par le patronat à l’automne, il ne bénéficia d’un sursis que grâce aux interventions de la préfecture et de la Fédération, mais se trouvait sans travail au printemps de 1938. Cette situation lui permit de remplir alors diverses tâches au service de l’Union départementale, qu’il représentait par exemple à la réunion du 30 avril de l’Union locale de Dinan ou au premier congrès départemental des vieux travailleurs, à Saint-Brieuc le 31 juillet, mais l’amena à abandonner le secrétariat du syndicat qui fut repris par Petit. Continuant cependant de participer aux activités du Bâtiment, il vint notamment le 13 août à l’inspection du travail soutenir une démarche de Petit pour les quarante heures, provoquant, par ses invectives et ses menaces envers l’inspecteur adjoint, un grave incident à la suite duquel il fut sévèrement désavoué par le bureau de l’Union départementale. Dans son rapport à son supérieur divisionnaire de Nantes, l’inspecteur de Saint-Brieuc porta le jugement suivant sur Houzé : « ... lequel, malheureusement, du fait de ses opinions extrêmes [communistes] et de son activité syndicaliste désordonnée est à l’index sur la place de Saint-Brieuc et ne peut trouver du travail chez aucun employeur, malgré nos interventions répétées en sa faveur et bien qu’il soit, paraît-il, un excellent professionnel.

Il souffre évidemment de cet interdit décidé contre lui et cela rend difficiles les pourparlers et la collaboration. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article95289, notice HOUZÉ René par Yves Le Floch, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 2 novembre 2010.

Par Yves Le Floch

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-du-Nord, série M, grèves et conflits du travail, réunions syndicales et corporatives, tracts et affiches, réunions diverses. — Le Combat social. — L’Avenir syndicaliste des Côtes-du-Nord, juillet 1937 et octobre 1938.

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