ZARDET Pierre

Par Pierre Schill

Né le 17 juin 1917 à Cison-di-Valmarino (province de Trévise, Italie), mort le 24 mai 2000 à Metz (Moselle) ; conducteur électricien ; secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Longwy (Meurthe-et-Moselle) ; secrétaire du 7e secteur CGT ; membre du conseil national de la fédération CGT des cheminots (1956-1961) ; membre de la commission administrative de l’Union départementale CGT de Meurthe-et-Moselle ; administrateur de la Mutuelle des cheminots de Metz.

Né en Italie dans une famille ouvrière de huit enfants dont il était le deuxième, Pierre Zardet arriva en France en 1922, six mois après que son père eût décroché un emploi d’ouvrier aux aciéries Micheville de Villerupt (Meurthe-et-Moselle). Pierre Zardet résida dans cette commune jusqu’à son mariage, puis habita dans différentes communes de Meurthe-et-Moselle avant de s’installer à partir de 1967 à Metz (Moselle).

Il commença à travailler à l’âge de douze ans comme ouvrier agricole. À treize ans il devint, comme son père, ouvrier à l’aciérie Micheville de Villerupt où il travailla jusqu’à l’âge de vingt ans, année de son départ au service militaire. Naturalisé français le 20 décembre 1936, il effectua son service militaire à partir de septembre 1937. Affecté au 150e RI à Verdun (Meuse), il fut mobilisé sur place en septembre 1939. Fait prisonnier dans le Nord le 20 mai 1940, il fut transféré en Allemagne au Stalag 2A de Neubrandenburg d’où il réussit à s’évader le 3 octobre 1942. Il fut repris alors qu’il avait réussi à regagner la Moselle et fut emprisonné au Stalag 12F de Forbach (Moselle annexée) d’où il s’évada une nouvelle fois le 23 octobre 1942. Repris à Arbois (Jura) alors qu’il avait presque réussi à atteindre la ligne de démarcation, il fut transféré dans une compagnie disciplinaire du Stalag 11A d’Altengrabow (Allemagne). Il fut condamné, pour refus d’obéissance et faits de résistance, par le tribunal de Magdebourg (Allemagne) à quatre mois de forteresse qu’il effectua à Graudenz (Pologne) de novembre 1943 à mars 1944. Il fut ensuite renvoyé en Stalag et retrouva la liberté en août 1945 après plus de cinq ans de captivité.

Il reprit son travail à l’aciérie de Villerupt jusqu’en 1946, date de son entrée à la SNCF. Il fut conducteur électricien au dépôt de Longwy jusqu’à sa retraite en 1967, participant à toutes les grèves lancées ou suivies par la CGT.

Pierre Zardet avait adhéré en janvier 1937 au syndicat CGT de la métallurgie et poursuivit son militantisme au syndicat CGT des cheminots. Il participa à de nombreux congrès régionaux et nationaux. En 1956, il critiqua l’intervention soviétique en Hongrie. En 1954, il fut élu secrétaire général du syndicat CGT des cheminots de Longwy. L’année suivante, et jusqu’en 1967, il fut membre de l’Union locale CGT de Longwy, de la commission administrative de l’Union départementale CGT de Meurthe-et-Moselle. Il fut aussi élu en 1955 au conseil national de la Fédération des cheminots où il siégeait encore en 1961. Au début des années soixante, il était aussi secrétaire du 7e secteur CGT.

Pierre Zardet se présenta à plusieurs reprises aux élections professionnelles. De 1955 à 1965, il fut élu au comité mixte du dépôt de Longwy et au comité local des activités sociales. Il était aussi délégué à la commission régionale du logement et délégué suppléant au comité régional des activités sociales.

Parallèlement à cette vie syndicale bien remplie Pierre Zardet était passionné de philatélie, adhéra à l’Action catholique ouvrière (ACO) de 1955 à 1968, fut membre puis président de l’Association des anciens combattants et prisonniers de guerre de Metz et adhéra à la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP). En 1976, il participa à la fondation de la Mutuelle des cheminots de Metz et en devint administrateur et délégué de section.

De 1967, année de sa retraite, à 1982 il devint, à la demande de la SNCF, le gérant du foyer des célibataires de la SNCF à Metz. En 1968, Pierre Zardet devint membre du bureau de la section CGT des retraités SNCF de Metz-Montigny-lès-Metz et environ. De 1973 à 1998, il fut secrétaire administratif du syndicat des retraités. De 1980 à 1989, il fut secrétaire général du secteur régional des retraités et participa aux travaux du conseil national de la Fédération. Il milita à la CGT jusqu’à sa mort.

Interviewé à l’occasion de sa participation au défilé de la CGT du 1er mai 1996, Pierre Zardet déclara avoir « défendu avec constance les plus malheureux, les humbles, la dignité d’hommes et de femmes appelés à travailler dur pour gagner leur vie. C’était un devoir. Accompli dans un formidable esprit de camaraderie et de solidarité ». Pour lui « c’est ça le syndicalisme ».

Proche de la gauche, Pierre Zardet ne militait dans aucun parti politique. Il s’était présenté en 1959 aux élections municipales à Rehon (Meurthe-et-Moselle) mais ne fut pas élu.

Titulaire de la médaille des évadés et du titre de déporté politique, il s’était marié en 1947 à Lubécourt (Moselle) avec Jeanne Hazotte, avec qui il eut trois enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9593, notice ZARDET Pierre par Pierre Schill, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 20 décembre 2016.

Par Pierre Schill

SOURCES : Arch. Dép. Moselle, 76 J 94. — Arch. personnelles de Pierre Zardet. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — Renseignements fournis par Mme Pierre Zardet, son épouse.

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